« Salut les copains » renaît en coffret
Publié par Gilles Brochard sur CultureMag.fr le 22/12/2009 • Thème : A la Une, Dossiers
L’émission mythique « Salut les copains » renaît en coffret. Edité aux éditions Montparnasse, il retrace l’épopée de l’émission de radio la plus écoutée sur l’époque « yé-yé» .
Quelle bonne idée que de puiser dans les archives de l’INA pour faire revivre ces années « Salut les Copains », années soixante insouciantes et « yé-yé » ! Belle époque pour la chanson française. Comme l’écrit Christophe Quillien dans le livret qui accompagne les DVD, on assiste avant 1973 (premier choc pétrolier) au « développement de la classe moyenne », à « l’afflux des jeunes générations issues du baby-boom », à « la progression du niveau de vie », à « l’apparition d’un enseignement de masse » qui « contribuent à la naissance d’une nouvelle classe d’âge : l’adolescence ».
Ainsi, cette jeunesse un rien rebelle ose s’affranchir des goûts de leurs parents. Ils veulent passer à autre chose, écouter des musiques qui les feront vibrer et porter des vêtements moins conventionnels. C’est ce qu’auront compris Daniel Filipacchi et Frank Ténot (connus déjà pour leur émission sur le jazz) en lançant le 19 octobre 1959 « Salut les Copains » sur Europe 1, sous l’impulsion d’un génie de la radio, Lucien Morisse.La programmation inédite d’artistes qui vont devenir très vite des vedettes,crée un engouement jamais égalé en radio depuis. Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Sylvie Vartan, Jacques Dutronc, Françoise Hardy et Sheila sont révélés à l’antenne. Rock et variété alternent. On raffole de Johnny et l’on déteste Sheila ; on est partagé entre Christophe et Polnareff.
La vente des 45 tours explose. Le coffret offre un cadeau inestimable : le premier 45 tours de Johnny Halliday, avec son tube « T’aimer follement ». Slogan au dos du disque : « Il chante aussi bien anglais qu’en français » !
De Johnny Halliday à Hugues Aufray
Le montage des trois DVD du coffret (140 chansons au total) est réussi : il y a en a pour tous les goûts. Avec des images d’époque, des émissions de télévision en noir et blanc comme celle, très audacieuse de Michel Lancelot où l’on voit par exemple Johnny Halliday improvisant au côté de Guy Béart ; des interviews de Françoise Hardy, doutant d’elle-même, lors de son premier passage à la télévision dans l’émission de Mireille, « Le petit conservatoire »; de Serge Gainsbourg très débonnaire ; de Daniel Filipacchi par Michel Drucker ; Chuck Berry et son orchestre, Hugues Aufray et son rossignol anglais chantant « À bientôt nous deux » et jouant de la flûte. Sans parler de ceux dont les noms ne disent rien aux jeunes générations : Anne philippe, Gilles Dreux, Ronnie Bird, Michel Paje, les Météores, Michel Orso ou Les Glam’s….
De la nostalgie, de la mélancolie, de la joie de vivre, de l’insouciance et du rythme, beaucoup de rythme, même si le play-back est bien souvent de mise….
Pratique :
Salut les Copains Coffret de 3 DVD (8 h 30) avec un livret de 16 pages L’histoire de SLC par christophe Quillien et le premier 45 tours de Johnny Halliday « Taimer follement ». Éditions Montparnasse et Europe 1. 50 €.
Photo12.com Jean-Marie PÇrier
Gilles Brochard est journaliste de radio et de presse écrite. Après avoir écrit dans Le Figaro, Recevoir, GaultMilau, Cuisines et terroir, Point de Vue ou Le Quotidien du tourisme, il collabore aujourd’hui à Voyage de luxe, Cig’Art (magazine d’art de vivre suisse), Valeurs actuelles et luxe-magazine.com.
Il a publié également plusieurs ouvrages sur la gastronomie et le thé, notamment : Petit Traité du Thé (La Table Ronde), L’Aventure de l’Orange (Denoël), Plaisirs de Thé (Chêne), Les Tables du pouvoir (L’Archer), La Boite à Thé et La Boite à Chocolat (Tana), Le Guide du thé à Paris (éditions de l’If), et publie en septembre Le Thé dans l’encrier (Arléa). Il a collaboré également au Grand livre de Proust et au Grand livre de Dumas (Sortilèges).
Il est membre de deux jurys : le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France (roman et essai), et le Trophée Jacquart qui récompense de jeunes chefs de moins de trente cinq ans. Il enseigne la « presse culturelle » à l’École Supérieure de Journalisme de Paris.






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