Timothée Chalamet dans Call me by your name, la nouvelle coqueluche du cinéma

Révélation du film de Luca Guadagnino, Call me by your name, Thimothée Chalamet compose un personnage cultivé, sensible et découvrant l’amour, à contre courant des clichés d’adolescents frustrés et incultes. La nouvelle coqueluche du cinéma français !

    À l’affiche la même semaine dans Lady Bird et Call me by your name, l’acteur franco-américain de 22 ans Thimothée Chalamet est connu du jeune public grâce à sa prestation dans la deuxième saison de « Homeland ». En France, nous pourrions oser dire – même si Guadagnino n’est pas Truffaut – qu’il est sans doute le nouveau Jean-Pierre Léaud du cinéma car Luca Guadagnino a annoncé qu’il l’engageait pour jouer dans ses prochains films, pour suivre de façon récurrente son profil de garçon déluré, à l’aise dans la passion amoureuse (malgré son innocence affichée) comme on l’est dans la vie de tous les jours. Car, avec son naturel désarmant et ses « allures d’adolescent viscontien », comme a pu écrire un critique français, Thimothée Chalamet joue dans Call me by your name le rôle d’Elio, un garçon de seize ans décomplexé, dans les années 80, vivant une sorte de dolce vita en Lombardie, dans la maison de famille. Il joue du piano, aime lire des romans et flirte avec son amie de vacances, Marzia. Mais l’arrivée d’Oliver (Armie Hammer), un étudiant en archéologie de vingt quatre ans, venu travailler sa thèse de doctorat quelques semaines auprès de son père,  professeur spécialisé dans la culture gréco-romaine, et de sa mère traductrice, va bouleverser sa petite vie sans relief.

    Tiré du premier roman d’André Aciman qui reparaît chez Grasset sous le titre Appelle-moi par ton nom (on s’étonne d’ailleurs que la maison de production n’ait pas gardé ce titre traduit pour la version française du film), cette histoire passionnelle, impressionniste et romantique, inondée de soleil, a été scénarisée par James Ivory qui à l’origine devait lui-même réaliser le film, ayant malheureusement renoncé pour une question d’assurance, à cause de son grand âge. Dernier d’une trilogie sur le thème du désir, le film apparait comme le chef-d’œuvre de Luca Guadagnino, bien supérieur à ses deux premiers, Amore (2009) et A Bigger splash (2015). D’une grande élégance, Call me by your name séduit dès les premières images par la tonalité délicate qui permet de montrer des personnages magistralement filmés, à bicyclette dans la campagne, au cœur du village, à déjeuner dans la propriété, ou dans l’atmosphère intimiste du salon ou d’une chambre, dans cette maison qui cristallise avec pudeur bien des sentiments inavoués.

   Véritable révélation, Timothée Chalamet, franco-américain (partagé enfant entre Manhattan et la Haute Loire), qui joue ainsi son premier rôle principal, tout en légèreté et en spontanéité, vient du théâtre puisqu’il a suivi des cours dans la fameuse école d’art dramatique de La Guardia (le feuilleton Fame s’en est inspiré), avant de jouer dans des courts métrages d’horreur, des téléfilms et de monter sur les planches. Récompensé depuis la sortie de Call me by your name par une vingtaine de trophées, il est même un des favoris des Oscars pour obtenir celui du Meilleur acteur, face à Daniel Day-Lewis et Gary Oldman. Réponse le 4 mars.

 

Call me by your name, de Luca Guadagnino, avec Timothée Chalamet, Armie Hammer, Michael Stuhlbarg, Esther Garrel et André Aciman. 2 h 11. Sortie le 28 février 2018.

Appelle-moi par mon nom, d’André Aciman, traduit de l’américain par Jean-Pierre Aoustin, 333 pages, 20, 90 euros.

Lady Bird, de Greta Gerwig, avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf et Timothéé Chalamet. 93 mn. Sortie le 28 février 2018.

À propos de l'auteur : Gilles Brochard 97 Articles
journaliste de radio et de presse écrite. Après avoir écrit dans Le Figaro, Recevoir, GaultMilau, Cuisines et terroir, Point de Vue ou Le Quotidien du tourisme, il collabore aujourd’hui à Voyage de luxe, Cig’Art (magazine d’art de vivre suisse), Valeurs actuelles et luxe-magazine.com. Il a publié également plusieurs ouvrages sur la gastronomie et le thé, notamment : Petit Traité du Thé (La Table Ronde), L’Aventure de l’Orange (Denoël), Plaisirs de Thé (Chêne), Les Tables du pouvoir (L’Archer), La Boite à Thé et La Boite à Chocolat (Tana), Le Guide du thé à Paris (éditions de l’If), et publie en septembre Le Thé dans l’encrier (Arléa). Il a collaboré également au Grand livre de Proust et au Grand livre de Dumas (Sortilèges). Il est membre de deux jurys : le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France (roman et essai), et le Trophée Jacquart qui récompense de jeunes chefs de moins de trente cinq ans. Il enseigne la « presse culturelle » à l’École Supérieure de Journalisme de Paris.

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