Château La Haye, un Saint-Estèphe en majesté

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Chris Cardon aime les belles histoires. Celui qui a racheté en 2009 Château La Haye sur le terroir de Saint Estèphe, dans le Médoc (une vingtaine d’hectares de vignes aujourd’hui), aime raconter une légende.
Celle du bon roi Henri II, deuxième fils de François 1er, qui aimait donner ses rendez-vous amoureux au château de La Haye lors de soupers fins. Diane de Poitiers était sa favorite et elle fut une habituée du château au cœur d’un terroir prédisposé à la culture du vin, à moins de 9 km de Pauillac. De là à penser que de la coupe aux lèvres…..

Chris Cardon est fier aujourd’hui d’avoir repris sur les étiquettes de ses flacons cet entrelacement de H et de D, toujours gravé dans la pierre au fronton du château, monogramme identique à celui apparu au château d’Anet, construit dans la vallée de la Loire pour sa maîtresse par henri II. Dix ans après la mort de ce dernier, le Château La Haye, propriété du seigneur du Fief de Leyssac, commence à exploiter alors ses premières vignes.

Cuvées « Un petit pas pour l’homme » et « Majesté »

Originaire de Bruges où depuis quelques années, Chris Cardon, passionné de photo, sportif émérite, dirige « Ecuphar », une entreprise pharmaceutique de 130 personnes, destinée aux animaux domestiques. 44 ans, la conversation caustique, il passe chaque semaine quatre jours entre Pauillac (où il possède un château) et Château La Haye à développer ses projets multiples.

En novembre 2012, après une escapade à New York à la recherche de diffuseurs de ses vins, il reçoit le coup de fil d’un galeriste qui lui propose d’acheter des photos ayant appartenu à Neil Amstrong. Il achète la série qui représente les premiers pas du cosmonaute sur la lune. Cela lui donne l’idée de dédier sa première cuvée en 2011. Appelée « Un petit pas pour l’homme » (cabernet sauvignon et merlot) – élevée douze mois en barriques de chêne français -, elle est destinée autant au marché anglo-saxon qu’au marché francophone.

Nous avons pu la goûter récemment avec Chris Cardon lors d’un repas chez « Il Vino » (13, Bd de la Tour Maubourg, Paris 7e), mariant trois cuvées (2011, 2012, 2013) avec un tataki de thon, asperges blanches, fruits des bois et sauce Teriyaki. Beaucoup de matière dans le premier vin, avec des notes épice et poivre pour s’accorder avec les asperges croquantes ; du gras dans le deuxième avec une note vanillée pour jouer avec la douceur du thon, et de la vivacité et des notes de fruits rouges dans le dernier, en accord avec le sucré des fraises. Trois vins de belle tenue, d’une rare fraîcheur, avec présence de tannins subtils et d’une vigueur contrastée.

Signalons pour les bourses plus remplies, la cuvée d’excellence appelée « Majesté » (cabernet sauvignon et petit verdot), millésime 2012, dont la récolte ne dépasse guère les 5 000 bouteilles. Idéale avec un Saint-Nectaire affiné au moins trois mois (avec rinçage à l’eau salée), à l’image du travail effectué par Marie Quatrehomme à Paris. Carafé avant d’être porté à table, ce « Majesté » au nez ample, fruité et floral, s’exprime avec noblesse et densité en bouche.

À l’écoute de l’œnologue Éric Boissenot, Chris Carton devrait réserver aux amateurs de Saint-Estèphe, bien d’autres bonnes surprises dans les années à venir.

Pratique :

Château La Haye
1, rue de Saint Affrique Leyssac
33180 – Saint-Estèphe. Tél : 05 56 59 32 18.www.chateaulahaye.com
« Small Step by La Haye », « Un petit pas pour l’homme » 2011, 2012, 2013 : 15 €, 17 €, 16 €.
« Majesté » 2012 : 55 €.

À propos de l'auteur : Gilles Brochard 99 Articles
journaliste de radio et de presse écrite. Après avoir écrit dans Le Figaro, Recevoir, GaultMilau, Cuisines et terroir, Point de Vue ou Le Quotidien du tourisme, il collabore aujourd’hui à Voyage de luxe, Cig’Art (magazine d’art de vivre suisse), Valeurs actuelles et luxe-magazine.com. Il a publié également plusieurs ouvrages sur la gastronomie et le thé, notamment : Petit Traité du Thé (La Table Ronde), L’Aventure de l’Orange (Denoël), Plaisirs de Thé (Chêne), Les Tables du pouvoir (L’Archer), La Boite à Thé et La Boite à Chocolat (Tana), Le Guide du thé à Paris (éditions de l’If), et publie en septembre Le Thé dans l’encrier (Arléa). Il a collaboré également au Grand livre de Proust et au Grand livre de Dumas (Sortilèges). Il est membre de deux jurys : le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France (roman et essai), et le Trophée Jacquart qui récompense de jeunes chefs de moins de trente cinq ans. Il enseigne la « presse culturelle » à l’École Supérieure de Journalisme de Paris.

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