Au Marriott Champs-Élysées
Publié par Gilles Brochard sur CultureMag.fr le 1/07/2009 • Thème : Bonnes adresses
Sur les Champs-Élysées, il ne faut pas se tromper de côté pour aller déjeuner ou dîner. L’hôtel Marriott, situé du côté droit quand on remonte du rond-point vers l’arc de Triomphe, est une des références hôtelières à ne pas négliger, surtout quand on connaît la table, entièrement renouvelée par le talent du chef, Jérémy Touzelet.
D’abord, il suffit d’emprunter l’escalator pour atterrir au bar, installé dans le grand hall à l’américaine, sous une verrière impressionnante. Kevin se fera un plaisir de vous préparer l’une des spécialités maison : Exotic Delight par exemple, un savoureux mélange de Cointreau, de vodka, de pulpe de fruit de la passion et un doigt de litchi.
Un décor chatoyant
Puis, il est temps de rejoindre le restaurant au même niveau, qui avec ses vingt et une tables, offre un joli panorama d’ensemble. Le décor est résolument évocateur d’une modernité chatoyante : moquettes aux fines rayures, banquettes en bayadères couleur blanc et chocolat surmontées de photos peintes en pointillisme (du plus bel effet !), tables carrées légèrement nappées d’un coton blanc, dossier des fauteuils rouge orangé… Tout est prêt pour se sentir à l’aise.
Les plats « signatures » du chef
On attaque la carte subtile de Jérémy Touzelet, originaire du Creusot, à peine 33 ans, débarqué de l’île Caïman (où il officiait au Ritz Carlton) en septembre 2008 pour bousculer les habitudes du Marriott. D’où ces touches d’exotisme renforcées par une grande rigueur et un sens de l’équilibre dans l’assiette. On opte en entrée pour le conquérant gâteau de crabe, coulis de potiron (élégant panage) et pour l’hivernal trio de poissons fumés, servi avec des blinis et un sorbet vodka. Anguille, saumon et flétan (un peu trop froid). Le chef met en avant ses « signatures », face aux plats « classiques » ou aux « végétariens » que l’on retrouve dans chaque Marriott. Dans les premières, outre le filet de daurade à la plancha, la belle sole meunière poêlée ou grillée (hum !) ou la pastilla de pigeon (faut oser !), notre choix s’est porté sur les saint jacques poêlée aux truffes, de belle cuisson, et sur l’étonnant médaillon de veau recouvert de pralines roses (faut oser encore !), accompagné d’une purée de plantain rôtie à la vanille et à la sauce curry coco. Jérémy Touzelet cultive l’audace sans complexe : il va jusqu’à cacher des lamelles de carottes et de salsifis sous la purée ! Tout cela est appétissant, coloré, gracieux et harmonieux.
L’exotisme du pâtissier Ludovic Miguel
Si le chef, admirateur d’un grand créateur comme Michel Bras, aime le tofu, le yuzu, le mélange des saveurs ; s’il revendique une certaine façon de cuisiner les protéines de soja ou certains produits biologiques, il ne s ‘égare jamais dans les délires à la mode. Jusqu’à son pâtissier, Ludovic Miguel, 28 ans, en totale harmonie avec les plats, qui joue avec le fondant, le craquant et les belles saveurs bretonnes ou exotiques : pot coco, riz au lait meringué, cascadine (sic) de patate douce, sablé breton, quenelle onctueuse de chocolat coriandre, miel citronné. Très doué ce garçon ! Carte abordable des vins de France et peu de références de vins du monde. Service efficace.
Pratique :
Le Restaurant de l’Hôtel Marriott Champs-Élysées
70, avenue des Champs Élysées, Paris 8e
Parking gratuit au 1er sous-sol devant l’hôtel à l’angle de la rue La Boétie, ou voiturier.
Ouvert tous les jours sauf samedi (déjeuner) et dimanche (déjeuner).
Gilles Brochard est journaliste de radio et de presse écrite. Après avoir écrit dans Le Figaro, Recevoir, GaultMilau, Cuisines et terroir, Point de Vue ou Le Quotidien du tourisme, il collabore aujourd’hui à Voyage de luxe, Cig’Art (magazine d’art de vivre suisse), Valeurs actuelles et luxe-magazine.com.
Il a publié également plusieurs ouvrages sur la gastronomie et le thé, notamment : Petit Traité du Thé (La Table Ronde), L’Aventure de l’Orange (Denoël), Plaisirs de Thé (Chêne), Les Tables du pouvoir (L’Archer), La Boite à Thé et La Boite à Chocolat (Tana), Le Guide du thé à Paris (éditions de l’If), et publie en septembre Le Thé dans l’encrier (Arléa). Il a collaboré également au Grand livre de Proust et au Grand livre de Dumas (Sortilèges).
Il est membre de deux jurys : le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France (roman et essai), et le Trophée Jacquart qui récompense de jeunes chefs de moins de trente cinq ans. Il enseigne la « presse culturelle » à l’École Supérieure de Journalisme de Paris.






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