La mode résiste à la crise

/« France,  mère des Arts, des Armes et des Lois », écrivait le poète du Bellay au XVIe siècle. Aujourd’hui, on dirait : « France, mère du Luxe, de la Mode et des Plats ». Trois domaines où nous excellons avec, en prime, un classement au patrimoine historique de l’humanité pour notre gastronomie.

Ce triomphe dans la mode, nous le devons peut-être à Louis XIV qui sut imposer nos goûts à l’Europe, puis aussi au XIXe siècle bourgeois des crinolines du gai Paris et des grands magasins, enfin aux deux grands couturiers que furent Poiret et Doucet, précédés par Worth.
Ils lancèrent le concept des changements de style et de l’association du parfum. « La mode, c’est ce qui se démode » disait paradoxalement Jean Cocteau.
Quant à Coco Chanel qui a révolutionné la mode et fut inégalée, même si elle fut suivie par de très grands noms comme Jeanne Lanvin ou Nina Ricci, étant elle aussi une amie de Jean Cocteau, elle avait affiné la phrase en disant que « La mode se démode, le style jamais ».

C’est la libération de 44-45 qui impose définitivement Paris comme la capitale de la mode avec trois grands noms : Christian Dior, Yves Saint Laurent et bien sûr Pierre Cardin, le seul survivant du « trio de génies », accompagnés de grands noms comme Féraud, Balmain, Balenciaga, Givenchy, Karl Lagerfeld, Thierry Mugler, Jean-Paul Gaultier.

/Il n’est de mode qu’à Paris, même si chaque année les lancements de la haute couture s’étalent dans les nouvelles « Fashion Week » à Milan ou à New York, avec des prolongements emblématiques dans des lieux prestigieux comme Monaco ou Miami, apportant aux grandes marques, dont elle est la vitrine, le renouvellement de l’inspiration du moment.

En cette période de crise, on ne pouvait s’attendre qu’à une explosion flamboyante. Nous n’avons pas été déçus, au point que les commentateurs et sociologues n’ont pas hésité à parler des sept transgressions sexuelles avec leur inspiration fondée sur la « bourgeoisie décadente », les « Lolita délurés », les « calls girls », les « fétichistes », les « androgynes », les adeptes du « bondage » et du « SM ».

Car la mode nous fait rêver et nous aide à oublier notre quotidien, c’est-à-dire à retrouver nos rêves et nos fantasmes.

Photos : Christophe Guillarmé et Jean Castarède
Créations de Christophe Guillarmé.

À propos de l'auteur : Jean Castarède 22 Articles
un homme aux multiples facettes : ancien directeur de l’Administration générale au ministère de la Culture et de la Communication de 1974 à 1980, il siège parallèlement aux conseils d’administration de l’INA, de l’Opéra de paris et du Festival de Cannes. Par la suite il dirige l’ESSEC (1986-88), puis prend la présidence de COMMINOVE, un organisme de « capital risk » (1988-91). C’est à ce moment là qu’il est nommé président de l’Institut supérieur de marketing du luxe, fonction qu’il occupe encore aujourd’hui. De 1992 à 1995 il est nommé président-directeur général de Distribution de Monnaie de Paris Internationale, société d’Etat qui distribue dans le monde et notamment au japon des articles de la Monnaie de Paris. En 2001, il devient président de l’Armagnac Castarède. Jean Castarède est également membre du collège des Conseillers de l’Académie du luxe. Publications : « Que sais-je » consacré au luxe (1992 réédition en 2003), « La Littérature française en question » en 2004, une « Histoire du luxe en France des origines à nos jours » en 2006. Jean-Castarède a publié plus d’une vingtaine de livres et est spécialiste de l’histoire et de la Renaissance. Il a également écrit une pièce en alexandrins sur la Reine Margot qui a été jouée en province. Il a composé plusieurs intermèdes musicaux : Madame Hanska, Aliénor d’Aquitaine, si Pauline Bonaparte m’était contée, Gabrielle d’Estrées, les Trois Mousquetaires. Il est l’auteur d’un intermède avec Brigitte Fossey sur Jean de La Fontaine. Il vient de terminer l’Histoire du Luxe et des civilisations, qui va paraître en octobre aux Editions Eyrolles.

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