Louis-Philippe, l’enchanteur du château de Versailles

Le château de Versailles doit beaucoup au roi des Français, Louis-Philippe. Une remarquable exposition rend hommage à son sens artistique et à son génie créateur. À voir absolument.

 

      Après Napoléon III, il serait peut-être temps de réhabiliter Louis Philippe (1773-1850), roi des Français qui ré-enchanta le château de Versailles en lui donnant un nouvel éclat grâce à la création de nouvelles salles, en le nourrissant d’œuvres d’art d’exception et en l’ouvrant au public.

    La magnifique exposition qui nous est donnée de voir au château va dans ce sens. Le public reste médusé devant tant de splendeurs. Héritier de la famille d’Orléans, partagé entre le Palais Royal et Saint Cloud (résidences de la Couronne),  le fils de Philippe-Égalité n’eut de cesse, depuis le début de son règne en 1830, de redorer le blason de la demeure royale. Il prendra plaisir à surveiller le vaste chantier engagé entre l’aile Nord et celle du Midi pendant quinze ans, depuis sa proclamation comme roi des Français.

Ouvrir le château de Versailles au public, qu’il veut consacrer « à toutes les gloires de la France »

 

    Ce n’est donc pas un hasard si l’on découvre au début de l’exposition l’immense tableau d’Horace Vernet, daté du jour de l’inauguration des premiers aménagements, le 10 juin 1837, représentant à cheval, le roi entouré de ses cinq fils sortant par la grille d’honneur du château. Son objectif ? Ouvrir le château de Versailles au public qu’il veut consacrer « à toutes les gloires de la France ».
Le roi s’attache à créer de nouvelles galeries historiques de part et d’autre du château, une vaste galerie des Batailles de Tolbiac à Wagram (où figurent trente-trois tableaux signés Delacroix, Vernet, Gérard mettant en lumière autant les Mérovingiens que les Capétiens et Napoléon), d’une salle des États-Généraux et le salon de 1792 (décoré de portraits des héros des guerres de la Révolution et de l’Empire), la salle du Sacre de Napoléon, avec en écho la salle de 1830 consacrée à la gloire du nouveau monarque, sans parler de la salle des Croisades et des salles d’Afrique qui resteront inachevées en 1848, au moment de la chute de la Monarchie de Juillet.

Comme le confie Laurent Salomé, le directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, parlant de confusion à propos du re-meublement (n’oublions pas que l’ensemble du mobilier d’Ancien Régime du château avait été dispersé à la Révolution) :
« l’identité double de Versailles, château et musée, est en réalité bien plus confuse, car il y a du musée dans le château reconstitué et du palatial dans les Galeries Historiques, si ben qu’il est encore difficile aujourd’hui de distinguer des zones qui relèveraient de la résidence royale et d’autres qui seraient purement muséographiques ». 
Ainsi, il arrive à cette conclusion : « Tous les choix opérés par Louis-Philippe pour son musée peuvent donner des éclairages passionnants sur lui-même et sur son époque, et c’est tout le propos de cette exposition. »

    Projet et réalisation réussis. Avec comme clou de la rénovation dans le rez-de-jardin : l’Opéra royal, petit bijou d’architecture, dont le décor fut réalisé à l’origine par Pierre-Luc Cicéri, le meilleur décorateur d’Europe. Il inventa un « palais de marbre rehaussé d’or », qui fut ensuite transféré au château de Compiègne quand fut installé l’Assemblée nationale en 1871 dans la salle de l’Opéra royal. Heureusement, le décor fut retrouvé en partie en 1998 et il fut complété par des mains expertes, celles d’Antoine Fontaine qui a redonné sa splendeur sur la scène même où il fut planté, avec un rideau en trompe l’œil représentant la grande salle des Batailles.

Le 21 octobre, y futdonné la Symphonie fantastique dirigée par Sir John Eliot Gardiner, en clin d’oeil à sa création par Berlioz en 1837.

 

Pratique :

Louis Philippe et Versailles

Exposition jusqu’au 3 février au  château de Versailles, sauf le lundi, de 9 h à 17 h 30.

www.chateaudeversailles.fr

Catalogue de l’expsotion, éditions Somogy, 400 pages, 49 €.

À propos de l'auteur : Gilles Brochard 98 Articles
journaliste de radio et de presse écrite. Après avoir écrit dans Le Figaro, Recevoir, GaultMilau, Cuisines et terroir, Point de Vue ou Le Quotidien du tourisme, il collabore aujourd’hui à Voyage de luxe, Cig’Art (magazine d’art de vivre suisse), Valeurs actuelles et luxe-magazine.com. Il a publié également plusieurs ouvrages sur la gastronomie et le thé, notamment : Petit Traité du Thé (La Table Ronde), L’Aventure de l’Orange (Denoël), Plaisirs de Thé (Chêne), Les Tables du pouvoir (L’Archer), La Boite à Thé et La Boite à Chocolat (Tana), Le Guide du thé à Paris (éditions de l’If), et publie en septembre Le Thé dans l’encrier (Arléa). Il a collaboré également au Grand livre de Proust et au Grand livre de Dumas (Sortilèges). Il est membre de deux jurys : le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France (roman et essai), et le Trophée Jacquart qui récompense de jeunes chefs de moins de trente cinq ans. Il enseigne la « presse culturelle » à l’École Supérieure de Journalisme de Paris.

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