Visiter Cracovie cet été

bigstockCracovieInscrite à l’inventaire du Patrimoine mondiale de l’Unesco dès 1978,  Cracovie est classée parmi les douze plus belles du monde. Les prochaines JMJ y ont lieu cette année. L’occasion de se plonger dans un parcours religieux au-delà de ses magnifiques jardins dont le jardin botanique  situé le long de l’université Jagellonne, où  Jean-Paul II y étudia – et qui s’étend sur plus de 9 hectares

Cracovie  est une ville très vivante, ancrée dans son époque qui accueille aujourd’hui près de 130 000 étudiants, donc très jeune, très animée. Elle attise la curiosité par son esthétique, le charme de ses rues, la vitalité de ses restaurants et de ses bars, ses attraits culturels.

Comme Prague ou comme Vienne, par exemple, Cracovie est une ville qui a un lourd passé chargé d’Histoire, une ville-musée, qui attire par sa beauté architecturale, et qui en même temps séduit par son renouveau. Nous vous proposons quelques pépites à visiter.

Château royal et cathédrale du Wawel

Retenons en priorité, au sud du quartier historique de la ville, la colline du Wawel, au bord de la Vistule, fleuve appelé la Wisla. Ancienne capitale royale, Cracovie le fut de 1320 à 1596. Le château royal du Wawel fut le centre du pouvoir politique et religieux durant cinq siècles. Tout le monde s’accorde d’ailleurs pour dire que Cracovie incarne, plus que Varsovie, le berceau de la nation et de la culture polonaises. Il faut entrer, bien sûr, dans la magnifique cathédrale gothique fondée en 1364 sur l’emplacement d’un édifice romain, placés sous la protection des saints Vinceslas et Stanislas saint patron de la Pologne. Ne pas rater au centre de la nef centrale l’autel qui porte son nom : et regardez les reliques placées dans un cercueil en feuilles d’argent ciselées, lui-même abrité sous un baldaquin de marbre noir et rose. Il a été fabriqué à Gdansk eau 17e siècle et le reliquaire est décoré des grands moments vécus par saint Stanislas. Autrefois on considérait cette tombe comme l’autel de la Patrie et les rois de Pologne venaient s’y recueillir et y déposer leurs trophées de guerre.

Tour de Sigismond  et crypte royale

Si vous passez par la sacristie, il faut vous acquitter d’un billet pour avoir l’autorisation d’accéder à la tour de Sigismond construite en bois et datant du 16e siècle. Vous pourrez  admirez cinq des huit cloches que compte la cathédrale. Parmi elles la plus grosse de Pologne appelée justement Sigismond et la 2e du monde par sa taille : 2 m 6à de diamètre et pèse… 11 tonnes. Elle date de 1520. On dit qu’il faut 8  à dix hommes pour balancer son marteau de 350 kg, lors des fêtes religieuses. La  crypte royale rassemble depuis le 17e siècle les sépultures des rois de Pologne, des héros et des princes dont le prince Joseph Poniatowski (mort en 1813). En face de la cathédrale se trouve le musée de la cathédrale. Collection d’art sacré et d’habits liturgiques, le manteau de couronnement de Stanislas Auguste Poniatowski. Vous ne verrez aucune couronne car la crypte aurait été pillée par les Prussiens qui se seraient emparées de tous les bijoux royaux pour les faire fondre…

Hommage à Adam Mickiewicz

À voir aussi la crypte des grands poètes nationaux où repose Adam Mickiewicz, le poète romantique tant aimé par le jeune Jean-Paul II (1798-1855). Vous savez qu’il existe à Paris, cours Albert 1er, une superbe sculpture signée Antoine Bourdelle cernée par des stances du poète. Pendant son exil à Paris il donna des cours au Collège de France et on le considère encore aujourd’hui comme le père spirituel de la littérature polonaise moderne ou le Victor Hugo polonais.

Le quartier de Kazimiertz

Le centre gothique et d’époque Renaissance de Cracaovie n’a pas été touché par les bombardements. En revanche, le quartier de Kazimierz, ancienne cité créée par Casimir III le Grand au nord de la Vistule (qui regroupait toute la communauté juive a bien sûr était tristement éprouvée, surtout en 1941. Vous traversez la Vistule et vous vous retrouvez dans l’ancien ghetto, Podgorze qui a mis des décennies pour revivre normalement. Rappelons que les camp d’Auschwitz-Birkenau ne sont qu’à 1 h30 par la route, à l’est de Cracovie.

Paradoxe encore, aujourd’hui ce beau quartier de Kazimiertz est un des plus prisés par la jeunesse. On y trouve beaucoup de bars, de terrasses, de cabarets, de salles de concert et dans le sud, un peu comme à Berlin vous avez des bars alternatifs.

Le Musée de l’Archevêché sur les pas de Jean-Paul II

Entre 1952 et 1963, le jeune prêtre Karol Wojtyla résida dans cette Maison de l’Archevêché – il était lecteur en théologie. Situé à deux pas de la cathédrale de Wawel. Il se visite tous les jours… Quand il est nommé évêque par Paul VI, il habitera jusqu’en 1967 les appartements contigus de la maison du Doyen. On peut voir reconstituéé sa chambre-bureau, avec ses meubles, ses habits liturgiques, sa machine à écrire et deux paires de ski. Ce fut la dernière résidence de Wojtyła avant son départ pour le Vatican en 1978. On peut y voir la fameuse « fenêtre du Pape », où Jean-Paul II apparaissait pour discuter et chanter avec les jeunes de Cracovie lors de chacune de ses visites, et où des milliers de personnes allumèrent des bougies et prièrent durant ses derniers jours. Et au rez-de-chaussée, des oeuvres plus religieuses sont exposées.

« Parcours Karol Wojtila », sa ville natale : Wadowice.

Certains tour-opérateurs proposent de vous emmener à Wadowice, à 46 km au sud-ouest de Cracovie. Le paysage est ravissant, plutôt vallonné. La petite ville est industrielle. Karol Wojtyla y est né le 18 mai 1920. Il y a passé toute son enfance ; aimant les randonnées à pied : certains sentiers portent son nom, et bien sûr les sports d’hiver. On remarquera sur la place centrale, l’église du 14e siècle aux murs blancs, reconstruite à plusieurs reprises, où il fut baptisé, élevée au rang de basilique mineure – basilique de la Présentation de la vierge en 1992 par Jean-Paul II. On marche jusqu’à sa maison natale, rue Koscielna ; ouverte de 9 h à 18 h. Attention, mieux vaut réserver son entrée. Vous risquez de faire la queue pendant une demi heure, voire une heure. L’immeuble est modeste. La famille Wojtyla habitait dans un appartement du premier étage loué à Jechiel Balamuth, alors président de la communauté juive locale.

« C’est ici, à Wadowice, que tout a commencé a dit un jour Jean-Paul II lors d’une visite à Cracovie, sur la place du marché : la vie, l’école, les études, le théâtre… et le sacerdoce ». « Il côtoyait les familles juives qui vivaient dans l’immeuble, raconte le P. Pietruszka, directeur du musée de la maison de Jean-Paul II. Il développait une familiarité avec cette tradition observée chez ses voisins de palier, à une époque où entretenir des amitiés avec les juifs n’allait pas de soi. »

On peut y voir : ses livres, ses carnets de notes mais aussi, plus étonnant, le pistolet avec lequel Ali Agca tenta d’assassiner le pape en 1981.

Pratique :

S’informer. Lire le Guide Vert Pologne de Michelin (très culturel), Cartoville Cracovie (Gallimard), très pratique quartier par quartier et Cracovie en quelques jours avec une carte du centre ville (Lonely Planet).

Où se loger ? Choisir la vieille ville pour ses hôtels aux prix abordables et les hébergements saisonniers, des appartements, des maisons d’hôtes ou des résidences universitaires. On trouve les listes et les sites internet dans les offices de tourisme.

Se procurer une carte passe partout. La « Krakow Tourist Card » permet l’entrée dans quarante musées et autres sites ainsi que la gratuité dans ttou les transports du réseau MPK (bus et tramway). www.krakowcard.com

La monnaie. Même si la Pologne appartient à la CEE depuis le 1e rmai 2004, elle ne fait pas partie de la zone euro. La monnaie est donc le zloty (PLN). Au change, comptez 4, 2 PLN pour 1 €.

Petite-pause. « Charlotte » : café-boulangerie idéal pour prendre un solide petit-déjeuner ou faire une pause à déjeuner. Pains variés, viennoiseries, sandwichs et pâtisserie. Un verre, le soir. www.bistrocharlotte.com

Salon de thé. « Ciasteczka z Krakowa » : pour y déguster les chocolats (tablettes et bonbons), les pâtisseries, le kouglof et autres muffins locaux. www.ciasteczkakrakowa.home.pl

Chocolaterie. « Krakowa Manufactuyra Czekolady » : une vraie caverne d’Alibaba poru tous les chocophiles. Grande variété de moulages culturels et amusants.

Une ville de festivals. On ne compte pas moins de quatre festivals pendant tout le mois de juillet : Festival international des théâtres de rue, le festival d’été de jazz, un festival de musique traditionnelle, Cracovia Danza, festival international de danses de cour. À cela, on peut ajouter un festival important qui aura lieu en août :  le FESTIVAL INTERNATIONAL « LA MUSIQUE DANS LE VIEUX CRACOVIE ». Et en septembre, le Festival international de musique Sacrum Profanum ainsi qu’un festival musical Jeunes artistes. La musique a son importance dans l’enseignement polonais comme dans tous les pays de l’Est. En décembre, le concours de  crèches de Noël est très recherché.

À propos de l'auteur : Gilles Brochard 99 Articles
journaliste de radio et de presse écrite. Après avoir écrit dans Le Figaro, Recevoir, GaultMilau, Cuisines et terroir, Point de Vue ou Le Quotidien du tourisme, il collabore aujourd’hui à Voyage de luxe, Cig’Art (magazine d’art de vivre suisse), Valeurs actuelles et luxe-magazine.com. Il a publié également plusieurs ouvrages sur la gastronomie et le thé, notamment : Petit Traité du Thé (La Table Ronde), L’Aventure de l’Orange (Denoël), Plaisirs de Thé (Chêne), Les Tables du pouvoir (L’Archer), La Boite à Thé et La Boite à Chocolat (Tana), Le Guide du thé à Paris (éditions de l’If), et publie en septembre Le Thé dans l’encrier (Arléa). Il a collaboré également au Grand livre de Proust et au Grand livre de Dumas (Sortilèges). Il est membre de deux jurys : le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France (roman et essai), et le Trophée Jacquart qui récompense de jeunes chefs de moins de trente cinq ans. Il enseigne la « presse culturelle » à l’École Supérieure de Journalisme de Paris.

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