Mariano Fortuny, un magicien à Venise

/Le musée Galliera présente jusqu’au 7 janvier l’exposition consacrée à Marie Fortuny 

Mariano Fortuny est un vrai créateur, voire inventeur, tour à tour  peintre, graveur, sculpteur, photographe, architecte et inventeur de lampes, de mobilier, ou même d’une hélice de bateau …

Il naît le 11 mai 1871 à Grenade, en Espagne au sein d’une famille d’artistes de renom. Après le décès prématuré de son mari en 1874, la mère de Mariano choisit d’aller vivre à Paris avec le jeune Fortuny et sa sœur. En 1889 la famille déménage et s’installe dans la magique Venise où Fortuny s’établit  pour le reste de sa carrière.

En 1897 il rencontre sa muse Henriette Négrin. En 1902, elle emménage dans sa résidence atelier à Venise. L’exposition présente un certain nombre de photos de Mariano Fortuny et d’Henriette qui y apparaissent étonnamment contemporains y compris dans les poses de l’artiste. Il prend son essor et fait son entrée dans l’univers de la mode en 1907, avec l’une de ses créations les plus mémorables : la robe Delphos, réalisée pour Henriette, un vêtement à la fois élégant et aérien qui concilie une alliance parfaite entre simplicité et complexité.

La robe Delphos 

Ce vêtement, qui est la marque de fabrique du créateur est en satin de soie plissé. Il peut être roulé ou plié et là encore a un caractère très actuel puisqu’il retrouve sa forme et ses plis une fois revêtu.  Il allonge la silhouette, tombe sur les épaules et moule le corps. Différentes teintures peuvent être utilisées, et quelquefois mélangées et donnent l’impression de couleurs se fondant les unes dans les autres. Un lien de soie maintient la robe à l’encolure et à la taille. Des perles de verre de Murano la décorent, en lestant les ourlets et les pans. Cette robe doit son nom à l’aurige de Delphes, la célèbre sculpture de la Grèce antique. Elle fut notamment portée par la Comtesse Greffulhe. La robe, aux formes très actuelles,  confortable et qui libère le corps, contrairement aux modèles de son époque, est encore portée aujourd’hui par des actrices lors de festivals. 

Venise, la ville de Fortuny et la magie des tissus

La Sérénissime correspond parfaitement à la magie de Fortuny qui y occupe un palais. Il entreprend la création de textiles toujours produits à ce jour. La réalisation de ces tissus est le couronnement de ses compétences dans le domaine de la couleur, du design et de l’art. Les tissus chez Fortuny sont d’une beauté exceptionnelle grâce à une fluidité et à des jeux de lumière inimitables. Fortuny est un alchimiste des couleurs et des lumières. Ses tissus sont si extraordinaires et énigmatiques dans leur texture que des rumeurs infondées de sorcellerie et de magie se mirent à circuler. La beauté des tissus Fortuny ont notamment recouvert les murs du musée Carnavalet à paris.

Le processus de production des tissus, très  complexe et spécifique est gardé secret derrière les murs des ateliers L’histoire de Fortuny se poursuit toujours à Venise puisqu’on emploie encore aujourd’hui les machines et les méthodes qu’utilisait Fortuny, il y a près d’un siècle. Chaque rouleau est une œuvre d’art unique. Le jardin des ateliers est l’un des plus grands parcs privés de la ville.

Il cultive cette passion des beaux-arts et du design, avec cette influence byzantine, japonaise ou persane jusqu’à sa mort, à Venise le 2 mai 1949.

Fortuny fait partie de l’histoire vénitienne, un moment hors du temps, un grand maître dont les créations sont intemporelles.

Ysabelle Jolly

 

Pratique  :

Palais Galliera

JUSQU’AU 7 JANVIER 2018

Ouvert de 10h à18h, du mardi au dimanche – Nocturne jusqu’à 21h le jeudi – Fermé le lundi et les jours fériés – /!\ Dernier accès à l’exposition à 17h15 (et à 20h15 pour les nocturnes) 

10 avenue Pierre 1er de Serbie,

Paris 16e

  01 56 52 86 00

http://www.palaisgalliera.paris.fr/

 

Photos :
Fortuny, robe Delphos grise (profil) 1920

Stephane Piera/Galliéra/Roger-Viollet 
Fortuny, robe et manteau, 1920
Stéphane Piera/Galliéra/Roger-Viollet
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