Marrakech, la fête pour conjurer la crise

MarrakechEn cette période de crise où les visages sont de plus en plus assombris la tendance va-elle être au sourire ? Peut être. D’ailleurs en regardant les défilés de mode lors de la Fashion Week et les comptes rendus qu’en donnent les magazines, on serait tenté de le penser. Un sociologue américain avait déjà remarqué qu’au moment des restrictions de la guerre, les jupes s’étaient raccourcies ; les gens s’adonnaient à de multiples distractions. L’alcool faisait partie de toutes les fêtes, comme pour oublier les angoisses. Pour être à ce diapason, le MBC, ancien « Maxim’s Business Club », a décidé de fêter ses 40 ans d’anniversaires à Marrakech au cours de soirées mémorables.

En présence de l’Ambassadeur de France monsieur Thibaut, du maire, du Walli de Marrakech  et comme invitée d’honneur la grande actrice Asmâa Khamliichi, le premier dîner s’est tenu au Bô-Zin, le lieu le plus branché qui ne désemplit pas, où l’on danse après les repas en dégustant des cocktails à base d’Armagnac. Les jours suivants, nous nous sommes retrouvés chez Xavier Guerrrand-Hermès, Stanislas Poniatowski, Olivier de Montal et Jean Poniatowski, qui était l’initiateur de ces 3 journées de rêve précédées par une virée  bivouac en 4×4 sur les pistes du grand sud. Marrakech reste magique avec sa luminosité inégalable au monde. Seule manque à l’appel, la Mamounia qui n’a toujours pas ouvert. En revanche, le Sofitel reste incontournable, avec son nouveau directeur récemment nommé, Thomas Greggory en attendant l’ouverture pour les fêtes de fin d’année du prochain palace Fouquet’s Barrière.

Marrakech ne souffre pas de la crise avec ses multiples Ryads à vendre. En dehors de la Médina, il y a trois projets de plusieurs milliers de maisons entourant de nouveaux golfs. La tendance est de trouver des terrains isolés dans des oliveraies à quelques kms de Marrakech. Le reflux de la bulle immobilière qui avait été multipliée par 6 en 10 ans est peu perceptible.

Pour un Week end d’amoureux le TIGMI (à partir de 150 euros la chambre, www.tigmi.com), petit village Berbère au kilomètre 24 sur la route d’Amezmiz est la nouvelle destination branchée qui permet de revenir par la route de Taroudant, au milieu de l’Atlas grâce à  une balade en voiture de deux heures avec des paysages à couper le souffle, qu’autrefois on ne faisait que par la piste a dos de chameau pendant plusieurs jours. Faut-il déplorer cette accélération du tourisme ? Mais on peut encore trouver les endroits inconnus où l’on est tout seul en dehors de Marrakech.

Il faut rendre hommage aux architectes exceptionnels qui ont fait la gloire de cette ville et qui ont enrichi avec leur sens esthétique et de l’innovation, la création contemporaine, alliant le moderne et le traditionnel, avec des techniques révolutionnaires dont la réactivation du TadeLakt. Cette révolution a également bénéficié aux logements sociaux puisque les habitants de Marrakech ont accès à des petites maisons qui ne dépassent jamais deux étages entourées de jardins et qui vont continuer à se construire, notamment sur les deux routes de Ouarzazate. Mais ceux-ci sont encore insuffisants du fait que la ville est passée en trente ans de 300 000 à 1 300 000 habitants.

En dehors de l’exemple unique au monde que peut donner Marrakech en matière de rénovations de Ryads et en attendant le festival du film qui aura lieu du 14 au 22 novembre, Marrakech a apporté une inspiration nouvelle en matière de création de mode.  Voilà pourquoi nous avons rencontré plusieurs jeunes stylistes, Julia Poniatovski, Fadila El Gadi (www.fadilaelgadi.com) et Selma Chekkouri. Installée à Paris depuis 6 ans, cette dernière s’inspire de nombreux artistes tels Egon Shield et Bernard Buffet. A travers ses créations, l’on retrouve le chic Parisien, avec des silhouettes androgynes, mais les détails chatoyants rappellent les ornements propres à la richesse de la culture Marocaine. (www.selmouchka.com).

P.S : En marge de la crise et fort à propos, il faut féliciter Thierry de Montbrial qui a organisé le 1er forum à Evian du World Policy Forum (du 6 au 8 octobre avec plus de 1000 participants du monde entier) qui a permis une rencontre fort bienvenue entre Dimitri Medvedev et Nicolas Sarkozy.

Quelques adresses incontournables

Dans la médina :
Akbar : 45, Place Bab Ftouh (tuniques et accessoires)
Beldi : 9-11, Soukiat Laksour (Tuniques et accessoires)
Dar Quadi : 3, souk le Kchachbia (Babouches et Ballerines)
Le Fil d’Or : 10, Souk Semarine (Tuniques et accessoires)
Moustafa El Blaoui : 142, rue Bad Doukkala (Tapis, meubles…)
Tadelakt : 17, souk des teinturiers (Gros cendriers)
Youssef : 6-46, Foundouk (Dinanderie)
Youssef El Alaoui : 2, Souik El Kimakhine (Passeenterie)

Les «must à visiter» :
Medersa Ben Youssef – Palais de la Bahia
Tombeaux Saadiens – Jardins Majorelle

Dans le Guéliz :
Atika : 34, rue de la liberté (Chaussures)
Galerie 127 : 127, av. Mohamed V (photos)
L’Orientaliste : 15, rue de la liberté (Décorations)
Madame Alami : 21, rue de la liberté (Pâtisseries)
Maison Rouge : 16, rue de la liberté (Linge de Maison)
Place Vendôme : 141, Av. Mohamed V (Cuir)
Scène de Lin : 70, rue de la liberté (Linge de Maison)

Dans la Zone Industrielle :
Akkal : 322, Sidi Ghamen (Vaiselle)
Amina : 277, Sidi Ghamen (Bougies)
Chez Zoé : +212 (0) 61 49 22 46 (Linge de maison)
Les sens de Marrakech : 18, Sidi Ghanem (Huile d’Argan parfumée, autrefois inconnue et qui maintenant fait fureur aussi bien en cosmétiques que dans les assaisonnements).

À propos de l'auteur : Jean Castarède 22 Articles
un homme aux multiples facettes : ancien directeur de l’Administration générale au ministère de la Culture et de la Communication de 1974 à 1980, il siège parallèlement aux conseils d’administration de l’INA, de l’Opéra de paris et du Festival de Cannes. Par la suite il dirige l’ESSEC (1986-88), puis prend la présidence de COMMINOVE, un organisme de « capital risk » (1988-91). C’est à ce moment là qu’il est nommé président de l’Institut supérieur de marketing du luxe, fonction qu’il occupe encore aujourd’hui. De 1992 à 1995 il est nommé président-directeur général de Distribution de Monnaie de Paris Internationale, société d’Etat qui distribue dans le monde et notamment au japon des articles de la Monnaie de Paris. En 2001, il devient président de l’Armagnac Castarède. Jean Castarède est également membre du collège des Conseillers de l’Académie du luxe. Publications : « Que sais-je » consacré au luxe (1992 réédition en 2003), « La Littérature française en question » en 2004, une « Histoire du luxe en France des origines à nos jours » en 2006. Jean-Castarède a publié plus d’une vingtaine de livres et est spécialiste de l’histoire et de la Renaissance. Il a également écrit une pièce en alexandrins sur la Reine Margot qui a été jouée en province. Il a composé plusieurs intermèdes musicaux : Madame Hanska, Aliénor d’Aquitaine, si Pauline Bonaparte m’était contée, Gabrielle d’Estrées, les Trois Mousquetaires. Il est l’auteur d’un intermède avec Brigitte Fossey sur Jean de La Fontaine. Il vient de terminer l’Histoire du Luxe et des civilisations, qui va paraître en octobre aux Editions Eyrolles.

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