Le voyage imaginaire d’Hugo Pratt

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Plus que 10  jours pour découvrir le voyage imaginaire d’Hugo Pratt à la Pinacothèque de Paris ! Fermeture le 21 août.

Comme chaque fois, la programmation de la Pinacothèque de Paris nous étonne et nous enchante.
Assumant son rôle d’agitateur du petit monde de l’art, en en jouant même (parfois un peut trop), Marc Restellini, qui se veut le défenseur des artistes délaissés, l’instigateur d’expositions non consensuelles, a au moins le mérite de ne pas se tromper de cible et d’avoir quelque chose de fourni à présenter.
De là à jouer les martyres de l’art, il ne faut pas non plus exagérer, le succès des expositions qui va s’amplifiant devrait suffire à démentir cette sorte de paranoïa qu’il semble avoir adoptée comme une posture.

« C’est un peu pour replacer Hugo Pratt dans le bon panthéon que cette exposition est aujourd’hui présentée à la Pinacothèque de Paris. Je vois déjà nos détracteurs nous accuser de faire du facile ou de l’audience. Nous les laisserons, comme toujours, tranquillement s’étrangler de rage : ce n’est bien évidemment pas le cas. Il s’agit plutôt de montrer que c’est la qualité de l’individu qui lui donne son statut d’artiste et non l’art dans lequel il exerce. Nous n’allons en aucun cas nous lancer dans une série d’expositions sur les auteurs de bandes dessinées et nous ne répondons pas le moins du monde à une mode qui semble se répandre depuis quelque temps, écrit-il. »

Quoi qu’il en soit, Hugo Pratt méritait cette exposition, laquelle devrait être à la hauteur des espérances des nombreux passionnés de Corto Maltese. Et l’on peut douter, à moins d’être garni d’une forte dose de mauvaise foi, qu’il se trouve beaucoup de monde pour juger cette exposition mal venue ; pour nous expliquer que Hugo Pratt n’est pas un grand artiste. Sa vie mériterait à elle seule d’être exposée.
Mais en plus d’une vie trépidante, Hugo Pratt a eu la bonne idée de créer des personnages complexes, un brin cyniques, à la fois humains et merveilleux, des aventuriers au sens le plus noble du terme, à la manière de Stevenson, Hemingway, Melville ou Conrad. Il s’est créé un double idéal : Corto Maltese et l’a fait avec génie en alliant le récit littéraire au dessin et à la peinture.

/Impossible de dire si Pratt est plus grand dans la narration ou dans le dessin. Lui qui est capable dans le même temps d’inventer un caractère aussi complexe que Corto Maltese et de représenter en trois traits un voilier sur l’océan. De mettre Venise ou les îles de Polynésie en images, de faire apparaître Rimbaud, Raspoutine, l’ombre de Stevenson sans jamais tomber dans le cliché, en restant toujours dans la fable.
Comme l’explique Thierry Thomas dans le catalogue de l’exposition, Pratt a mis tout son talent au service de l’aquarelle, un genre délaissé par les artistes de son époque, de même qu’il a travaillé à réinventer des soldats et des mercenaires, des navigateurs et des mondes qui n’existaient plus.

Le génie éclos souvent à contre-courant de ce qui domine son époque. Dans un monde qui s’applique à expurger la poésie, le récit, le merveilleux, la fable ; à lisser les personnalités et annihiler l’individualité ; à louer le collectif au détriment de la personnalité ; à étouffer l’artisanat sous l’industrie, Hugo Pratt a fait l’inverse.
Et il a bien fait !

Pratique :

Le voyage imaginaire d’Hugo Pratt, du 17 mars au 21 août 2011 à la Pinacothèque de Paris

8, place de la Madeleine 75 008 Paris.
Tel : 01 42 68 02 01 / Internet : www.pinacotheque.com
Ouverte tous les jours de 10h30 à 19h30, nocturne le mercredi jusqu’à 21h30.
Entrée : 10€ ; TR :8€

Photos :

« Corto Maltese – La jeunesse »  © 1985 Corto SA
« Esther – Portfolio Farewell Ladies » © 1986 Cong SA
« Corto Maltese – Occidente » © 1984 Cong SA

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