Orthographe, une réforme discriminante

académieFFrançois Hollande, petit président sans superbe, sous-préfet aux champs, a décidé vaille que vaille de marquer l’histoire.
Aussi fait-il des réformes.

Après avoir réformé le mariage, la carte des administrations territoriales, il entend réformer le code du travail, la constitution, croyant avec toute la naïveté de sa balourdise que l’histoire le considérera comme un nouveau Napoléon et même mieux, Bonaparte n’ayant pas touché à l’orthographe, tandis que François Hollande, qui se soucie de la langue française comme d’une guigne, si.

La réforme de la langue, votée par une Académie française désorientée, que nul n’avait imaginé imposer depuis vingt-cinq ans, il osera la faire appliquer, lui. Et pour cela, il peut évidemment compter sur l’intransigeante, l’incorruptible Najat Vallaud-Belkacem, dont le dur regard de commissaire soviétique dit : jamais je ne renoncerai, soyez-en sûrs.
Il pourra aussi compter sur son premier ministre puisque tous deux font la paire, Manuel Valls ayant sans doute trop admiré, enfant, le fameux Pépé créé par Goscinny et Uderzo dans Astérix en Hispanie, et dès lors préférant mourir que de renoncer à un caprice.
Nous avons le gouvernement le plus fier que la France ait jamais connu. Le plus bête, pensent certains.

La réforme de l’orthographe est idiote pour plusieurs raisons, la première étant la défiguration d’une langue que nous trouvons belle telle qu’elle est, nous autres Français, n’en déplaise aux libéraux qui sont prêts à prostituer leur langue maternelle pour attirer à elle quelques étrangers de plus.

Selon un article publié par lefigaro.fr, c’est parce que « la langue française perd[ait] du terrain à l’étranger » que cette réforme a été imaginée à la fin des années 1980.
De toute évidence, le monde entier va se mettre à parler français  parce que nous aurons effacé les accents circonflexes superfétatoires de notre langue et parce que nous écrirons ognon au lieu d’oignon et nénufar à la place de nénuphar. (Mme Belkacem, comment doit-on désormais écrire Nymphéas ?)
Quand bien même ce serait le cas, ce à quoi nul ne croit, nous ne voulons pas d’une langue qui sombre comme l’anglais, qui vende sa peau et son âme pour dominer le monde. Notre langue vaut mieux que cela, qu’ont aimée tant d’écrivains français et étrangers. Nul ne veut d’un français au rabais et c’est aussi la difficulté d’une langue qui fait sa valeur, mais dans un monde où il faut tout avoir tout de suite, la patience de l’apprentissage n’est plus acceptable. Est-ce bien cela, Monsieur le président ? Alors déshabillons notre langue et vendons-la comme une petite pute bradée pour gagner quelques dixièmes de points de croissance, pour vendre plus de Rafale, d’Airbus ou de gadgets technologiques. Quelle illusion !

Après tout, nous le savons, et vous d’abord, Monsieur le président et vous Madame le ministre, ce sont les pauvres gens, les gens sans grande instruction, qui appliqueront les nouvelles règles orthographiques  car, à moins que vous n’ayez pour ambition de récrire toute la littérature française en la corrigeant, je ne sache pas qu’un lecteur de Balzac, de Proust, de Chateaubriand, de Mme de Lafayette, de Claude Simon, se mette à écrire ognon et nénufar et ôte les accents circonflexes qui ajoutent à la beauté et à la douceur de la langue comme fait un chapeau sur une tête.
Une fois de plus, votre réforme dont le but est de mettre tout le monde au même niveau, se fera à l’encontre des moins avertis, des moins chanceux, et ceux qui le peuvent, ceux qui ont appris leur langue, se garderont bien d’appliquer votre réforme, trouvant là une occasion nouvelle et inespérée d’afficher leur éducation, de montrer comme ils se tiennent loin des beaufs. Le snobisme est enfant de l’égalitarisme produit par la démocratie, comme l’avait vu Tocqueville ; vous lui donnez une nouvelle occasion de croître.
À présent, une fois encore, vous allez diviser la nation française, plaçant de part et d’autre d’une réforme stupide ceux qui savent écrire leur langue et ceux qui cèdent à sa dépossession.
Ceux qui aiment la langue pour sa beauté contre ceux qui n’y voient qu’un utilitaire pour répondre à leurs appétits insatiables ; ceux qui peuvent se permettre d’apprendre et de transmettre contre les autres.

Réforme du collège et de l’orthographe, il est encore temps Monsieur le président, Mme le ministre de vous éviter le ridicule et l’opprobre de l’histoire. Les grands hommes ont passé leur vie à construire, vous passez la vôtre à déconstruire.
Et puisque seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, prouvez-nous que nous avons tort.

À propos de l'auteur : Matthieu Falcone 232 Articles
diplômé en Lettres Modernes et Sciences Politiques. Il collabore comme pigiste aux pages "culture" de plusieurs magazines.

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