Le chocolat valeur refuge de cet automne

En ces temps agités par les élections américaines, les répercussions de la crise, l’affolement des médias et l’arrivée de l’hiver qu’il était bon de se réfugier au Salon du Chocolat ! Bilan du crû 2008.

Félicitons Sylvie Douce, la fondatrice et commissaire de ce salon anti-déprime. Car il ne faut pas oublier que si le chocolat est la bête noire des campagnes gouvernementales « manger-bouger », mettant la France entière au régime, c’est d’abord un anti-dépresseur naturel bourré de magnésium pour combattre le stress. Le cacao est aussi un alicament dont les vertus renforceraient également le système cardio-vasculaire. Mais surtout ; et il n’est pas désagréable de le rappeler, il possèderait également des propriétés aphrodisiaques !

Le chocolat n’est pas seulement un délice régressif et réconfortant, c’est également une gourmandise pleine de sensualité, appréciée des fins gourmets ! Certes, il ne faut pas en abuser mais en naviguant dans les allées de ce salon on était tenté de goûter à tout, ou presque ! Il y en avait pour tous ; chocolat noir, au lait, blanc ou praliné, et sous toutes les formes, sensuelles, gourmandes ou carrément extravagantes ; souliers, sculptures extraordinaires ou robes de soirées. Le chocolat se détourne, surprend et se réinvente, laissant libre court à l’imagination de ses artisans démontrant ainsi leur savoir-faire et leur fibre artistique. Mais si le souci du détail de ces œuvres d’art surprend, elles n’en sont pas moins éphémères. Ne vous trompez pas, ce fin soulier ne passera pas l’hiver.

…la grande tendance cette année était le chocolat issu du commerce équitable

Produit de grande consommation, de luxe ou de conception artisanale, les exposants venaient du monde entier. Bien sûr, nos régions étaient bien représentées pour nous faire découvrir leurs gourmandises, quelques fois alcoolisées et parfois même fruitées. Quelques géants de la grande consommation étaient aussi présents, mais c’était surtout pour développer des campagnes d’image comme ce fut pour le cas pour les marques M&M’s et Maltesers venues faire découvrir au grand public leur association au Téléthon. Mais la grande tendance cette année était le chocolat issu du commerce équitable. Ils étaient venus d’Amérique Latine promouvoir leurs gourmandises éthiques et le stand de la marque Alter Eco était incontournable. En pleine prise de conscience générale des enjeux du développement durable, cette catégorie de produit attire de plus en plus d’adeptes et permet d’assouvir ses péchés mignons avec bonne conscience. En parcourant les allées du salon du chocolat, l’on pouvait faire d’intéressantes découvertes : du chocolat aromatisé au gingembre, démultipliant ses vertus envoûtantes, au thé vert pour des qualités anti-oxydantes ou encore au thym pour des apports en oméga 3. C’est l’entreprise suisse NewTree qui propose cette nouvelle génération de friandises.

Outre les marques renommées telle la Maison du Chocolat de notre cher Robert Linxe – qui prépare une qualité à l’Armagnac – qui faisait découvrir ses délicats chocolats dont la réputation n’est plus à faire, ou encore les Chocolats Chapon, Madame Setsuko – venue de Tokyo – s’est fait remarquer en proposant de nouvelles saveurs issues de la rencontre entre le chocolat et les ingrédients japonais, riz, sauce soja, céréales ou encore saveurs aigre-douces, une trouvaille originale et exquise.

Le chocolat évolue à l’image de notre société et s’imprègne de ses évolutions. Mondialisation, développement durable, commerce équitable et hédonisme sont des concepts bien ancrés dans l’actualité et ils étaient tous représentés cette année dans les allées du hall de la Porte de Versailles. S’il sait aussi bien s’adapter, le chocolat demeure une valeur sûre en temps de crise.

À propos de l'auteur : Jean Castarède 22 Articles
un homme aux multiples facettes : ancien directeur de l’Administration générale au ministère de la Culture et de la Communication de 1974 à 1980, il siège parallèlement aux conseils d’administration de l’INA, de l’Opéra de paris et du Festival de Cannes. Par la suite il dirige l’ESSEC (1986-88), puis prend la présidence de COMMINOVE, un organisme de « capital risk » (1988-91). C’est à ce moment là qu’il est nommé président de l’Institut supérieur de marketing du luxe, fonction qu’il occupe encore aujourd’hui. De 1992 à 1995 il est nommé président-directeur général de Distribution de Monnaie de Paris Internationale, société d’Etat qui distribue dans le monde et notamment au japon des articles de la Monnaie de Paris. En 2001, il devient président de l’Armagnac Castarède. Jean Castarède est également membre du collège des Conseillers de l’Académie du luxe. Publications : « Que sais-je » consacré au luxe (1992 réédition en 2003), « La Littérature française en question » en 2004, une « Histoire du luxe en France des origines à nos jours » en 2006. Jean-Castarède a publié plus d’une vingtaine de livres et est spécialiste de l’histoire et de la Renaissance. Il a également écrit une pièce en alexandrins sur la Reine Margot qui a été jouée en province. Il a composé plusieurs intermèdes musicaux : Madame Hanska, Aliénor d’Aquitaine, si Pauline Bonaparte m’était contée, Gabrielle d’Estrées, les Trois Mousquetaires. Il est l’auteur d’un intermède avec Brigitte Fossey sur Jean de La Fontaine. Il vient de terminer l’Histoire du Luxe et des civilisations, qui va paraître en octobre aux Editions Eyrolles.

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