Caillebotte : fraternité de l’art

/Quinze ans après la rétrospective des œuvres Caillebotte au Grand Palais, les toiles et les photos sont réunies au musée Jacquemart-André.

On parle du grand talent de Caillebotte. Oui, mais lequel ? Sait-on seulement qu’ils étaient deux frères, unis  par l’amour de l’art. Deux frères autodidactes dans leur art, pas les plus géniaux des maîtres de la fin du XIXème siècle, mais  ayant su laisser leur empreinte.

Même si tous deux ont peint, Gustave est passé à la postérité pour son œil innovant en matière de photographie. Quant à Martial, ses sujets de prédilections et ses angles inattendus représentent un témoignage inégalable de cette aube du XXème siècle.
Une cinquantaine de toiles du peintre impressionniste rivalisent avec les quelques cent trente clichés de Martial, la plupart issus de collections privées.
Chacune à leur manière, ces œuvres reflètent toute une époque, notamment le Paris insouciant du baron Haussman.

La vie bourgeoise des deux frères Caillebotte est rendue avec un réalisme très moderne pour l’époque. La douceur de vivre du milieu bourgeois dans lequel les deux artistes évoluent se donne à voir à travers leurs loisirs : les joies des canotiers, si chères aux impressionnistes, donneront naissance par exemple à la célèbre toile de Gustave Caillebotte, « Canotier au chapeau haut de forme » (1877-1878). Là où Gustave peint, Martial immortalise par une photographie la baignade sur les bords de l’Yerres.
Le progrès n’échappe pas au regard affuté de Gustave et de Martial qui sont les premiers à peindre et à photographier les chemins de fer.

Le plus étonnant tient à la modernité de leurs regards respectifs. Les toiles de Gustave sont originales par leur perspective cinématographique et l’on pourrait les croire inspirées des photos de Martial, or elles ont été peintes des années avant que celui-ci ne s’adonne à l’art du cliché.

/Ce jeu de correspondances entre les deux frères Caillebotte, portant un regard commun sur le monde qui les entoure, est une découverte passionnante, parfaitement bien mise en scène par le musée Jacquemart-André.

Dans l’intimité des frères Caillebotte, peintre et photographe
Jusqu’au 11 juillet, tous les jours de 10h à 18h.

Musée Jacquemart-André
158, boulevard Haussmann
75008 Paris
Tél : 01 45 62 11 59
10€. TR : 8,50€.

Photos : Un Balcon
1880, huile sur toile, 69 x 62 cm, collection privée
Courtesy Comité Caillebotte, Paris
Maurice Minoret photographiant Jean et Geneviève Caillebotte.

Martial Caillebotte
La descente d’un réverbère (Pont de la Concorde)
Décembre 1891
Tirage photographique
14,5 x 10,5 cm
© Collection particulière – D.R.

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