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	<title>CultureMag, La culture en liberté # Magazine d&#039;actualités culturelles # Art de vivre, culture, voyage, gastronomie : cultivez vos sens ! &#187; Livres</title>
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		<title>Frédéric Ozanam, la cause des pauvres</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 08:59:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Editions de l'Oeuvre]]></category>
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		<category><![CDATA[Jacques de Guillebon]]></category>
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		<description><![CDATA[Fondateur des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, dédiées à aider les plus démunis, Frédéric Ozanam fut, au siècle du romantisme, l’instigateur d’une pensée sociale dont nous sommes toujours tributaires.
Ozanam s’est escrimé, à une époque où la pauvreté et la misère étaient largement répandues dans les milieux ouvriers et du petit artisanat à ce qu’elles soient prises en compte [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/frederic-ozanam.jpg" alt="/" /><strong>Fondateur des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, dédiées à aider les plus démunis, Frédéric Ozanam fut, au siècle du romantisme, l’instigateur d’une pensée sociale dont nous sommes toujours tributaires.</strong></p>
<p>Ozanam s’est escrimé, à une époque où la pauvreté et la misère étaient largement répandues dans les milieux ouvriers et du petit artisanat à ce qu’elles soient prises en compte par une poignée de jeunes gens, intellectuels et lettrés qui surent faire en sorte que les gouvernements s’y intéressent.<br />
Dans un bref essai qui nous fait aussi bien comprendre le contexte historique de la première moitié du XIX<sup>e</sup> siècle que le cheminement intellectuel et spirituel de Frédéric Ozanam, <em>la cause des pauvres</em> comme il dit, Jacques de Guillebon fait revivre un homme hors du commun.<br />
Intelligent, cultivé, dynamique, sachant allier ses rêves à une action incessante, Frédéric Ozanam est l’archétype de l’humaniste du XIX<sup>e</sup> siècle, à la fois tributaire du XVIII<sup>e</sup> dans son désir de connaissances illimité et homme de son temps, concerné par les problèmes sociaux et politiques d’un siècle en constante révolution.</p>
<p>Né à Lyon d’un père médecin qui a combattu sous la Révolution Française, puis sous la Convention et enfin dans la Grande Armée napoléonienne et de la fille d’un riche négociant en soies de Lyon, Frédéric réchappe de justesse aux maladies infantiles qui emportent la plupart de ses frères et sœurs. De santé fragile bien que vigoureux et volontaire, il passe son bac très jeune, devient docteur en médecine à 22 ans, puis docteur en droit, se rapproche du milieu romantique à Paris, puis présente une thèse de littérature avant d’enseigner l’économie et la littérature comparée à la Sorbonne.</p>
<p>Fils de bourgeois, fréquentant de jeunes bourgeois et aristocrates monarchistes, il avait peu de chances d’être très jeune un républicain convaincu et de s’intéresser au sort des pauvres gens, s’il n’était né dans ce siècle où il nous semble que rien n’était impossible et s’il n’avait rencontré de grandes figures telles que Lacordaire, Lamartine, Chateaubriand et Lamennais.<br />
Lacordaire qui, dès les années 1830, réclamait la liberté d’expression et la liberté de la presse ainsi que la liberté d’enseignement. « <em>Il réclame aussi avec véhémence la séparation de l’Église et de l’État, appelant les prêtres à refuser le salaire du gouvernement et exaltant l’esprit de pauvreté, </em>écrit l’auteur<em>.</em> » De tels propos peuvent étonner dans la bouche d’un prêtre qui écrit également que « <em>la liberté ne se donne pas, elle se prend</em> », si l’on méconnaît la pensée extrêmement moderne de tout un pan du christianisme, paradoxalement libéral et social, qui travaillera en soubassement à la séparation de l’Église et de l’État et à la reconnaissance de la légitimité républicaine en France par la papauté.</p>
<p>Frédéric Ozanam est le rejeton de cette pensée qui synthétise une vision politique et sociale très moderne et le message, selon lui plus que jamais actuel, du christianisme.</p>
<p>« <em>La question qui divise les hommes de nos jours n’est plus une question de formes politiques, c’est une question sociale, c’est de savoir qui l’emportera de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice ; si la société ne sera qu’une grande exploitation au profit des plus forts ou une consécration de chacun pour le bien de tous et surtout pour la protection des faibles</em>, écrit-il. Près de deux siècles plus tard, force est de constater que nous en sommes toujours au même point et que, même si de nombreuses associations viennent en aide aux plus démunis, nous sommes toujours dans la même lutte de l’exploitation du plus grand nombre au profit de quelques égoïstes.</p>
<p>Loin des grandes utopies politiques qui ont mené aux désastres totalitaires qu’a connu le siècle suivant, Ozanam résumait ainsi sa pensée : « <em>avant de faire le bien public, nous pouvons essayer de faire le bien de quelques uns ; avant de régénérer la  France, nous pouvons soulager quelques uns de ses pauvres.</em> »</p>
<p><strong>Jacques de Guillebon, <em>Frédéric Ozanam, la cause des pauvres</em>, éditions de l’Œuvre.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>« Tu ne te feras point d’idole »</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 10:24:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[François Gibault]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans Les successions, en partant de l’histoire de Pascal Klein, brillant marchant d’art parisien en quête d’un tableau de Chagall qui doit lui faire accéder à sa propre identité et duquel il espère les réponses aux questions qui le tourmentent, Mikaël Hirsch, l’auteur, emboîte plusieurs histoires les unes dans les autres qui gravitent chacune autour [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="src=&quot;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/les-successions.jpg" alt="/" /><strong>Dans <em>Les successions, </em>en partant de l’histoire de Pascal Klein, brillant marchant d’art parisien en quête d’un tableau de Chagall qui doit lui faire accéder à sa propre identité et duquel il espère les réponses aux questions qui le tourmentent, Mikaël Hirsch, l’auteur, emboîte plusieurs histoires les unes dans les autres qui gravitent chacune autour d’une œuvre d’art et font traverser au lecteur deux siècles joliment racontés. </strong></p>
<p>Tout comme dans <em>La cité interdite</em> de François Gibault, publié par le même éditeur et dont la langue est assez proche, classique, bien structurée, nous assistons au déploiement de la fascination érotique pour certains caractères féminins qui, représentés sur une toile, ont accédé en traversant les siècles à ceux de véritables idoles.</p>
<p>La passion pour l’art apparaît-elle, dans la société moderne, comme la forme ultime d’amours virtuelles, cérébrales, désincarnées, à l’image de ces bars modernes de Tokyo où les jeunes gens des deux sexes « flirtent » par images et télé messages interposés ?<br />
Quand l’œuvre d’art, objet de convoitises et de spéculations financières, d’adorations de masse insensées atteint de si hauts sommets dans la conscience collective, il s’en trouve quelques uns pour lui vouer un culte, un sacerdoce et la tenir enfermée, à l’abri des regards qui risqueraient de la souiller, au risque de priver le reste de l’humanité de son spectacle et, parfois, d’en perdre la raison.<br />
<em>« Tu ne te feras point d&#8217;idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre »,</em> disait le deuxième commandement que Dieu délivra à Moïse. Le problème que posent la représentation et les images est très ancien mais plus que jamais actuel dans une époque où tout devient image, où le désir tend de plus en plus à se réaliser dans sa projection imagée, mentale ou racontée.<br />
Dans le même temps, à la communion de masse dans les musées et les salles de spectacles, répond l’onanisme des privilégiés qui ont la possibilité d’adorer dans la solitude la plus complète l’image forgée par leur désir.<br />
Le pouvoir de l’image n’a-t-il aucune limite ? On peut le craindre.</p>
<p><strong>Mikaël Hirsch, <em>Les successions</em>, 288 pages, L’Editeur.</strong></p>
<p><strong>François Gibault, <em>La cité interdite</em>, 208 pages, l’Editeur.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>La zonzon : de l&#8217;estrade aux barreaux</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 09:12:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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Lazare Vilain est prof de philo dans « l&#8217;Ed&#8217; Nat&#8217; ». Mais professionnellement, il n&#8217;arrive plus à « supporter l&#8217;entreducutage très glandilleux des corps d&#8217;inspection », l&#8217;immobilisme de ce milieu et les pesanteurs administratives. Sentimentalement, il sort avec Vanessa , qui « est [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Zonzon350.jpg" alt="/" /><strong>La Zonzon, un premier roman talentueux qui a reçu le Prix Georges Brassens.</strong></p>
<p>Lazare Vilain est prof de philo dans « l&#8217;Ed&#8217; Nat&#8217; ». Mais professionnellement, il n&#8217;arrive plus à « supporter l&#8217;entreducutage très glandilleux des corps d&#8217;inspection », l&#8217;immobilisme de ce milieu et les pesanteurs administratives. Sentimentalement, il sort avec Vanessa , qui « est bravette, mais fatigante », et ses « fignoleries de braguette et d&#8217;agapes » vont l&#8217;indisposant.</p>
<p>Tout les ingrédients sont réunis pour que le bonhomme s&#8217;emmerde et en ait marre de cette vie proprette : il veut de la déglingue ! C&#8217;est pourquoi, lorsqu&#8217;une opportunité se présente à lui d&#8217;aller enseigner Socrate à des taulards, en milieu carcéral, il fonce. Et s&#8217;il arrive à leur donner goût à sa noble discipline, c&#8217;est en toute réciprocité qu&#8217;il adopte leurs codes&#8230; et prend part à leurs plus louches combines. Il se sent renaître, et son amour pour Leila ne fait que parachever ce sentiment.<br />
En lieu et place de gamins qui ne connaissent de la vie que ce qu&#8217;ils en lisent dans les bouquins, des gars qui en ont vu et fait bien plus que les 400 coups.</p>
<p>Il s&#8217;immergera dans ce monde où la philo n&#8217;allait jamais : la zonzon (la prison, en argot). C&#8217;est en étant là qu&#8217;il s&#8217;évade d&#8217;un quotidien plan-plan, et paradoxalement, qu&#8217;il se sentira le plus libre.<br />
<strong><br />
Un rare sens de la formule</strong></p>
<p>Si la critique &#8211; et même le dossier de presse – s’épanche  sur un style argotique et plein de néologismes, elle en oublie bien trop facilement la qualité du verbe, qui ne saurait souffrir aucune comparaison. C&#8217;est pourquoi nous n&#8217;aurons pas ici l&#8217;outrecuidance qu&#8217;ont eu certain de le placer entre Audiard et Dard. D&#8217;ailleurs, réduire le style de Guyard à un argot inaccessible pourrait détourner certains puristes de « La Zonzon ». Rassurons ceux-ci : l&#8217;auteur fait preuve d&#8217;un rare sens de la formule, et sait manier la plume avec maestria.<br />
Une réserve, toutefois : l&#8217;émergence d&#8217;une histoire d&#8217;amour un peu gnan-gnan tend à affadir un récit qui jusque-là, sentait bon la sueur et la testostérone.</p>
<p>Mais si, comme le disait Bukowski, « Les hôpitaux, les prisons&#8230; Telles sont les universités de la vie », celui qui fait entrer la philo dans les hôpitaux psychiatriques et les centres de détention mérite bien qu&#8217;on l&#8217;appelle Monsieur Guyard.</p>
<p>Maxime Jacquet.</p>
<p><strong><em>La Zonzon</em>, Alain Guyard. Éditions du Dilettante, 286 pages, 20 euros.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Le Bloc ou le reflet des angoisses politiques françaises</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 07:18:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Jérôme Leroy]]></category>
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		<description><![CDATA[Le dernier livre de Jérôme Leroy relève d’un subtil dosage : un peu  de Manchette pour la précision, un peu d’A.D.G. pour l’impertinence,  beaucoup de Fajardie pour le style et la poésie des mots.
Ce n’est pas  pour rien que l’un des endroits clefs du roman est le Métropole, café  situé en [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Le-Bloc.jpg" alt="/" /><strong>Le dernier livre de Jérôme Leroy relève d’un subtil dosage : un peu  de Manchette pour la précision, un peu d’A.D.G. pour l’impertinence,  beaucoup de Fajardie pour le style et la poésie des mots.</strong></p>
<p>Ce n’est pas  pour rien que l’un des endroits clefs du roman est le Métropole, café  situé en haut de la rue Jeanne d’Arc à Rouen. Pour Blondin Rouen était  l’une, si ce n’est la plus belle ville de France. Il avait raison.<br />
Encore faut-il saisir la complexité de ses charmes, tiraillée qu’elle  est entre les brumes matinales de l’hiver et le soleil éclairant le mont  Sainte-Catherine à la belle saison.<br />
« Rouen, ville pluvieuse mais  littéraire, ville bourgeoise mais rêveuse », note avec raison Leroy, qui connaît fort bien les lieux.</p>
<p>Les nostalgiques du Métropole forment une confrérie secrètes d’anciens activistes et d’intellectuels de droite, dispersé aux quatre coins du pays.</p>
<p>Á cette faune dont fit partie Antoine Maynard, romancier à l’œuvre sacrifiée sur l’autel de l’engagement au sein du « Bloc patriotique », Jérôme Leroy adresse au travers de cette Série Noire un reflet venu de l’autre rive.<br />
Leroy est en effet plus que jamais membre du PCF, sans avoir jamais sombré dans l’antifascisme à la petite semaine.</p>
<p><em>Le Bloc,</em> c’est le récit de l’arrivée au pouvoir du parti xénophobe de Roland Dorgelles, devenu celui de sa fille, Agnès, la compagne d’Antoine Maynard. L’alliance scellée avec la droite parlementaire exige le sacrifice du chef du service d’ordre, un homosexuel nordiste d’origine slave dénommé Stanko.</p>
<p>La toute nouvelle respectabilité du Bloc exige que les bas-fonds du parti soient nettoyés, que les plus compromettants soient définitivement mis à l’écart, quitte à ce que les plus fidèles soient liquidés. Antoine et Stanko étaient amis au-delà de la diversité de leurs origines, bourgeoise pour le premier, prolétaire pour le second. La raison du parti se rapproche de la raison d’Etat. Elle ne tient compte ni des services rendus, ni de l’amitié.</p>
<p>Ce livre nous démontre qu’au-delà des mots et des serments, le jeu cruel de la politique se referme quand sonne l’heure du pouvoir, quand vient le temps de la marche sur Rome. Il y aura du sang. Il y aura des regrets. Ils s’estomperont.</p>
<p>Jérôme Besnard</p>
<p><strong>Jérôme Leroy, <em>Le Bloc, Série noire </em>– Gallimard, 296 pages, 17,50 euros.</strong></p>
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		<title>D’un pays sans amour</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 07:06:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Gilles Rozier]]></category>
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		<description><![CDATA[« Mère, nous arrivons d’un pays sans amour,
D’un pays où Dieu est absent.
 
Déluge en tête et crépuscule dans le sang.
 
La terre obscure est une planète aveugle
Malheur à elle qui s’étend si noire
sous les pieds et sous les maisons !
 
Elle ouvrira ses yeux ses lèvres aux clameurs –
Malheur à moi depuis la Genèse jusqu’à [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="src=&quot;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/gilles-rozier.jpg" alt="/" />«<strong> <em>Mère, nous arrivons d’un pays sans amour,<br />
D’un pays où Dieu est absent.</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>Déluge en tête et crépuscule dans le sang.</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>La terre obscure est une planète aveugle<br />
Malheur à elle qui s’étend si noire<br />
sous les pieds et sous les maisons !</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>Elle ouvrira ses yeux ses lèvres aux clameurs –<br />
Malheur à moi depuis la Genèse jusqu’à ce jour !<br />
Et le ciel est mauvais<br />
si lourd de nuées si mauvais –<br />
à la lèvre d’un arbre il n’offre point le lait<br />
de sa poitrine nuageuse.</em> </strong>»</p>
<p>C’est ce poème d’Uri-Zvi Grinberg que découvre Pierre, un jeune homme orphelin et un peu perdu, dans un exemplaire de la revue <em>Khaliastra</em> illustrée par Marc Chagall au début des années 1920.</p>
<p>« <em>Le poète exprimait en mots des angoisses qui m’étaient familières : le sentiment d’être pris dans un monde que l’on ne pouvait maîtriser, mon monde.</em> »</p>
<p>Fasciné par cette poésie, Pierre se tourne vers Sulamita, une très vieille femme, recluse dans un palais romain, son « palais de mémoire » comme elle l’appelle, une immense bibliothèque où elle a archivé tout ce qui concernait Uri-Zvi Grinberg, Peretz Markish et Melekh Rawicz, les trois jeunes poètes animateurs de cette revue, tissant, en partant de ces trois étoiles, toute la constellation que formèrent les poètes juifs et leurs familles qui avaient pour capitale Varsovie, le cœur de ce <em>Yiddishland</em> où Pierre découvre qu’était également née sa grand-mère, Anna Janowska.<br />
Qui sait encore que Varsovie était la capitale de la poésie et de l’art juif, que s’y affrontaient de jeunes poètes dans une langue qui unissait une immense population juive ?</p>
<p>« <em>Je suis née dans un royaume juif, une ville où durant toute une vie vous pouviez ne parler que cette langue surgie un millénaire avant sur les rives du Rhin et qui était comme chez elle au bord de la  Vistule.</em> »</p>
<p>C’est ainsi que Sulamita fait à Pierre et aux lecteurs que nous sommes le récit calamiteux du siècle de fer qui connaîtra l’anéantissement de cette culture dès l’éclatement de l’empire austro-hongrois à la fin de la première guerre mondiale, les pogroms, l’exil puis le ghetto et les camps où, ironie du sort, beaucoup de juifs polonais partis en exil, seront ramenés pour finir leurs jours dans les camps d’extermination installés par les nazis sur leurs anciennes terres.</p>
<p>Ce livre est celui d’un peuple et d’une langue, ou plutôt deux langues qui s’affrontèrent : le yiddish, la langue populaire, et l’hébreu, celle des prophètes, celle des sionistes et des premiers colons palestiniens. C’est celui de plusieurs destins qui s’entrecroisent, ceux de Pierre, de Sulamita et des trois grands poètes Uri-Zvi, Melekh et Peretz.</p>
<p>Qui se souvient encore d’eux, à part Sumalita, presque centenaire, recluse en son palais ?<br />
À part Pierre qui hérite de cette mémoire et saura peut-être la transmettre, y trouvant les réponses à ses questions et une famille, même si la plupart de ses membres sont morts et éparpillés aux quatre coins de la planète ?<br />
Une famille est-elle autre chose qu’un cimetière de souvenirs ?</p>
<p><strong>Gilles Rozier, <em>D’un pays sans amour</em>, 439 pages, Grasset.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Que signifie le Grand Remplacement selon Renaud Camus ?</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 07:47:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Candidat à la candidature pour l’élection présidentielle de 2012 à la tête du parti de l’In-nocence, Renaud Camus a développé la théorie du Grand Remplacement, fondée sur l’observation de l’évolution sociale et culturelle en France.
Cette théorie, essentielle à ses yeux et à ceux de son parti, il l’avait déjà abordée dans l’Abécédaire De L’In-nocence et [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/camus.jpg" alt="/" /><strong>Candidat à la candidature pour l’élection présidentielle de 2012 à la tête du parti de l’In-nocence, Renaud Camus a développé la théorie du Grand Remplacement, fondée sur l’observation de l’évolution sociale et culturelle en France.</strong></p>
<p>Cette théorie, essentielle à ses yeux et à ceux de son parti, il l’avait déjà abordée dans l’<em>Abécédaire De L’In-nocence</em> et la développe considérablement à travers trois allocutions intitulées « Le Grand Remplacement », « La nocence, instrument du Grand Remplacement » et « Que peut être une pensée libre aujourd’hui ? », réunies avec un entretien donné au <em>Nouvel Observateur</em> en septembre 2011 dans un ouvrage publié par les éditions David Reinharc.</p>
<p>Au journal qui demandait à Renaud Camus de développer cette idée de Grand Remplacement, il répondait :</p>
<p>« - <em>Oh, c’est très simple : vous avez un peuple et presque d’un seul coup, en une génération, vous avez à sa place un ou plusieurs autres peuples. C’est la mise en application dans la réalité de ce qui chez Brecht paraissait une boutade,</em> changer de peuple. <em>Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que rend seule possible la Grande Déculturation, est le phénomène le plus considérable de l’histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours.</em> »</p>
<p>Pour dissiper immédiatement tout malentendu sur les propos de Renaud Camus, il faut encore citer ce passage d’une interview donnée au magazine <em>Causeur</em> le 20 juillet 2010 :</p>
<p>«  <em>Toutes les </em>populations<em> sont inassimilables. Il en va de l’acculturation et de l’assimilation comme de l’éducation : elles ne peuvent pas faire l’économie de l’</em>individu. <em>Ce sont des hommes et des femmes et des enfants qui peuvent être assimilés au sein d’un peuple, pas des </em>peuples<em>, surtout quand ces peuples ont une forte réalité, une culture, une civilisation, une langue, une religion, une puissance</em> en dehors <em>de la nation censée les assimiler. Pourquoi se renonceraient-ils ? Deux éléments créent des Français et peuvent en créer encore : l’héritage (la naissance, l’ethnie, la race, les ancêtres, l’appartenance héréditaire) et le désir (la volonté, l’élection particulière, l’amour d’une culture, d’une civilisation, d’une langue, d’une littérature, des mœurs, des paysages).</em> »</p>
<p>Il ne faut pas se voiler la face, et Renaud Camus l’aborde d’ailleurs très sereinement, le remplacement de population qui pose problème est principalement celui des peuples d’Afrique et du Maghreb. Tout d’abord parce qu’ils s’installent en tant que peuples et qu’aucune civilisation ne peut en assimiler une autre, à plus forte raison quand cette celle-ci a une identité forte. Ensuite parce que cette identité forte, pour prendre la civilisation arabe « <em>qui a connu des moments merveilleusement brillants, qui a atteint de hauts accomplissements, et produit de grandes œuvres, dans le domaine de l’architecture, de la poésie, de l’art du récit, de la mystique, de la musique »</em>, est étroitement liée à l’islam « <em>une religion très dynamique, très aimée de ses fidèles, très naturellement et comme invinciblement portée à la conquête. »</em><br />
L’islam, contrairement à la religion chrétienne qui a su s’en départir voici bien longtemps, est une religion dont l’emprise sur la politique est inéluctable, la Tunisie, Égypte, la Syrie et même la Turquie en sont de récents exemples. On peut chasser les dictateurs du pouvoir, on n’en chassera pas l’emprise religieuse.</p>
<p>Il n’est donc pas question pour Renaud Camus de <em>stigmatiser,</em> selon <em>une expression consacrée,</em> des individus mais de faire remarquer que lorsque différentes populations prennent la place de celle qui vivait dans ses frontières depuis des siècles, il s’agit d’un remplacement et qu’en tant que tel, il n’est pas une richesse mais un poids, un problème auquel il faut faire face. Or seul aujourd’hui le discours <em>antiracististe </em>comme il l’appelle, cette doxa politico-médiatique qui nous explique ce que nous devons penser et dire, empêche ceux qui ont la parole de l’affirmer.<br />
Depuis quelque temps, selon Renaud Camus, une sorte de révisionnisme historique cherche à forger des mythes selon lesquels la France aurait été sauvée en 14-18 puis en 39-45 par ces peuples qu’elle avait colonisés ; selon lesquels les étrangers auraient fait de l’art français ce qu’il a été au XXe siècle. Beaucoup d’artistes étrangers ont en effet trouvé en Paris une terre d’accueil au début du siècle dernier et ont contribué à son effervescence culturelle ; les régiments d’Afrique et du Maghreb ont contribué aux victoires alliées lors des deux guerres mondiales mais lorsqu’une grande partie de la vérité historique est occultée au profit d’un message simpliste, on appelle cela une idéologie, dangereuse à ce titre, même si on cherche à la faire passer pour une morale.<strong> </strong></p>
<p><strong>«  <em>Ces leçons n’en font qu’une, au demeurant, l’idéologie s’étant substituée à la morale, l’ayant remplacée là-encore : c’est une autre forme du &laquo;&nbsp;remplacisme&raquo;&nbsp;.</em> »</strong></p>
<p>Passé le constat d’observation, reste la question la plus intéressante : comment ce Grand Remplacement est-il rendu possible ? Comment la France a-t-elle pu en quelques décennies accepter sans réaction ce « <em>cheminement hagard vers les poubelles de l’histoire</em>. »</p>
<p>La culpabilité face à son passé ne semble pas une raison suffisante. Le repentir face aux anciens colonisés, aux atrocités révélées, à l’abandon des harkis mais aussi à la perte d’amour-propre révélée par la collaboration de l’État français avec le régime nazi pendant la guerre, toutes ces réponses sont un facteur important mais pas unique fait remarquer Renaud Camus. Car d’autres peuples européens tels que la Grande-Bretagne qui n’a connu que la résistance et le combat contre le nazisme, la Suisse, la Suède ou le Danemark qui n’ont jamais colonisé l’Afrique, sont confrontés au même remplacement de population, qu’ils subissent aussi passivement que les Français.<br />
Ce phénomène s’accompagne selon lui du grand mouvement de Déculturation institué depuis plusieurs décennies dans les pays occidentaux. A ce titre, l’éducation et la culture ont un rôle essentiel à jouer pour contrebalancer ce phénomène car que peut encore être un peuple qui ne connaît plus son histoire, ou qui la méprise, qui ne maîtrise plus sa langue et ne peut plus lire ses grands auteurs, qui n’a que de très vagues notions de son histoire de l’art ?<br />
Un peuple sans mémoire est inévitablement appelé à être remplacé par d’autres qui, eux, ont une fière et profonde connaissance des leurs. La nature est ainsi faite qu’elle ne supporte pas le vide, or <em>le temps de cerveau disponible </em>de nos chers compatriotes semble une béance sans fond que remplissent <em>a volo</em> les idéologues de la consommation pour qui peu importe l’humain, l’individu, puisque compte avant tout la masse qui ingurgitera ses denrées éphémères.</p>
<p>Une fois de plus, nous prenons conscience que traiter les individus en simples consommateurs, c’est-à-dire en réceptacles et non en sujets pensants et agissants nous mène très sûrement vers la fin d’une des plus brillantes civilisations qui fut : la civilisation européenne. Les cyniques du genre de Jacques Attali diront qu’il suffit d’attendre que les peuples qui s’installent en France soient aussi déculturés et décérébrés que nous le sommes à présent mais rien n’est moins sûr. Eux ont encore foi en leur force.</p>
<p><strong>Renaud Camus, <em>Le Grand Remplacement</em>, 114 pages, éditions David Reinharc.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Le système Victoria</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/11/04/le-systeme-victoria/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 15:57:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Le système Victoria d’Eric Reinhardt était dans la première sélection du Goncourt mais n’a pas passé la deuxième et c’est bien dommage car il s’agit sans doute d’un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire.
Roman à la fois très contemporain et intemporel, on peut le résumer en quelques mots : c’est une histoire d’amour passionnel [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/reinhardt.jpg" alt="/" /><strong> <em>Le système Victoria </em>d’Eric Reinhardt était dans la première sélection du Goncourt mais n’a pas passé la deuxième et c’est bien dommage car il s’agit sans doute d’un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire.</strong></p>
<p>Roman à la fois très contemporain et intemporel, on peut le résumer en quelques mots : c’est une histoire d’amour passionnel entre Victoria de Winter et David Kolski. Le récit d’une passion, donc un récit tragique. Dès le premier chapitre, nous savons qu’il se terminera mal, reste à savoir pourquoi et comment.</p>
<p>La littérature occidentale envisage la passion amoureuse et l’adultère depuis ses origines, comme si la vraie passion ne pouvait se vivre qu’en une relation adultérine. <em>L’Iliade </em>d’Homère est déjà le récit d’une guerre provoquée par un amour adultérin entre Hélène et Pâris. Les récits d’amour courtois furent aussi des récits d’adultère. <em>La princesse de Clèves</em> puis les grands romans du XIXe siècle abordèrent presque tous la question de la passion amoureuse. Non pas le quotidien des couples honnêtes mais cet instant où la passion dévaste tout sur son passage, plaçant les individus face à la vie et à la mort.</p>
<p><strong>Ce qu’il y a de très moderne dans le roman d’Eric Reinhardt, est l’inversion des rôles classiquement dévolus à l’homme et à la femme dans la littérature.</strong> Mis à part quelques cas isolés comme <em>Une vieille maîtresse </em>de Barbey d’Aurevilly ou <em>la Vénus</em><em> à la fourrure </em>de Sacher-Masoch, c’est généralement l’homme qui domine la femme et lui impose une passion tragique. Mais Victoria de Winter est un prédateur fascinant et presque effrayant. On pourrait en conclure qu’au XXIe siècle les rôles sont inversés, que le prédateur sexuel et amoureux n’est plus l’homme mais la femme ; que c’est elle qui consomme le plaisir sexuel et que l’homme n’est plus qu’un produit destiné à la satisfaire. Mais ce serait une conclusion trop hâtive. Les choses sont toujours plus complexes et ce que l’on découvre des sentiments de Victoria à la fin du roman arrive comme un contrepoids à cette théorie. Victoria est une prédatrice mais n’est pas dénuée de sentiments, même si elle les laisse très peu transparaître. Cette femme est parfaitement maîtresse d’elle-même, d’où découle certainement la fascination qu’elle exerce sur David. Une femme sûre d’elle, de son pouvoir et de ses limites ; ce n’est que lorsqu’elle perd le contrôle que le drame survient.</p>
<p><strong>Dans la société ultra-libérale de ce début de millénaire, Victoria incarne parfaitement son personnage de DRH monde d’une grande multinationale</strong>, sans doute parce qu’une femme résolue à tout peut aller plus loin qu’un homme ; parce qu’elle est capable d’étouffer tout sentimentalisme. David, lui, demeure un idéaliste qui ne parvient pas à s’accommoder d’un mode de fonctionnement qui lui paraît inhumain et son idéalisme ne lui rapporte qu’amertume et jalousie. Dans une configuration ultra-libérale, qu’elle soit professionnelle ou amoureuse, il ne peut que perdre. Il ne peut que se soumettre à celle qui refuse de céder au sentiment, à l’empathie, à celle pour qui le sexe est une lutte et pour qui la jouissance se gagne comme une hausse en bourse au prix d’un combat éreintant – tant pis pour ceux qui restent à la traîne. Le libéralisme poussé à l’extrême n’est rien d’autre qu’un retour à la sélection naturelle, à un monde sauvage où le faible ne peut que perdre.</p>
<p>Beaucoup ont dit qu’Eric Reinhardt écrivait dans la lignée de Michel Houellebecq. C’est vrai dans la mesure où il analyse la société libérale à travers les épiphénomènes que sont ses personnages. Son analyse est pourtant beaucoup plus fine car elle se place au-delà de la morale.</p>
<p>Les personnages de Houellebecq sont souvent névrosés et dépressifs, sa vision du monde est extrêmement pessimiste car il est dans une perspective morale du monde. Victoria, elle, agit au-delà de toute morale, par-delà bien et mal comme dirait Nietzsche. « <em>Ce qui est fait par amour s’accomplit toujours par-delà bien et mal</em> » pourrait être sa devise. Elle ne veut pas perdre de temps avec les états d’âme de David. Et l’on peut croire que ce qu’elle fait à la fin, elle le fait par amour pour David. Il arrive malheureusement un moment où elle perd la maîtrise de ses actes et ce n’est qu’à cause de cette défaillance que son histoire finit mal. La vraie question que pose ce roman et qui s’applique autant à la liaison de Victoria et David qu’à la société dans laquelle nous vivons est : sommes-nous assez forts pour dépasser toute morale ?</p>
<p><strong>Car dans le fond, Eric Reinhardt ne juge ni l’un ni l’autre des deux personnages.</strong> Victoria est sublime car elle vit sa passion jusqu’au bout. Une des dernières paroles qu’elle adresse à David est : « <em>S’il y a un truc que je supporte pas, c’est m’arrêter au beau milieu des choses !</em> » Quitte à se brûler les ailes. David, lui, semble perdu dans un monde qui va trop vite et qui le dépasse : « <em>Qui a raison et qui a tort ?</em> demande-t-il à Victoria. <em>Personne, peut-être… Peut-être que le nombre de situations où il sera absurde de vouloir déterminer qui a raison, ou qui a tort, va aller en augmentant… C’est ça peut-être la définition de notre monde libéral, et c’est pourquoi tu l’incarnes si bien…</em> » Le monde libéral est-il un monde amoral ? En ce sens, les moralisateurs sont-ils les gens de gauche comme David ? Un bref dialogue résume assez nettement la situation :</p>
<p>David : « - <em>Ce qui est sûr c’est que vos vies de nantis sont vraiment favorables au plaisir : les vrais libertins d’aujourd’hui sont certainement dans ta mouvance. L’érotisme a changé d’opinion politique : je commence à en être convaincu.</em></p>
<p>Victoria : <em>- C’est très exactement ce que je pense. Le sexe était du côté des hippies dans les années soixante-dix, il est du côté des DRH dans les années 2000 !</em> »</p>
<p>Mais en réalité David et Victoria ont une vision à court terme de l’histoire. Le libertinage a toujours été lié au libéralisme. Sade ne professe rien d’autre. Libéré de toute morale, le libertin ne rencontre aucun frein à son plaisir s’il a les moyens de les assouvir. C’est ce que dit Sade, c’est aussi ce que pense Victoria. Et le monde ultra libéral des années 2000 a été façonné par les hippies des années 70. En définitive le plaisir n’est pas une valeur de gauche ou de droite, la seule problématique est d’être capable d’assumer la fin de toute morale. Or aujourd’hui la droite politique l’assume de manière beaucoup plus décomplexée que la gauche. Est-ce pour un mieux, est-ce pour un pire ?<br />
Il semble que l’auteur penche plutôt pour la deuxième solution dans le sens où il élargit le champ de la morale à l’éthique. La grande utopie de notre époque n’est-elle pas de croire que nous puissions vivre chacun pour soi, dans une lutte pour la domination ? – car celle-ci est sans aucun doute l’ultime jouissance des libéraux et des libertins.</p>
<p><strong>Ce roman est passionnant car il aborde des questions cruciales sur la manière dont fonctionne notre monde, par le prisme de la passion amoureuse.</strong><br />
Le seul reproche que nous pourrions faire à son auteur – un reproche assez mince en comparaison de la très grande richesse de son livre – est d’employer avec abondance une syntaxe et un vocabulaire répandus par les ouvriers de la société ultra-libérale, un jargon assez répugnant formé par les DRH et les <em>managers</em> de tous poils, abondamment relayé par les journalistes économiques : « ce coma s’est <em>solutionné</em> ; comme je l’avais <em>conjecturé</em> ; il <em>réceptionna</em> la carte de crédit ; <em>impacter</em>, <em>polémiquer</em>, etc » autant de solécismes qui sont déjà une allégeance à la langue anglo-saxonne en tant que media parfaitement adapté à ce système de domination.<br />
Ne pas céder à cette langue aussi laide que dictatoriale, ne serait-ce pas déjà une manière de résister à l’emprise de son idéologie ?</p>
<p><strong>Eric Reinhardt, <em>Le système Victoria</em>, 522 pages, Stock.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Vous êtes nés à la bonne époque</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 08:29:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Vous êtes nés à la bonne époque]]></category>

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		<description><![CDATA[Après Principe de précaution paru en 2009, un roman très intelligent et bien mené, Vous êtes nés à la bonne époque déçoit un peu. Il sent le livre trop vite écrit, un peu bâclé, et pourtant le sujet est tout à fait digne d’intérêt. 
Nathalie, médecin de 42 ans va d’échec sentimental en échec sentimental. [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Jung.jpg" alt="/" /><strong>Après <em>Principe de précaution</em> paru en 2009, un roman très intelligent et bien mené, <em>Vous êtes nés à la bonne époque </em>déçoit un peu. Il sent le livre trop vite écrit, un peu bâclé, et pourtant le sujet est tout à fait digne d’intérêt. </strong></p>
<p>Nathalie, médecin de 42 ans va d’échec sentimental en échec sentimental. Au bord de la dépression, elle prend conscience que « son horloge biologique tourne » et qu’il lui reste très peu de temps pour avoir ce deuxième enfant dont elle rêve depuis de longues années. Les hommes qu’elle rencontre sont égoïstes, peureux, lâches et ne veulent pas lui donner ce qu’elle désire par-dessus tout. Sa meilleure amie lui conseille de faire un enfant toute seule, ou avec un ami homosexuel ou encore de tenter la procréation médicalement assistée. Nathalie refuse, persuadée malgré elle (la faute à son éducation judéo-chrétienne) qu’il faut un couple pour accueillir un enfant.<br />
Et puis, elle ne désespère pas totalement de rencontrer le Prince charmant. Jusqu’à ce qu’elle croise Arno, un très jeune artiste surdoué de 20 ans. Malgré les réticences de Nathalie, de vingt-deux ans son aînée, ils sont attirés l’un vers l’autre tels deux aimants. Pour quelle raison ?</p>
<p>Malgré des dialogues un peu fatigants, sous couvert de réalisme, des réflexions très pertinentes que l’on aimerait voir un peu plus développées, il faut lire le roman jusqu’au bout pour en saisir toute l’ampleur.<br />
Écrit comme une longue nouvelle plutôt que comme un roman bref, la fin fait basculer toute l’histoire et l’envisager d’une tout autre perspective. Un joli coup de théâtre qui nous réconcilie avec certains passages un peu faciles et qui n’apportent pas grand-chose.</p>
<p><strong>Matthieu Jung, <em>Vous êtes nés à la bonne époque</em>, Stock.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Quinze ans en 1969</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/09/19/quinze-ans-en-1969/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 07:40:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[François Cérésa]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
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		<category><![CDATA[Sugar puffs]]></category>

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		<description><![CDATA[« Et moi qui commençais à faire ce que je n’ai jamais cessé de faire par la suite : perdre mon temps à courir après les souvenirs. »
Cette phrase de Jean, le jeune narrateur de Sugar puffs, pourrait aussi bien sortir de la bouche de l’auteur, François Cérésa. 
Nous lui rétorquerions alors qu’il n’a pas fait que [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="src=&quot;http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/sugar-puffs.jpg&quot;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/sugar-puffs.jpg" alt="/" /><strong>« <em>Et moi qui commençais à faire ce que je n’ai jamais cessé de faire par la suite : perdre mon temps à courir après les souvenirs.</em> »<br />
Cette phrase de Jean, le jeune narrateur de <em>Sugar puffs</em>, pourrait aussi bien sortir de la bouche de l’auteur, François Cérésa. </strong></p>
<p>Nous lui rétorquerions alors qu’il n’a pas fait que perdre son temps après ses souvenirs, puisque c’est de ce temps passé qu’il tire ses romans. Au début des<em> Moustaches de Staline, </em>le narrateur, qui s’appelle également Jean, se remémorait son enfance en croisant à Cabourg celle dont il avait été secrètement amoureux.</p>
<p>Dans <em>Sugar puffs</em>, Jean est père d’un fils de vingt-quatre ans qui part pour un an à Dublin. Au terminal de l’aéroport, il se revoit soudain, lorsqu’il fut envoyé à quinze ans passer une année au Pays de Galles et sur l’île de Man. Entre mélancolie et bonheur du passé ressuscité, ce récit de jeunesse à l’écart du monde, l’année 1969, se lit comme un roman initiatique, bien écrit et sans longueur.</p>
<p>À quinze ans, Jean, envoyé en Angleterre par ses parents « <em>pour [le] faire réfléchir</em> » n’apprendra pas à travailler mieux ni à être plus sage mais apprendra la vie tout court. Cette année sonnera pour lui la fin de l’enfance et le début de l’âge adulte avec son cortège de plaisirs, de complications, de désenchantements et de réflexions.<br />
Avec ses camarades d’infortune, il découvrira le pouvoir des femmes, leur versatilité, la veulerie et la beauté de ses congénères et que la vie adulte n’est qu’une lutte contre soi-même et contre les autres. Que ce sont rarement les plus fins et les plus humbles qui réussissent et que les filles aiment ceux qui les font rire et n’ont pas peur de la caricature, ce qui donne lieu à des passages drôles et cruels à la fois :</p>
<p>« <em>Mettez un chevelu quelque part avec une guitare, une allure baba, des chemises à fleurs, et les filles rappliquent. Allison riait pour un oui, pour un non. Quand Schirmeck a chantonné « Sha la la la lee », elle s’est pâmée. Je l’avais saumâtre. C’était donc ça, les filles ? Des fées moqueuses qui jouent avec le cœur des garçons ?</em> »</p>
<p><strong>François Cérésa, <em>Sugar puffs</em>, Fayard, 290 pages.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Les Chorégies d’Orange, 40 ans</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/09/15/les-choregies-d%e2%80%99orange-40-ans/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 10:22:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les Chorégies d’Orange fêtent cette année leur 40ème anniversaire ! C’est l’occasion de revenir sur un livre très intéressant de Robert et Bernard Serrou, L’opéra sous les étoiles, paru en 2008.
Le Théâtre antique d’Orange est un lieu mythique où tout passionné d’opéra a déjà vécu des moments inoubliables ! Les auteurs retracent l’histoire de ce [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Couv-Chorégies350.jpg" alt="/" /><strong>Les Chorégies d’Orange fêtent cette année leur 40ème anniversaire ! C’est l’occasion de revenir sur un livre très intéressant de Robert et Bernard Serrou,<em> L’opéra sous les étoiles</em>, paru en 2008.</strong></p>
<p>Le Théâtre antique d’Orange est un lieu mythique où tout passionné d’opéra a déjà vécu des moments inoubliables ! Les auteurs retracent l’histoire de ce festival qui a débuté bien avant 1971, sous une forme différente de ce que l’on connaît aujourd’hui : on y apprend que le théâtre bénéficiait d’une large place avec des représentations de pièces de Sophocle, Victor Hugo ou Molière. Ils évoquent des productions inoubliables telles que <em>Elektra </em>avec Leonie Rysanek et Gwyneth Jones…  dont  nous avons malheureusement assez peu de traces aujourd’hui, puisque contrairement à ces dix dernières années, la télévision n’a pas capté ces spectacles : il faut se contenter de quelques enregistrements comme le<em> Tristan </em>avec Birgit Nilsson et Jon Vickers ou bien des extraits comme Montserrat Caballe se débattant dans le vent pour parvenir à bout de<em> Norma. </em>Mais n’oublions pas que Régine Crespin, Gundula Janowitz, Neil Shicoff, Ruggero Raimondi, Nicolai Gedda, Walter Berry ont chanté dans ce magnifique théâtre et ce sont ces événements lyriques que les auteurs tentent de faire revivre dans ces pages.</p>
<p>L’ouvrage est agrémenté d’interviews de trois « piliers » actuels du festival. Nicolas Joël est avant tout un metteur en scène de génie : on lui doit parmi les plus belles productions et il a toujours trouvé à Orange le moyen de faire éclater son talent. C’est lui qui a signé les magnifiques mises en scène de Faust, <em>La Bohème, Roméo et Juliette</em>… Il explique sa passion pour ce théâtre tout comme Natalie Dessay qui avait marqué les esprits lors de sa dernière Olympia transformée en poupée capricieuse en 2000, ou comme Roberto Alagna qui est omniprésent depuis quelques étés. Ce livre est également d’une grande richesse iconographique.</p>
<p>Les auteurs nous plongent aussi dans la « fabrication » de <em>Mme Butterfly</em> en 2007 : depuis les coulisses on suit l’élaboration du spectacle, des décors jusqu’à la représentation en passant par les répétitions.<br />
À noter à la fin du livre le petit clin d’œil au festivalier ! On nous recommande chaudement de penser à prendre un coussin et à arriver en avance.<br />
À Orange le spectacle est dans le théâtre certes, mais la représentation est entourée de tout un rituel magique, lui aussi !</p>
<p>Cet ouvrage est une bonne introduction pour qui veut découvrir et préparer son premier spectacle à Orange, mais également pour qui veut retrouver, pendant le reste de l’année, l’ambiance de ces quelques soirées estivales d’exception.</p>
<p>Manon Ardouin</p>
<p><strong>Robert Serrou et Bernard Serrou, <em>Les chorégies d’Orange : l’Opéra sous les étoiles</em>.Éditions espaces34, 120p. 28€.</strong></p>
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		<title>Olivier Maulin récidive</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 08:42:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après Petit monarque et catacombes qui venait clore la trilogie entamée par En attendant le roi du monde, on croyait avoir compris que Maulin s’était tourné vers le polar.
Dieu merci, son dernier roman, Les Lumières du ciel, est dans la lignée des quatre précédents, inclassable si ce n’est dans ce genre à part qu’il a [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Maulin.jpg" alt="/" /><strong>Après <em>Petit monarque et catacombes</em> qui venait clore la trilogie entamée par <em>En attendant le roi du monde</em>, on croyait avoir compris que Maulin s’était tourné vers le polar.<br />
Dieu merci, son dernier roman, <em>Les Lumières du ciel,</em> est dans la lignée des quatre précédents, inclassable si ce n’est dans ce genre à part qu’il a lui-même créé, drôle, acide, intelligent et incroyablement efficace. Maulin fait du Maulin pour notre plus grand plaisir. </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>N’épargnant aucun des travers de notre époque qui semble particulièrement apprécier se caricaturer elle-même, il a le don des situations et des dialogues qui provoquent l’éclat de rire, ce qui n’est pas si commun dans la littérature française actuelle.</p>
<p><em>Les lumières du ciel</em> mettent en scène un trio incongru, Paul-Emile Bramont dont le seul orgueil est de refuser obstinément de céder à l’impératif du travail et de la production, Momo son ami DJ qui tente de créer une nouvelle forme musicale en mixant des morceaux de musique classique et Bérangère, l’archétype de la pouffiasse post-moderne totalement inculte et dénuée de curiosité, mariée à un chirurgien plasticien qu’elle trompe pour tromper son ennui et la vacuité de sa vie qui se résume au fric, aux gadgets technologiques et aux fringues.</p>
<p>Cherchant à rejoindre la Côte d’Azur à la veille de Noël, tous trois s’embarquent dans un <em>road-trip</em> qui leur fera découvrir des marginaux, tenter des coups foireux mais aussi approcher un autre mode de vie où les choses ont un sens et où l’humanité a peut-être encore une chance de se sauver en se séparant d’une société fondée sur la consommation, la production et le loisir.</p>
<p>Ce roman en apparence léger est sous-tendu par la pensée des Situationnistes et de Jacques Ellul qu’un personnage cite au détour d’un dialogue.<br />
Le combat est toujours le même nous souffle Olivier Maulin : celui des hommes libres contre la dictature de la vitesse, de la technique et du loisir qui enchaînent les hommes en leur proposant un confort matériel et l’illusion d’une vie riche en aventures qui ne sont que des miroirs aux alouettes pour les empêcher de penser et mieux les diriger.<br />
On ne dira jamais assez ce que notre société construite sur la consommation et la sacralisation de la technique doit à l’idéologie du III<sup>e</sup> Reich.</p>
<p><strong>Olivier Maulin, <em>Les Lumières du ciel</em>, 282 pages, Balland.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Paul Verlaine in memoriam</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 08:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles Brochard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
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		<description><![CDATA[Quelle bonne idée ont eue les éditions Arléa de publier à nouveau ce texte introuvable sur les derniers jours de Paul Verlaine ! 
Édité initialement par le Mercure de France en 1911, puis réédité en 1923,  Les derniers jours de Paul Verlaine est signé par deux de ses plus proches amis, Frédéric-Auguste Cazals (1865-1941), dessinateur [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Verlaine-Arléa350.jpg" alt="/" /><strong>Quelle bonne idée ont eue les éditions Arléa de publier à nouveau ce texte introuvable sur les derniers jours de Paul Verlaine ! </strong></p>
<p>Édité initialement par le Mercure de France en 1911, puis réédité en 1923, <em> Les derniers jours de Paul Verlaine</em> est signé par deux de ses plus proches amis, Frédéric-Auguste Cazals (1865-1941), dessinateur et écrivain de talent, auteur du <em>Jardin des ronces : poèmes et chansons du pays latin</em>, préfacé par Rachilde ; et Gustave Le Rouge (1867-1938), auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, romans, pièces de théâtre ou poèmes, qui aurait été le « gourou » fantôme de Blaise Cendrars…<br />
Mais le plus singulier est d’avoir choisi comme préfacier Maurice Barrès, Lorrain comme le poète. Amoureux de la poésie verlainienne, il côtoya le pauvre Lélian (anagramme fameux), parlant de lui comme d’un « enfant de poésie », allant jusqu’à écrire : <em><br />
« Voilà, dans sa tristesse et dans sa laideur, le détail des jours de notre Maître traînait, des terrasses où règne la Déesse verte jusqu’au lit d’hôpital où, coiffé d’une bonnet de coton, il retrouvait  le bon sens et l’inspiration. »</em><br />
<strong><br />
Torturé par deux démons, la luxure et l’alcool,</strong> celui que les auteurs appellent « l’archange foudroyé » termine sa vie, sans argent, en compagnie de sa dernière maîtresse Eugénie Krantz dans un deux-pièces à Paris du 37, de la rue Descartes, au cœur du Paris balzacien. Mais le poète, atteint de huit maladies, passe son temps à l’hôpital, et surtout Broussais, dans le XIVe arrondissement. « Je commence à croire que les poètes ont bel et bien été créés et mis au monde pour habiter l’hôpital, dira t-il. Ils s’y trouvent à merveille et ils manqueraient à tout le monde s’ils n’y étaient pas. »</p>
<p>Comme le confirment les auteurs, le « Tout Paris littéraire » est venu à son chevet, qu’il s’agisse d’Anatole France, de Barrès, d’Huysmans, de Robert de Montesquiou, et même de François Coppée et Jean Moréas, ses fidèles complices. Les récits de ses virées dans Paris, d’un café à l’autre, du Café Français au Bal Bullier, autorisé qu’il fut de temps en temps grâce à la bienveillance du bon docteur Chauffard à quitter sa chambre, sont inénarrables. Ce même médecin qui clamait aux internes qui l’entouraient :<em> « Voici un grand malade, un très grand malade…. et un grand poète… le plus grand poète catholique du siècle. »</em></p>
<p><strong>Mais les pages sur le Verlaine intime</strong>, vantant dans <em>La Bonne chanson</em> la chaleur du foyer, « l’heure du thé fumant et des livres », puis, au lendemain de sa séparation avec sa femme, son existence « vagabonde et irrégulière », replié dans ses gourbis, rue de la Huchette, rue Royer-Collard, rue de Vaugirard ou rue du Cardinal-Lemoine, avant le boulevard Saint-Michel et la rue des Fossés-Saint-Victor, dépeignent un poète à la recherche d’une bonne âme, ne négligeant jamais ses amis, mais démangé toujours par les affres de l’alcool, cette « sorcière verte» qu’est l’absinthe. <em><br />
« Ah ! si je bois c’est  pour me saouler non pour boire,/ Etre saoul vous ne savez pas quelle victoire/ C’est qu’on remporte sur la vie et quel dont c’est ! » clame t-il encore dans Jadis et naguère.<br />
</em><br />
<strong>Le 8 janvier 1896, à sept heures du soir</strong>, Verlaine rendit l’âme chez lui, rue Descartes. Quinze de ses amis, réunis par la comtesse Greffülhe, sous l’égide du Figaro, pour, chaque mois, subvenir à ses moyens, dont Maurice Barrès, François Coppée, Léon Daudet, le Dr Louis Jullien, Octave Mirbeau, Robert de Montesquiou, Jean Richepin et Sully Prudhomme, le pleurèrent et accompagnèrent son cercueil, parmi cinq mille personnes, de la place du Panthéon jusqu’au cimetière des Batignolles. On raconte que le bras de la statue de la Poésie qui décore le faîte de l’Opéra se détacha dans la nuit qui suivit les funérailles.<br />
<em>« La lyre d’or de la poésie française ne s’était-elle pas brisée en même temps que s’éteignait pour toujours la voix de Paul Verlaine, le dernier grand lyrique du XIXe siècle ? »</em>, en conclut joliment les auteurs.<br />
<strong><br />
<em>Les derniers jours de Paul Verlaine,</em> de F._A. Cazals &amp; Gustave Le Rouge. Préface de Maurice Barrès. Editions Arléa, 222 pages,  18 €.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Aragon critique d’art ?</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/08/23/aragon-critique-d%e2%80%99art/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Aug 2011 11:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ses Écrits sur l’art moderne, réédités et largement enrichis par les éditions Flammarion, transparaît toute l’ambiguïté de Louis Aragon.
L’un des écrivains les plus importants du XXe siècle, auteur du mentir-vrai, dont la vie, de la naissance à la mort, est une succession de mensonges et de falsifications de la vérité mis au service d’idéologies [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/aragon.jpg" alt="/" /><strong>Dans ses <em>Écrits sur l’art moderne,</em> réédités et largement enrichis par les éditions Flammarion, transparaît toute l’ambiguïté de Louis Aragon.</strong></p>
<p>L’un des écrivains les plus importants du XX<sup>e</sup> siècle, auteur du <em>mentir-vrai</em>, dont la vie, de la naissance à la mort, est une succession de mensonges et de falsifications de la vérité mis au service d’idéologies qui l’auront aveuglé toute sa vie, le rendant à la fois immense et pathétique, est ici livré dans toute sa contradiction.</p>
<p>Aragon critique d’art ? Jamais de la vie. En 1945, il dit lui-même que « <em>Chaque moyen d’expression a ses limites, ses vertus, ses manques. Rien n’est plus arbitraire que d’essayer de substituer la parole écrite au dessin, à la peinture. Cela s’appelle la critique d’art, et je n’ai pas conscience d’en être coupable ici. » </em><br />
Ce sont pourtant des dizaines de textes, parfois très longs et très riches, qu’Aragon a rédigés tout au long de sa vie, souvent pour défendre ses amis mais en se servant surtout des œuvres des autres, comme dans le cas d’André Fougeron, pour exprimer une théorie de l’art, comme l’ont fait avant lui Baudelaire, Huysmans, Proust…<br />
Cependant, Aragon va bien plus loin. En refusant d’être considéré comme critique d’art, il s’octroie le droit d’écrire des panégyriques à l’adresse d’artistes sans un seul mot sur leur œuvre, en les louant uniquement parce qu’il les considère comme appartenant au réalisme dont il s’est institué le défenseur.</p>
<p>« <em>L’urgence morale</em>, écrit Jacques Leenhardt dans l’introduction, <em>a toujours produit chez Aragon un discours apodictique. Ce fut celui du surréalisme – Aragon avait alors la réputation d’en faire toujours plus que les autres -, ce fut celui du stalinisme. </em>[…]<br />
<em>Que la surenchère soit une stratégie d’obédience à l’égard du groupe, nul doute. Que l’enfance déchirée d’Aragon y apporte une lumière, voire une explication, permettrait peut-être de comprendre la permanence du comportement de « converti » et la fidélité à toute épreuve dont il fera preuve.</em> »</p>
<p>Socialisme et communisme rimant pour Aragon avec réalisme, tout ce qui n’est pas considéré par lui comme réaliste, en bon disciple de Breton et de Staline, il l’anathématise. Ainsi de la peinture abstraite qui ne trouve aucune grâce à ses yeux et à propos de laquelle il écrit : « <em>l’académisme revient déguisé en avant-garde. A quand le prix de Rome du néant ?</em> » tandis que les toiles de Picasso qu’il juge « <em>réalistes à leur manière</em> » seront célébrées jusqu’au bout, quelles qu’elles soient. Soumis au parti communiste comme à sa passion pour Elsa Triolet, comme au surréalisme auparavant, Aragon, tel l’enchaîné volontaire, n’acquiert davantage de liberté d’action et d’expression que lorsque son maître ou sa maîtresse les lui octroient.<br />
Ainsi, s’il lui faudra attendre d’être libéré de la dictature morale d’André Breton pour avouer avoir écrit des romans en cachette (le roman étant considéré comme la forme d’art bourgeoise par excellence par le groupe surréaliste), et la mort d’Elsa Triolet pour avouer son homosexualité, ce n’est que lorsque l’idéologie communiste desserre son étau qu’Aragon se permet d’admettre que le « non fini » puisse avoir sa place dans l’art, comme partie du fini ardemment défendu.</p>
<p>Au-delà de textes magnifiques sur Chagall, Léger, Picasso, Man Ray, et bien d’autres encore, c’est le portrait d’Aragon dessiné en creux par ses textes qui fait l’intérêt suprême de ce livre.<br />
Non pas que ses écrits, aussi partiaux soient-ils parfois, ne soient dénués d’intérêt, même si Aragon fut sans doute beaucoup plus moderne et génial dans sa poésie que dans ses écrits sur l’art, mais parce que sa personnalité est aussi fascinante que ce XX<sup>e</sup> siècle qu’il a traversé en y imprimant sa silhouette et parce qu’il faut saluer sa fidélité infaillible, jugerait-on même qu’elle ne s’est pas portée sur les bonnes personnes ou les justes causes.</p>
<p>« <em>Vous pourrez faire du mot</em> réaliste <em>une étiquette d’infamie, je n’y renoncerai pas. L’attitude réaliste, dans l’art et dans la vie, est le sens de ma vie et de mon art, »</em> écrivait-il en 1963.</p>
<p><strong>Louis Aragon, <em>Écrits sur l’art moderne, </em>730 pages, Flammarion.</strong></p>
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		<title>Antoine Blondin, le vagabond de la littérature</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 08:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Antoine Blondin]]></category>
		<category><![CDATA[La Table Ronde]]></category>
		<category><![CDATA[L’Humeur vagabonde]]></category>
		<category><![CDATA[Un singe en hiver]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort, les éditions de la Table Ronde nous offrent une très belle réédition de L’Humeur vagabonde et Un singe en hiver d’Antoine Blondin, deux de ses meilleurs romans, assortis d’une centaine de documents et de photographies de l’auteur. 
Antoine Blondin demeure aussi célèbre pour ses chroniques sportives que [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Blondin.jpg" alt="/" /><strong>À l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort, les éditions de la Table Ronde nous offrent une très belle réédition de <em>L’Humeur vagabonde </em>et <em>Un singe en hiver</em> d’Antoine Blondin, deux de ses meilleurs romans, assortis d’une centaine de documents et de photographies de l’auteur. </strong></p>
<p>Antoine Blondin demeure aussi célèbre pour ses chroniques sportives que pour sa vie de noctambule parisien et les cinq romans assez brefs dans lesquels il a mis toute son âme. Dans chacun de ses romans, le personnage principal, pour ne pas parler de héros, ce qui aurait assez peu de sens ici, dévoile une part de l’auteur. Jeunes hommes vivant en marge d’un monde qu’ils traversent sans vraiment y être, la distance qui les éloigne de leurs contemporains prend différentes formes : celle de l’ironie pour Gabriel Fouquet dans <em>Un singe en hiver</em>, celle de l’ingénuité pour Benoît Laborie dans <em>L’Humeur vagabonde</em>. Ce dernier, Rastignac avorté, qui quitte une femme et des enfants contractés un peu par hasard pendant la guerre afin de se rendre à Paris sans autres ambitions que celle que sa mère lui convoite et celle de changer d’air, va bientôt se retrouver au cœur d’un crime passionnel qui le dépasse.</p>
<p>Fouquet, à l’inverse, débarque de Paris dans une petite ville de province endormie, à la suite d’une cuite qui lui a fait prendre un train malgré lui. Ces deux personnages se rejoignent en ce qu’ils sont constamment ailleurs, à côté de leurs chaussures comme le dit Blondin et dépassés par les événements qu’ils causent à leur insu. L’un est le jouet d’une mère envahissante qui projette sur lui ses désirs inassouvis, l’autre de l’alcool et de rêves sans doute impossibles ; tous deux sont poussés dans la fuite par une mélancolie dont ils sont incapables de prendre toute la mesure, trop ingénus.</p>
<p>Mais si, comme le pensait Gide, « <em>la mélancolie n’est que de la ferveur</em> <em>retombée</em> », que le souvenir abusif dont on berce le présent, ravivant un passé en le colorant avec souvent plus d’éclat qu’il n’en eut, elle est l’essence de la littérature.</p>
<p>« <em>À la réflexion, nous ne sommes pas comme ces peintres qui travaillent sur le motif. Il nous faut du recul, de la marge.  Si je devais écrire un roman se passant à Naples, j’essayerais de préférence de me réfugier à Stockholm pour ne pas être accablé par le réalisme. La fantaisie, qui est de toute façon un décalage, me sauverait. Il faut écrire dans les marges. L’art ne copie pas la vie mais la transfigure. Si l’on continue d’avoir le nez dessus, on ne peut le faire</em> » disait Blondin dans un entretien donné à France Culture. Baudelaire n’aurait pas dit autre chose, Proust non plus. L’écriture est une manière de ressusciter un temps nostalgique, un temps qui n’a peut-être jamais existé ailleurs que dans les rêves éveillés ou alcooliques, que dans les récits qui refaçonnent les histoires mais qui est celui de la littérature, libéré de la contingence du Temps et de l’Espace.</p>
<p>Un temps où l’on peut croire qu’ « <em>un jour, nous prendrons des trains qui partent</em>. »</p>
<p>À ce titre, Antoine Blondin est un grand écrivain.</p>
<p><strong>Antoine Blondin, <em>L’Humeur vagabonde</em>, <em>Un singe en hiver</em>, 376 pages, la Table Ronde.</strong></p>
<p style="text-align: right;">
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Erotisme et littérature</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/07/25/erotisme-et-litterature/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jul 2011 06:44:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[JC Lattès]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Jacques Pauvert]]></category>
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		<description><![CDATA[Jean-Jacques Pauvert s’y connaît un peu en littérature érotique. Il s’agit évidemment d’un euphémisme, puisque c’est à cet homme de quatre-vingt-cinq ans que nous devons entre autres d’avoir pu lire les œuvres du marquis de Sade, de Georges Bataille et certains textes d’Apollinaire ou de Breton.
À vingt-et-un an il éditait sous son nom propre, pour [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Pauvert.jpg" alt="/" /><strong>Jean-Jacques Pauvert s’y connaît un peu en littérature érotique. Il s’agit évidemment d’un euphémisme, puisque c’est à cet homme de quatre-vingt-cinq ans que nous devons entre autres d’avoir pu lire les œuvres du marquis de Sade, de Georges Bataille et certains textes d’Apollinaire ou de Breton.</strong></p>
<p>À vingt-et-un an il éditait sous son nom propre, pour la première fois dans toute l’Histoire, les œuvres du divin marquis. De là naquirent les éditions Pauvert qui, malgré les procès et les intimidations, s’attelèrent à mettre à la disposition du public le plus riche de la littérature érotique.</p>
<p>En un sens, parler de <em>littérature érotique</em> est un truisme si l’on convient que la fonction de la littérature est de dévoiler, de mettre au jour le caché, le secret, de révéler la profondeur des êtres et de la vie, c’est-à-dire de creuser l’âme humaine pour y mettre à nu sa beauté, sa laideur, sa vertu, son vice et toutes ses perversions. Toute œuvre littéraire digne de ce nom est érotique. À ce titre, devons-nous nous étonner que l’érotisme ou du moins son sentiment semble ne plus exister qu’à travers quelques œuvres souterraines, puisque la littérature contemporaine, absorbée par le spectaculaire et l’argent semble, dans sa grande majorité, mort-née ? « <em>L’érotisme n’existe plus qu’émietté, dilué tous les jours un peu plus dans les innombrables divertissements monnayés qui submergent aujourd’hui les sociétés humaines</em> », écrit J-J Pauvert en s’appuyant sur les écrits de Jean-Claude Michéa, Philippe Muray et Guy Debord. Entrés dans l’ère du spectacle et de la multiplication des images, comment l’univers érotique, qui se façonne par la suggestion, le secret que réclamait le surréalisme et l’équivoque, pourrait-il encore advenir ? Dégagée de toute morale (en apparence) et de toute religion, contre quoi la littérature pourrait-elle encore se dresser ?</p>
<p>Il ne faudrait cependant pas sombrer ni dans le pessimisme ni dans le passéisme car les œuvres de talent furent rares à toutes les époques. L’œuvre de Sade, comme le rappelle Jean-Jacques Pauvert, est unique dans toute l’Histoire de l’humanité. Jamais en aucun lieu, en aucune époque, nul ne s’est autorisé à écrire une œuvre si noire, si contraire à toute morale, si étrangère à toute précaution. Et si l’ancienne morale est aujourd’hui abolie, une autre lui a été substituée, la nature, comme chacun sait, ayant horreur du vide et toute société étant fondée sur des principes moraux. Selon Pauvert, la morale du nouveau siècle n’est autre que celle de l’argent. « <em>Qui dit religion disait aussi morale, naguère, </em>écrit-il<em>.<br />
Alors constatons – en renversement de ce qui en avait toujours constitué le fondement – qu’il existe bien aujourd’hui dans les civilisations occidentales (et cela englobe aussi, par exemple, les Émirats arabes) une nouvelle morale, qui a depuis quelques années totalement supplanté l’ancienne. Morale fondée désormais sur l’argent, donc, par conséquence directe, </em>sur le crime<em>.</em> » C’est à contre-courant de cette nouvelle morale que pourrait encore surgir une littérature. Que le sentiment érotique pourrait subsister.<br />
« <em>Que peut donc être devenu l’</em>érotisme<em>, en général, dans ce changement majeur de la société. Je n’en sais pas grand-chose, </em>écrit encore Jean-Jacques Pauvert. <em>Peut-être, et certains indices paraissent le suggérer, subsiste-t-il en secret, dans l’ombre personnelle de quelques individualités. Rendu, en somme, à cette ombre originelle d’où quelques révoltes très circonscrites avaient voulu le tirer, en quelques circonstances historiques que nous avons tenté de retracer ?</em> »</p>
<p>C’est au final dans les derniers chapitres de l’ouvrage, <em>Métamorphose du sentiment érotique,</em> que Pauvert est le meilleur car, pour en arriver à ces conclusions, il donne un trop rapide aperçu de l’érotisme à travers les siècles et les civilisations qui laisse souvent sur sa faim. Malgré de bons passages et des citations qui nous ravissent, ce livre qui condense en quelque sorte l’énorme <em>Anthologie historique des lectures érotiques</em> qu’il a rédigée pendant une vingtaine d’années, va trop vite, décrivant parfois un siècle de littérature en deux pages. Pauvert en est d’ailleurs bien conscient, qui écrit dans son introduction :<br />
« <em>À la demande des éditions Jean-Claude Lattès, j’ai repris l’année dernière ces essais résumés de ce gigantesque travail, de dimensions si différentes. </em><em>À</em><em> les relire, leurs défauts réapparurent tout de suite : condensation excessive, d’où lacunes ou obscurités… Mais aussi, en fin de compte, quelques qualités : aperçus des divers nouveaux éclairages dont je parlais, auxquels donc s’en étaient ajoutés d’autres, inédits, surprenants.</em> »</p>
<p>Malgré cela, nous devons tirer notre chapeau à l’infatigable éditeur et découvreur de textes précieux qui, sans lui, seraient sans doute demeurés dans l’enfer des bibliothèques.</p>
<p><strong>Jean-Jacques Pauvert, <em>Métamorphose du sentiment érotique</em>, JC Lattès, 350 pages.</strong></p>
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		<title>Les réminiscences de Noël Herpe</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/06/28/les-reminiscences-de-noel-herpe/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 09:10:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles Brochard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
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		<category><![CDATA[L'Arbalète Gallimard.]]></category>
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		<category><![CDATA[Noël Herpe]]></category>

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		<description><![CDATA[La voilà la révélation de la saison. Elle est signée Noël Herpe. Son Journal en ruines est un petit chef-d’œuvre. 
Il faut le lire Journal en ruines comme le récit d’une vie (1986-2006), partagée entre la solitude, la névrose d’un père, la nostalgie des films en noir et blanc, des rêves révélateurs, des réminiscences obsédantes [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/HERPE350.jpg" alt="/" /><strong>La voilà la révélation de la saison. Elle est signée Noël Herpe. <em>Son Journal en ruines </em>est un petit chef-d’œuvre. </strong></p>
<p>Il faut le lire <strong><em>Journal en ruines </em></strong>comme le récit d’une vie (1986-2006), partagée entre la solitude, la névrose d’un père, la nostalgie des films en noir et blanc, des rêves révélateurs, des réminiscences obsédantes et la difficulté d’être. « Dès lors qu’il est question de l’homme, rien n’est jamais trop petit », assurait Samuel Johnson au diariste écossais James Boswell. Et dans ce journal magistralement écrit au fil des jours et des mois, inégal en temps, découpé chronologiquement par périodes, on croit être le voyeur des petitesses de la vie que relate l’auteur, alors qu’il ne fait que dire et commenter ce qui est l’essentiel chez tout être, vivant en spectateur de soi-même : la douloureuse épreuve de survie dans un monde hostile.</p>
<p>En mars 1991, à 26 ans, il confie : <em>« Je sens la vie refluer autour de moi (rencontres, opportunités de travail, perspectives d’avenir) et en même temps en moi, un bloc de résistance, de refus qui ne veut pas se laisser détruire, une force de négation qui s’affirme peut-être d’autant plus qu’elle est menacée : cela se produit par une sorte de pétrification intérieure, qui me rend très difficile le dialogue avec autrui. (…). » </em></p>
<p>Ce jeune homme séparé (au sens où Montherlant l’entendait), très introspectif, allant jusqu’à suivre plusieurs analyses, assumant difficilement une homosexualité compliquée, obsédé par l’image du père, coupé de sa mère, passionné de littérature, de théâtre et de cinéma, est maintenu par une « énergie » vitale.<br />
Le jour de ses 30 ans, il semble pourvoir enfin accéder <em>« à plus de naturel, à plus d’authenticité dans mes rapports à autrui ».</em> En réaction à la vision parentale soixante-huitarde de la société, Noël herpe dévorera les grands auteurs classiques du XXe siècle, se jetant sur « des figures tutélaires, mais il faut aussi que quelque ravage les ait détruites. » Avant d’ajouter <em>: « Sans doute Montherlant s’est-il mieux qu’aucun autre prêté à ce culte, par ce qu’il était aveuglé d’honneurs etd e grandes orgues, et parce qu’en même temps il ne cessait d’appeler sa ruine, de la précéder, de la mettre en scène… ». </em>Subtile analyse de Noël Herpe<em> « en quête d’un discours qui puisse surplomber le discours paternel, et qui par là même m’en libère et m’en éloigne ».</em></p>
<p>Écartelé entre l’enseignement et le journalisme Herpe se raccroche à cet indicible journal qui lui permet de se sauver de toute « frustration affective », en quête de son propre bonheur.</p>
<p>Au-delà de toute déprime, de toute tristesse, Herpe, qui a lu Gide, Green, Jouhandeau, Matzneff, Guibert et certainement Amiel et Cioran, enrichi avec ce Journal en ruines le patrimoine du journal intime qui depuis Restif de La Bretonne, en France, est devenu un genre à part entière.</p>
<p>PS : coup de chapeau à Thomas Simonnet, l’éditeur de L’Arbaète qui, notamment avec ce livre augmente un joli catalogue qui a toute sa place au sein de la maison Gallimard, laquelle désormais continue à éditer dans la rue qui porte son nom (ancienne rue Sébastien Bottin).</p>
<p><strong><span>Noël Herpe, </span></strong><strong><em>Journal en ruines, </em></strong><strong>L&#8217;Arbalète Gallimard, 344 p., 22,50 €</strong><strong>.</strong></p>
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		<title>Richard Millet : l’homme blessé</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 07:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles Brochard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un de ses précédents livres, L’Orient désert, Richard Millet dénonçait la perte des sens, l’infantilisation des esprits, les dérives de l’amour, l’héroïsme floué, les impostures érigées en dogmes, s’exclamant : « Je marche dans ma propre poussière. Pas d’autre mystère, du moins, que celui du mouvement par quoi se dessaisir de soi ».
Cette fois, [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/MilletFatigue350.jpg" alt="/" /><strong>Dans un de ses précédents livres, <em>L’Orient désert</em>, Richard Millet dénonçait la perte des sens, l’infantilisation des esprits, les dérives de l’amour, l’héroïsme floué, les impostures érigées en dogmes, s’exclamant : « Je marche dans ma propre poussière. Pas d’autre mystère, du moins, que celui du mouvement par quoi se dessaisir de soi ».<br />
Cette fois, il récidive dans cette forme de pessimisme actif qui l’entraîne vers des sentiments habités par le découragement à travers deux ouvrages, <em>Arguments d’un désespoir contemporain et<em> </em></em><em>Fatigue du sens</em></strong><strong>. </strong></p>
<p>Refusant le monde tel qu’il est devenu aujourd’hui, avec surtout cette « immigration massive en Europe de peuples extra-européens » qu’il compare aux anciennes invasions barbares et totalitaires, Millet le paladin se dit en « apartheid volontaire », séparé des gens, des amis comme des intellectuels. Il vit ainsi un véritable exil intérieur, chassant en pleine lumière tous les affres qui pourraient l’encombrer. « Je cultive le sain désespoir de ceux qui savent que tout est perdu, clame-t-il ; la perte au sens moral ; l’accomplissement de la décadence comme source d’espoir ».</p>
<p>Les apostilles de son essai, d’une rare virulence, <em>Fatigue du sens</em>, qui sort dans la nouvelle maison d’édition Pierre-Guillaume de Roux, nous consolent de notre propre constat. Mais attention à ceux qui pourraient le lire sans comprendre que la démarche de cet écrivain solitaire n’a rien de politique en soi, c’est-à-dire d’idéologique. Millet ne roule pour aucun parti. Il est un des derniers « civilisés » du monde occidental qui fait acte d’écriture, comme un artiste en furie, un artiste dépossédé qui crie dans le désert.</p>
<p><strong>« La Loi, la Tolérance, le Bien, l’Humanité »</strong></p>
<p>Avec la rage au cœur, identique à celle que j’avais senti chez Robert Sainz, l’auteur d’<em>Un Roi d’Allemagne dans la nuit d’Occident</em>.<br />
Bruno de Cessole devrait ajouter un chapitre à son <em>Défilé des réfractaires</em> (L’Éditeur), car Millet serait à situer quelque part entre Jean Raspail, Dominique de Roux et Philippe Murray.<br />
Lui, l’homme blanc, le chrétien, le combattant, ne se reconnaissant plus dans ce monde couvert par « la Loi, la Tolérance, le Bien, l’Humanité » et régenté par ce qu’il nomme les « lobbies sexuels, religieux, ethniques, régionalistes, maçonnique, etc. ».<br />
Il pointe du doigt la faillite du multiculturalisme qui va jusqu’à refuser de franciser les noms propres et les noms communs n’encourageant que la transcription anglophone : on ne dit pas Kossovar mais Kosovar, Burkinabé au lieu de Burkina Fasien ; sans parler de la féminisation des noms de métier.</p>
<p>En parallèle, il faut lire aussi <em>Arguments d’un désespoir contemporain</em>, au ton plus professoral sans doute, mais qui éclaire la structure de son propos, allant contre la « dégradation du sacré », offrant à son lecteur cette belle réflexion : « Si Dieu existe, Il est mon Créateur et il importe qu’il me voie  à tout instant : ma vie en trouve non seulement une dimension tout autre, un sens d’une profondeur inouïe, mais aussi une lumière dont seul l’amour peut donner une idée ».</p>
<p><strong>Deux livres de Richard Millet :</strong></p>
<p><em>Fatigue du sens</em>, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 155 pages, 16 €.</p>
<p><em>Arguments d’un désespoir contemporain</em>, Hermann, 158 pages, 18 €.</p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Marie d’Agoult, une sublime amoureuse</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2011 07:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Ariane Charton]]></category>
		<category><![CDATA[bicentenaire de la naissance de Liszt]]></category>
		<category><![CDATA[éditions Kirographaires]]></category>
		<category><![CDATA[Marie d’Agoult Une sublime amoureuse]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Liszt, Ariane Charton, présentée comme une spécialiste du romantisme, publie aux éditions Kirographaires, Marie d’Agoult Une sublime amoureuse. 
Marie d’Agoult fut la maîtresse, le grand amour de Liszt et la mère de ses enfants dont Cosima reste la plus célèbre, notamment pour avoir été la femme de [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/couv-agoult.jpg" alt="/" /><strong>À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Liszt, Ariane Charton, présentée comme une spécialiste du romantisme, publie aux éditions Kirographaires, <em>Marie d’Agoult Une sublime amoureuse</em>. </strong></p>
<p>Marie d’Agoult fut la maîtresse, le grand amour de Liszt et la mère de ses enfants dont Cosima reste la plus célèbre, notamment pour avoir été la femme de Wagner.</p>
<p>Cet ouvrage, qui s’appuie sur de nombreux extraits de la correspondance entre Liszt et Marie d’Agoult et du journal intime de celle qui sera plus connue sous le nom de plume de Daniel Stern, brosse le portrait d’une femme passionnée, éperdument amoureuse du jeune prodige, de six ans son cadet. La vie de Marie d’Agoult, née Marie de Flavigny est, en un sens, édifiante. Issue d’une famille de noblesse désargentée, mariée assez jeune au comte Charles d’Agoult qui l’aimera sans jamais rien obtenir d’elle ni rien lui demander en retour, elle le quittera au bout de quelques années, emmenant avec elle les deux filles qu’ils ont eues pour fuir avec le très jeune Franz Liszt. N’écoutant que sa passion, Marie d’Agoult se soucie peu du scandale que sa fuite provoque dans sa famille et dans la société qu’elle fréquente.</p>
<p>Son amour est résolument passionnel, fusionnel et un brin tyrannique. C’est un amour très romantique qu’elle désire vivre avec le jeune pianiste, trouvant dans la solitude à deux, «  <em>in alta solitudine</em> », en Suisse puis en Italie, dans ces<em> années de pèlerinage</em> dont Liszt tirera certaines de ses plus belles pièces, le grand bonheur de sa vie.</p>
<p>«  <em>Ma passion pour Franz, qui s’était encore exaltée dans la solitude de ces derniers mois, tenait du fanatisme</em> » écrira-t-elle dans ses <em>Mémoires</em>.</p>
<p>Mais comme dans toutes ces amours romantiques qui, de Tristan et Yseult à Paul et Virginie en passant par Roméo et Juliette, la passion sublime, exclusive, échoue dans une impasse. Malgré leurs enfants, malgré l’amour vrai qui les unit jusqu’au bout, ceux que George Sand a qualifiés de « galériens de l’amour » et qui inspira à Balzac le couple de son roman <em>Béatrix</em>, ils ne parvinrent jamais à vivre longtemps ensemble. Liszt était trop préoccupé par sa carrière musicale, par les mondanités et les femmes, aimant constamment Marie d’un amour mystique mais désincarné, tandis que celle-ci se refusait obstinément, désespérément à n’aimer rien d’autre que lui et ne trouver goût à la vie qu’en son Liszt.</p>
<p>Cette histoire d’amour impossible rejoint le mythe tant, cherchant l’amour, ces deux grandes figures du romantisme, ces deux immenses caractères, l’un intrépide et libre, l’autre passionnée et sublime, se seront fait de mal en voulant à tout prix s’aimer sans jamais trouver d’accord.</p>
<p>La force du livre tient à sa riche documentation, au récit de la vie passionnelle de Marie d’Agoult qui confine au suicide ; sa faiblesse tient à son écriture un peu pauvre et aux généralités un peu grossières sur le caractère supposé des hommes et des femmes. Selon Ariane Charton, Liszt, avec son orgueil démesuré, son égoïsme et son très grand besoin d’indépendance serait l’image parfaite de l’homme tandis que Marie d’Agoult, dans sa soumission, son spleen, sa passion débordante et tyrannique serait celle de la femme.</p>
<p>On aurait aimé un peu plus de nuances dans ces jugements hâtifs. À trop vouloir faire de ce couple un mythe, l’auteur sombre par moments dans la caricature des types, ne donnant à lire l’amour que par le spectre de Liszt et Marie d’Agoult, lesquels atteignent justement le sublime par l’excès de leurs caractères et le déchaînement extraordinaire de leurs passions.</p>
<p><strong>Ariane Charton, <em>Marie d’Agoult Une sublime amoureuse</em>, éditions Kirographaires, 300 pages, 18,95€.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Comprendre l&#8217;Empire d&#8217;Alain Soral</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/03/26/comprendre-lempire-dalain-soral/</link>
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		<pubDate>Sat, 26 Mar 2011 09:43:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Soral]]></category>
		<category><![CDATA[Comprendre l'Empire]]></category>
		<category><![CDATA[éditions Blanche]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nom d&#8217;Alain Soral, en 2011, laisse souffler un vent de polémique. Et oui, devenu infréquentable pour certains en raison de sa polygamie politique : le marxisme, le FN, Dieudonné; et pourtant reçu récemment aux côtés d&#8217;Alain de Benoist dans l&#8217;excellente émission de Taddeï « Ce soir ou jamais » pour son dernier livre Comprendre [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/comprendre-lempire350.jpg" alt="/" /><strong>Le nom d&#8217;Alain Soral, en 2011, laisse souffler un vent de polémique. Et oui, devenu infréquentable pour certains en raison de sa polygamie politique : le marxisme, le FN, Dieudonné; et pourtant reçu récemment aux côtés d&#8217;Alain de Benoist dans l&#8217;excellente émission de Taddeï « Ce soir ou jamais » pour son dernier livre <em>Comprendre l&#8217;Empire : demain la gouvernance mondiale ou la révolte des nations ?</em></strong></p>
<p>Avec un tel titre, et une telle possibilité d&#8217;issues dans le sous-titre, on comprend qu&#8217;il va falloir choisir son camp. Un réveil nationaliste à l&#8217;image des soulèvements arabes ? Une oligarchie capitaliste sans règle qui engloutit tout sur son passage ? Comme le récent séisme japonais. Mais passons.</p>
<p>À la lecture, l&#8217;ouvrage met un certain temps à découvrir sa vraie nature. Compilation d&#8217;articles, de réflexions, sur un vaste sujet : la place des idées dans l&#8217;Histoire. En fait il faut rationaliser notre vision du passé. Le transcender finalement.</p>
<p>Écarter « l&#8217;humain trop humain » dans le jugement des faits. Et les faits sont là: depuis la fin de la féodalité, depuis que le corps social s&#8217;est scindé en deux camps lorsque le Tiers-État a décidé de mener la guerre rude aux bourgeois, qui durent choisir. Et la République offre donc successivement à la classe dominante d&#8217;aller et venir dans les couloirs de l&#8217;Assemblée. Droite ou gauche, peu importe, les système est le même, on a perdu toute idée de transcendance et on génère une coupable coopération internationale :<br />
« Quand le catholicisme n&#8217;est plus compris par la noblesse comme idéologie de domination et ordre du monde, mais comme sujet de débat philosophique (…) c&#8217;est la classe dominante qu&#8217;elle sou-tend (sic) et qu&#8217;elle légitime » (p26).</p>
<p>Rien de tel pour relancer le débat sur les musulmans que de remplacer « catholicisme » par « islam ». L&#8217;intérêt de l&#8217;objet est de susciter un double débat: doit-on se résoudre à une vision finalement manichéenne du monde, puisqu&#8217;elle oppose les puissants et les soumis, ou bien opter pour un réveil patriotique faisant front contre un raz-de-marée marchande : « Contrainte, par sa logique même de déséquilibre, à rechercher de nouveaux espaces de prédation, la Banque est désormais vouée à la conquête du monde non monothéiste et non chrétien, tels que l&#8217;Inde ou la Chine. » (p.73).</p>
<p>Si on regrette le manque de sources ou de références, et peut-être une certaine dispersion dans l&#8217;ordre des textes, le fond reste néanmoins fort intéressant et houleux, et l&#8217;ennemi bien identifié : « Ce Nouvel Ordre Mondial par lequel cet oligarchie prédatrice exige désormais de ses serviteurs (Bush, Strauss-Kahn) que lui soient remis les pleins pouvoirs ».<br />
Cet essai dénonce. Et il a le droit de le faire. Il ne reste qu&#8217;à prendre part au débat.</p>
<p>Benoît Bonnet</p>
<p><strong><em>Comprendre l&#8217;Empire</em>, Alain Soral, Éditions Blanche, 2011.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Droit de réponse à Stéphane Hessel</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2011 19:35:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
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		<description><![CDATA[Le succès inattendu (mais peut-être pas tant que cela) de la brochure de Stéphane Hessel, Indignez-vous ! a fini par en indigner plus d’un. Mais que nul ne s’indigne de cette indignation ! Stéphane Hessel l’écrit lui-même : « Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. »
Orimont Bolacre a décidé de répondre à cette [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/jy-crois-pas.jpg" alt="/" /><strong>Le succès inattendu (mais peut-être pas tant que cela) de la brochure de Stéphane Hessel, <em>Indignez-vous !</em> a fini par en indigner plus d’un. Mais que nul ne s’indigne de cette indignation ! Stéphane Hessel l’écrit lui-même : « <em>Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation.</em> »</strong></p>
<p><strong>Orimont Bolacre a décidé de répondre à cette indignation.<br />
</strong></p>
<p>Tenons-le nous pour dit, toute indignation, quelle qu’elle soit est bonne en soi, puisque justifiée par Monsieur Hessel, héros de la résistance et qui assure que « <em>le motif de la résistance, c’est l’indignation</em>. » C’est donc ce qu’a fait Pierre Jourde dans un article publié sur le site du Nouvel Obs que vous trouverez ici : <a href="http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/21/le-vieux-monsieur-indigne1.html" target="_blank">http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/21/le-vieux-monsieur-indigne1.html</a>.<br />
Pierre Jourde a trouvé des motifs d’indignation autres que ceux de Stéphane Hessel. Et alors, n&#8217;est-ce pas sa liberté ? Il est indigné par les propos de Stéphane Hessel. N’a-t-il pas le droit de l’écrire ? Visiblement non, à en juger par les commentaires d’une rare violence et d’une extrême mauvaise foi que plusieurs visiteurs ont laissés.</p>
<p>Ces mêmes personnes qui prennent la défense de Stéphane Hessel veulent censurer les motifs d’indignation de Pierre Jourde. Est-ce un travers de notre époque de glorifier certaines valeurs comme la liberté d’expression et de condamner dans le même temps ceux qui en font un autre usage que nous ? Peut-être pas.<br />
Tous les dictateurs ont usé de cette méthode. Beaucoup d’écrivains aussi, et parmi les plus grands, et à toutes les époques, et parmi les meilleures consciences de leurs siècles : Voltaire, Breton, Aragon, Sartre…</p>
<p>S’indigner de la cabale anti-israélienne relayée jour après jour par les médias, les <em>pipoles</em> et les bonnes consciences de l’époque ne serait pas un bon motif d’indignation. Ce serait simplement le signe d’une allégeance faite au pouvoir, au plus fort, au CRIF, aux financiers, aux Américains etc.<br />
Prendre la défense de l’État d’Israël, non pas pour tout ce qu’il fait mais par refus d’une lecture manichéenne et idéologique de l’histoire, ce serait se vendre au grand complot des puissances juives et capitalistes. Bizarrement, ce genre de discours a des airs de déjà-entendu, de petits relents céliniens, dieudonniens. Mais cela n’indigne pas les ardents défenseurs du livre de Stéphane Hessel.</p>
<p><strong>Un livre, vraiment ?</strong><br />
Plutôt, comme l’écrit Orimont Bolacre, un tract payant. Car c’est là que je voulais en venir, malgré ma digression initiale.<br />
À la demande de Renaud Camus, Orimont Bolacre a répondu à Stéphane Hessel par <em>J’y crois pas</em> ! Sans s’indigner à tout bout de champ, car on peut s’indigner de tout sans jamais rien faire (ce qui n’est pas du tout le cas de Stéphane Hessel, faut-il le rappeler ?), il s’interroge sur le succès médiatique et éditorial de <em>Indignez-vous !</em></p>
<p>Alors que Stéphane Hessel fustige une « <em>société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, […] où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la  Sécurité Sociale, […] où les médias sont entre les mains des nantis</em> », comment se fait-il, demande Orimont Bolacre que « <em>des petites maisons d’édition jusqu’ici inconnues du grand public, aux tirages confidentiels, propulsent en un clin d’œil un de leurs livres à la meilleure place, à côté de la caisse, et parviennent à subvenir à la demande par centaines de milliers d’exemplaires sans la moindre rupture de stocks</em> » ?</p>
<p>On se demande effectivement comment il est possible dans une telle société, si l’on approuve la justesse de l’analyse de Stéphane Hessel, que ce livre ait eu un tel succès médiatique et populaire ? Que toutes les télévisions et les radios aient invité Stéphane Hessel à venir en parler ? Qu’il ait vendu autant d’ouvrages en si peu de temps ? Les nantis s’indigneraient-ils autant que lui ? Ou ses motifs d’indignation ne feraient-ils que rejoindre ceux dont nous parle la presse à longueur de JT et de reportages ?</p>
<p>« <em>Aux jeunes, je dis : regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation – le traitement fait aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms.</em> »</p>
<p>Vraiment Monsieur Hessel, croyez-vous que les Français aient à rougir du sort qu’ils réservent aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms ? Croyez-vous que nous soyons revenus aux lois de Vichy et que la population s’en satisfasse ? Je crois que ce serait faire injure à la très grande majorité des Français. Quand M. Sarkozy et son gouvernement, qu’une infime partie de la France soutient encore aveuglément, demande à la police d’évacuer les camps de Roms, de déloger des sans-papiers, de freiner l’immigration, et même s’il le fait dans le respect de la loi (ce qui ne justifie pas un acte en soi car il y a aussi de mauvaises lois) tous les nantis de la presse, tous les nantis du showbiz et une très grande majorité de la France à leur suite s’indignent.</p>
<p>« <em>Sous quelles latitudes existe-t-il une nation qui s’efforce de recevoir mieux les étrangers que la France ? Qui met à leur disposition, dans le cadre de la loi, toute une panoplie d’aides matérielles financées par tous ? Et d’où vient que, par une tournure d’esprit incompréhensible, certains de ses habitants historiques, ceux qui ont la parole, tiennent sans cesse à rappeler son inguérissable xénophobie, son racisme latent, son manque d’ouverture à l’autre, son passé honteux ?</em> écrit Orimont Bolacre, jeune homme de 31 ans, faut-il le préciser ?</p>
<p>À croire que toutes les indignations se valent, on finit par s’indigner de tout et de n’importe quoi. Ne revenons même pas sur la vision manichéenne de Stéphane Hessel qui frise le grotesque concernant le conflit israélo-palestinien.<br />
Comment peut-on écrire sans rire : « <em>Je sais, le Hamas qui avait gagné les dernières élections législatives n’a pas pu éviter que des rockets soient envoyés sur les villes israéliennes en réponse à la situation d’isolement et de blocus dans laquelle se trouvent les Gazaouis</em>. » Ce qui est un peu plus étonnant, c’est que sa justification du terrorisme n’ait choqué personne, parmi toutes ces bonnes consciences. Est-ce parce qu’il la tire de Sartre et qu’un journaliste ne saurait s’attaquer à une telle « pointure » ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, et puisque j’ai à peu près le même âge que lui, il me semble avec Orimont Bolacre, qu’il y a bien d’autres choses dont il faudrait s’indigner aujourd’hui. (Non pas que le conflit israélo-palestinien ne puisse pas indigner mais cela me semble un peu plus complexe que ce qu’en dit M. Hessel.)</p>
<p>Évidemment, Monsieur Hessel, la très grande richesse des uns et la très grande pauvreté des autres nous indigne. Évidemment le racisme nous indigne. Évidemment, les morts nous indignent.<br />
Mais ce qui nous indigne aussi, c’est le sort que la France réserve à sa jeunesse. C’est le sort qu’elle promet à ceux qui l’ont faite depuis des siècles ; à ceux qui travaillent et ploient sous le poids des cotisations pour que ce pays puisse continuer de se glorifier d’avoir le meilleur système social du monde.</p>
<p>Ce qui nous indigne, c’est la vision en noir et blanc des nantis des médias, comme vous dites. Ce qui nous indigne, c’est de constater que vous-même, Monsieur Hessel, certainement à votre corps défendant, faites désormais partie de ces nantis qui, entrés dans l’Histoire, sont sortis de la vie. Ouvrez les yeux ! Les immigrés et sans-papiers bénéficient souvent de plus d’aides que les citoyens français. Quand un campement de roms est démantelé, toutes les télévisions sont là pour nous en informer. La France entière se mobilise pour les Roms. Là où j’habite, toute l’année sont organisées des manifestations autour de la culture des Roms, jusqu’à l’école publique.</p>
<p>Alors, non, vraiment, ne comparons pas ce qui se passe aujourd’hui à ce qui s’est passé sous l’occupation allemande ! Il y a certes des exaltés, des racistes, des zélateurs qui pondent des lois stupides en croyant se faire bien voir, il y a des nantis aussi, en France, mais ils sont une toute petite minorité.<br />
Il suffit de vivre comme un citoyen de base pour s’en rendre compte.</p>
<p><strong>Stéphane Hessel, <em>Indignez-vous !</em>, 28 pages, Indigène éditions.<br />
Orimont Bolacre, <em>J’y crois pas ! une réponse à Stéphane Hessel à la demande de Renaud Camus</em>, </strong><strong>30 pages, éditions David Reinharc et Parti de l’In-nocence.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Merci Pierre Jourde</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2011 13:47:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour vos livres et vos articles, vos coups de gueule et vos passions que vous savez si bien partager, merci. Merci pour le travail de mise en lumière des textes et des auteurs ; pour votre approche très souvent pertinente et neuve de la littérature et de la culture qui offre un vrai souffle de liberté [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Pierre-Jourde.jpg" alt="/" /><strong>Pour vos livres et vos articles, vos coups de gueule et vos passions que vous savez si bien partager, merci. Merci pour le travail de mise en lumière des textes et des auteurs ; pour votre approche très souvent pertinente et neuve de la littérature et de la culture qui offre un vrai souffle de liberté et de réflexion dans un monde où, trop souvent, les lectures et les écrits sont produits d’après un unique paradigme qui cache mal une idéologie de la domination et de l’asservissement de masse.</strong></p>
<p>Merci de nous avoir fait découvrir tant d’écrivains essentiels, de continuer de vous battre malgré « la fatigue du critique » pour que des œuvres comme celles de Valère Novarina, Eric Chevillard, Claude-Louis Combet, Marcel Schwob… soient rendues accessibles au plus grand nombre et dans le même temps, en dépit des attaques et des coups bas, de ne pas cesser de dégonfler les baudruches de l’écriture qui tentent de nous cacher les vraies richesses culturelles de notre époque.</p>
<p>Merci encore de tout ce que vos articles nous apprennent, nous qui ne le vivons pas de l’intérieur et devons nous en tenir aux seuls propos relayés par les medias, sur ce que l’on fait subir aux universitaires et aux enseignants, sur le travail de sape quasi systématique et idéologique de la culture, lequel pousse avec la force aveugle d’une machine lancée à plein régime vers la destruction d’une civilisation multiséculaire. Merci pour le travail de recherche absolument essentiel que vous réalisez et savez mettre à la portée du plus grand nombre, comme en témoignent notamment <em>La littérature sans estomac</em> et <em>Littérature monstre.</em></p>
<p>Merci enfin pour ce dernier livre <em>C’est la culture qu’on assassine</em> qui, en réunissant une petite cinquantaine d’articles publiés sur le site du Nouvel Obs nous éclaire et nous fait réfléchir infiniment plus sur l’état de la culture en France qu’une année entière de ce qu’on appelle des émissions culturelles à la télévision et qui, à de très rares exceptions près, n’abordent jamais les questions essentielles, celles que toute conscience humaine se pose un jour ou l’autre.</p>
<p>Ainsi celle-ci, qui, depuis des siècles, demeure aussi récurrente que sans réponse définitive : À quoi sert la littérature ?</p>
<p>« <em>A quoi elle sert ? A rien, on l’a vu. En tout cas rien d’immédiatement rentable. Pourtant, elle a fait en partie ce que nous sommes devenus. Elle donne intimement accès à l’autre, élargit le champ de la connaissance et la profondeur de l’expérience. ça ne se pèse pas, ça ne se monnaye pas, mais c’est essentiel. On comprend que les beaux discours sur l’inutilité de la littérature dans les concours, l’urgence de ne délivrer que des formations professionnalisantes, limitées aux étroites techniques d’un métier, puissent séduire ceux qui veulent entrer dans la vie active.<br />
Et puis, vingt-cinq ans après, on voit revenir à l’université des quinquagénaires, tout heureux de se plonger dans des études de lettres, passionnés par les cours. Ils ont compris qu’on ne vit pas seulement pour visser les boulons et payer les traites de la 307.<br />
Que tout homme désire aller plus loin que lui-même, approfondir ce qu’il est, trouver sa respiration dans l’étroitesse des vies programmées par les nécessités économiques. Ils se plongent avec délices dans l’inutile.<br />
Inutile, vraiment ? Je parierais que les gens qui se cultivent, et pour qui la culture est un élargissement des dimensions de l’être, sont aussi d’excellents professionnels.</em> »</p>
<p><strong>Pierre Jourde, <em>C’est la culture qu’on assassine</em>, 285 pages, Balland.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Remy de Gourmont, indécrottable épistolier des années 1900</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Feb 2011 08:30:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles Brochard</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Correspondance de Remy de Gourmont]]></category>
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		<description><![CDATA[Quoi de plus instructif que de lire et de découvrir la correspondance d’un auteur, d’un jeune homme qui se métamorphose en écrivain et que l’on découvre de façon impudique, avouons-le, prendre forme sous nos yeux au fil des lettres ? Car Remy de Gourmont (1858-1915) a toujours su qu’il serait écrivain. 
Le travail immense et [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/Gourmont2201.jpg" alt="/" /><strong>Quoi de plus instructif que de lire et de découvrir la correspondance d’un auteur, d’un jeune homme qui se métamorphose en écrivain et que l’on découvre de façon impudique, avouons-le, prendre forme sous nos yeux au fil des lettres ? Car Remy de Gourmont (1858-1915) a toujours su qu’il serait écrivain. </strong></p>
<p>Le travail immense et fouillé de Vincent Gogibu permet à nous lecteur d’appréhender un chantier littéraire et poétique tout aussi vaste que sa propension à tenir un courrier journalier. Sa Correspondance avec les femmes qu’il a aimées – principalement Berthe de Courrière (la Sixtine) ou Natalie Clifford-Barney (l’Amazone) est  à mettre sur le même plan que la correspondance de Balzac avec Mme Hanska ou celle de Flaubert avec Louise Collet.  C’est admirable de délicatesse et de style, de trouvailles et d’ingénuité.</p>
<p>Ses missives (1 200 au total adressées à plus de 200 destinataires) témoignent en même temps de l’air du temps de cette époque joyeuse et capricieuse. Ces années 1900 ont un fumet de dilettantisme et d’amusement qui encourage le bon mot, l’esprit caustique et la légèreté insouciante.</p>
<p>Comme le note dans sa brillante introduction Vincent Gogibu : Remy de Gourmont  dans ces années 1900-1909 « devient l’écrivain majeur de son époque et un phare vers lequel on se tourne ». Le voilà qui se détache du symbolisme  pour être alors « la conscience critique d’une génération », dixit T. S. Eliot.<br />
Il collabore au Mercure de France en se frottant à Alfred Valette, Rachilde et Léon Bloy. Il va se faire connaître par son fameux Livre des Masques, montrant clairement sa filiation, de Stéphane Mallarmé à Odilon Redon en passant, comme le souligne Vincent Gogibu, par Maurie Denis, Henry de Groux et Félix Vallotton.</p>
<p>Puis dès 1910, ce seront les querelles avec André Gide, la guerre qui éclate et son attachement viscéral à la gracieuse Nathalie qui lui fait voir la vie de façon lumineuse, remplie d’espérance. « On sait comment on aime, on ne sait jamais comment on est aimé », lui écrira t-il en février 1911.</p>
<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/GourmontCorrespondance200.jpg" alt="/" /><strong>Du côté des sceptiques</strong></p>
<p>Mais cette correspondance éclaire aussi le Gourmont si différent d’un Gide, du côté de l’art de la littérature et de la beauté. Lui se place résolument du côté « de l’esprit, de l’intelligence et de la quête de la vérité (que gênent parfois ses partis pris », explique Vincent Gogibu. Reste que Gourmont est un superbe styliste, qu’il joue avec la langue française, évoluant parfois vers une forme de scepticisme qui peut faire penser à Schopenhauer.<br />
Adepte du héros valéryen, on ne sera pas surpris de lire sous sa plume cet élan du cœur : « Mon œuvre véritable sera celle-ci : un être né avec la complète paralysie de tous les sens, en lequel ne fonctionne que le cerveau et l’appareil nutritif ». (Sixtine, roman de la vie cérébrale, 1890).</p>
<p>Il faut lire ses lettres les plus brûlantes adressées à Natalie Clifford-Barney (que Jean Chalon avait su magistralement évoqué dans son Chère Natalie Barney, Flammarion), dès leur rencontre en 1910. L’auteur du délicieux Eparpillements éblouie « l’esthète blessé ». « Vous voir me donne une provision de bonheur et me rend la vie plus facile » ; « Il me semble que vous répandez un air nouveau autour de moi. », s’exclame t-il, au-delà de son enchantement quasi maladif.</p>
<p><strong><br />
Correspondance de Remy de Gourmont<br />
Tome I (1867 – 1899), tome II (1900 – 1915)<br />
Réunie, préfacée et annotée par Vincent Gogibu<br />
Editions du Sandre, 39 € et 43 €.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Ouragan</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Feb 2011 16:19:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salsa Bertin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Actes Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Gaudé]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[ouragan]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>

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		<description><![CDATA[ Ouragan, sorte de huis-clos à ciel ouvert, marque un pas de plus dans  dans la recherche métaphysique de Laurent Gaudé.
On retrouve la technique romanesque de l&#8217;ancien prix Goncourt : l&#8217;alternance des chapitres entre passé et présent, un style sans fioritures, des phrases courtes et incisives, des émotions très contemporaines dans lesquelles,  l&#8217;homme moderne sans [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/ouragan160.jpg" alt="/" /><em> <strong>Ouragan</strong></em><strong>, sorte de huis-clos à ciel ouvert, marque un pas de plus dans  dans la recherche métaphysique de Laurent Gaudé.</strong></p>
<p>On retrouve la technique romanesque de l&#8217;ancien prix Goncourt : l&#8217;alternance des chapitres entre passé et présent, un style sans fioritures, des phrases courtes et incisives, des émotions très contemporaines dans lesquelles,  l&#8217;homme moderne sans référence religieuse se reconnaîtra.</p>
<p>Des habitants de la Nouvelle-Orléans se retrouvent prisonniers lorsque se lève l’ouragan : la vieille « négresse hors d’usage» Joséphine, recroquevillée sur sa négritude , des bagnards échappés qui tuent parce que c&#8217;est &laquo;&nbsp;leur rôle&raquo;&nbsp;, les retrouvailles d’amants éreintés par la vie, et le curé de la paroisse, aumônier de la prison, qui décide de tuer pour participer à la purification de la ville&#8230;<br />
Chacun représente une fidélité portée à son paroxysme dans une atmosphère d’Apocalypse.</p>
<p>Cette fidélité frénétique tourne à vide et plonge dans les abysses du mal car à quoi les protagonistes sont-ils fidèles ?À eux seuls. Une fable moderne.</p>
<p><strong>Laurent Gaudé, <em>Ouragan</em>, Actes Sud, 18€.</strong></p>
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		<title>La belle étoile</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/02/13/la-belle-etoile/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 08:22:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[fayard]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Védrines]]></category>
		<category><![CDATA[La belle étoile]]></category>

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		<description><![CDATA[La belle étoile est peut-être le plus beau roman de Jean Védrines.
Dans son précédent roman, L’Italie la nuit, Giovan l’exilé racontait les voyages au pays de ses ancêtres, cette Italie mangée par le soleil. C’étaient de petites anecdotes, des réminiscences décrites dans ce désordre que crée la mémoire affective, involontaire. Avec La belle étoile, son [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/la-belle-etoile.jpg" alt="/" /><strong><em>La belle étoile</em> est peut-être le plus beau roman de Jean Védrines.</strong></p>
<p>Dans son précédent roman, <em>L’Italie la nuit</em>, Giovan l’exilé racontait les voyages au pays de ses ancêtres, cette Italie mangée par le soleil. C’étaient de petites anecdotes, des réminiscences décrites dans ce désordre que crée la mémoire affective, involontaire. Avec <em>La belle étoile</em>, son enfance au pays de Bourbon, au bocage humide et pluvieux, la narration retrouve la linéarité de l’enfance, la voix simple et fraîche qui donne à l’écriture sa pleine maturité.</p>
<p>Il aura fallu qu’un enfant s’en empare pour que cette langue originale, patiemment mise au monde, livre après livre, prenne toute sa dimension, confère au récit une totale harmonie.<br />
Car la langue façonnée par Jean Védrines, obscure, rocailleuse, pudique, parfois déconcertante mais dans laquelle on se perd toujours avec ravissement, doit autant aux échos d’une enfance dans le Bourbonnais, qu’à cette Italie du sud qui lui est devenue une seconde patrie, la « patrie imaginaire » comme il l’appelle.</p>
<p>Jamais les Pouilles ne sont loin de lui et si <em>La belle étoile</em> se vit dans le bocage de son enfance, les souvenirs du jeune Giovan ressuscitent magnifiquement la ville lumineuse et sèche de Foggia, abandonnée par la volonté d’un père dont il aimerait percer le secret et qui se contente de lui donner pour réponse de belles pirouettes narratives de ce genre : « <em>Le père, il est venu ici parce qu’il aime l’eau, les averses. Et le vent d’ouest, aussi, qui souffle tout le temps, aux Bourbons, et qui est trempé, gorgé de pluie, une éponge</em>. » Comme si un enfant pouvait croire qu’on n’a pas de plus grandes et mystérieuses raisons de quitter sa famille et sa patrie que de venir trouver la pluie et ce mépris qui est le lot de l’immigré pauvre, déshérité.</p>
<p>Le plus grand talent de Jean Védrines réside dans cette habileté à décrire une atmosphère et faire surgir des images, à faire sentir et éprouver la sécheresse, le soleil qui tape fort sur la terre et les crânes, ou la pluie qui envahit tout, la rivière qui apparaît soudain comme une jeune femme, magnifique, effrayante.</p>
<p>En réalité, ce roman est un très bel hommage, dans la veine de Céline ou de Giono, que l’auteur aime à citer, à la langue du peuple, la langue du pauvre, Italien ou Français, dont les formulations et les inépuisables métaphores sont, avec l’attachement à la terre, les vraies, les authentiques richesses.<br />
C’est aussi, semble-t-il, un hommage à son père – il avait rendu hommage à l’aviateur Jules Védrines son grand-père dans <em>L’oiseau de plomb</em> – et, à travers lui, à tous les ouvriers résistants et révolutionnaires qui auront cru que la bourgeoisie pouvait être écrasée et un véritable communisme, probe et vertueux, établi. Un hommage à cet esprit révolutionnaire qui s’est peu à peu évanoui avec les illusions, avec la fierté ouvrière, qui s’est peut-être définitivement noyé dans le soulèvement de mai 68, insidieusement récupéré par la bourgeoisie qui aurait dû en faire les frais et a achevé de se discréditer avec les brigades rouges.</p>
<p>La France rurale et paysanne avait trouvé sa voix en Pierre Bergounioux, Richard Millet, Pierre Michon, Marie-Hélène Lafon ; Jean Védrines incarne celle des ouvriers, ces autres grands déshérités du XXe siècle, cette autre classe qui achève de se dissoudre dans l’anonymat qui apparaît comme le visage du nouveau siècle.</p>
<p>Jean Védrines, <em>La belle étoile</em>, 348 pages, Fayard.</p>
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		<title>Prix Chateaubriand : François d&#8217;Assise d&#8217;André Vauchez</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Feb 2011 12:34:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Créé par le conseil général des Hauts-de-Seine, le Grand Prix d&#8217;Histoire Chateaubriand de l&#8217;année 2010 a été remis à la Vallée-aux-Loups pour sa vingt-quatrième édition à André Vauchez, professeur émérite à l&#8217;université Paris X Nanterre, membre de l&#8217;Institut, qui fut directeur de l&#8217;Ecole française de Rome et membre du conseil scientifique de la Société internationale [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/françois-dassise350.jpg" alt="/" /><strong>Créé par le conseil général des Hauts-de-Seine, le Grand Prix d&#8217;Histoire Chateaubriand de l&#8217;année 2010 a été remis à la Vallée-aux-Loups pour sa vingt-quatrième édition à André Vauchez, professeur émérite à l&#8217;université Paris X Nanterre, membre de l&#8217;Institut, qui fut directeur de l&#8217;Ecole française de Rome et membre du conseil scientifique de la Société internationale d&#8217;études franciscaines d&#8217;Assise. Après Emmanuel de Waresquiel en 2008 et Emmanuel Fureix en 2009, éminents spécialistes du XIX° siècle et précédents lauréats, un médiéviste de renom est honoré à son tour par cette prestigieuse distinction. </strong></p>
<p>L&#8217;ouvrage couronné s&#8217;intitule &laquo;&nbsp;François d&#8217;Assise. Entre histoire et mémoire&raquo;&nbsp; et a été publié chez Fayard. L&#8217;auteur, en grand connaisseur de la société italienne médiévale, sait nous restituer le cadre historique où évolua François, ainsi que les multiples aspects de sa vie, mais de cette véritable somme, du plus haut intérêt, retenons l&#8217;apport le plus neuf, l&#8217;analyse de l&#8217;image de saint François du Moyen Age à nos jours : &laquo;&nbsp;je le définis comme un prophète, c&#8217;est-à-dire comme quelqu&#8217;un qui était en avance sur son temps&raquo;&nbsp;, précise-t-il.</p>
<p>Si le Poverello (1182-1226), devenu le saint patron de l&#8217;Italie en 1939, se détache avec éclat au premier rang des témoins marquants de l&#8217;histoire de la chrétienté, &laquo;&nbsp;depuis longtemps célèbre et universellement reconnu comme l&#8217;une des grandes figures spirituelles de l&#8217;humanité&raquo;&nbsp;, il ne pouvait que susciter une invincible attraction sur les esprits les plus remarquables. Dès le début du XIV° siècle, <em>la Divine Comédie </em>de Dante l&#8217;évoquait en ces termes :</p>
<p><em>Veuve de son premier époux, la Pauvreté<br />
Mille cent ans et plus dédaignée et obscure,<br />
Resta jusqu&#8217;à lui (François) sans prétendant.</em></p>
<p>Renan lui-même n&#8217;a pas hésité à le placer aux sommets : &laquo;&nbsp;On peut dire que, depuis Jésus, François d&#8217;Assise a été le seul parfait chrétien. Ce qui fait sa singularité, c&#8217;est d&#8217;avoir, avec une foi et un amour sans bornes, entreprit l&#8217;accomplissement du programme de Galilée&raquo;&nbsp;. Plus récemment, en 1983, Julien Green, dans son &laquo;&nbsp;Frère François&raquo;&nbsp;, souligna  à son tour ce caractère d&#8217;exception qui s&#8217;attache à son souvenir : &laquo;&nbsp;Dieu nous a offert son évangile une seconde fois, à mille deux cents ans de distance&raquo;&nbsp;.</p>
<p>Ainsi, André Vauchez relève la reprise par ces auteurs du thème médiéval &laquo;&nbsp;François, second Christ&raquo;&nbsp;. Avec talent, il développe le thème de la séduction exercée sur ces  écrivains exigeants par celui qui incarna si fortement &laquo;&nbsp;le symbole d&#8217;une fraternisation entre les classes sociales&raquo;&nbsp; et fut &laquo;&nbsp;l&#8217;instrument d&#8217;une régénération de la société chrétienne rongée par l&#8217;individualisme et l&#8217;argent&#8230;&raquo;&nbsp;    &raquo;&nbsp;Relisant l&#8217;Evangile à la lumière de son expérience personnelle et de sa culture citadine et chevaleresque, François a choisi de suivre un Christ pauvre et mendiant, toujours en chemin et partageant avec les marginaux la précarité de leurs conditions de vie&#8230;<br />
Il incarne aux yeux de beaucoup de nos contemporains l&#8217;essence du christianisme à l&#8217;état pur, dans la mesure où il aurait été le premier vrai chrétien depuis Jésus Christ.&raquo;&nbsp;</p>
<p>Bruno Centorame<br />
Historien et historien de l&#8217;art, diplômé de l&#8217;EHESS.<br />
Dernier ouvrage paru :<em> Les illustrateurs de l&#8217;oeuvre de Barbey d&#8217;Aurevilly</em>, Isoète, 2008.</p>
<p><strong>André Vauchez, <em>François d&#8217;Assise,</em> Fayard.<br />
</strong></p>
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		<title>Pour en finir avec l’obscurité</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Jan 2011 09:34:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[éditions Léo Scheer]]></category>
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		<category><![CDATA[roman]]></category>
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		<description><![CDATA[Un vieil alcoolique finit de se saouler au comptoir du bar où il a élu domicile quand un grand blond costaud entre et lui paye un verre. Ils échangent quelques paroles puis le grand costaud repart, laissant l’autre à ses rêveries d’ivrogne. Et c’est en quittant le bar que ce dernier découvre quelque chose qui [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/pour-en-finir-avec-lobscurite.jpg" alt="/" /><strong>Un vieil alcoolique finit de se saouler au comptoir du bar où il a élu domicile quand un grand blond costaud entre et lui paye un verre. Ils échangent quelques paroles puis le grand costaud repart, laissant l’autre à ses rêveries d’ivrogne. Et c’est en quittant le bar que ce dernier découvre quelque chose qui va bouleverser sa vie.</strong></p>
<p>Après le <em>Complot des apparences </em>publié l’an passé, on attendait beaucoup du second roman de Sacha Ramos et l’on doit bien convenir que si <em>Pour en finir avec l’obscurité </em>est très drôle, plein de cet humour grinçant et ironique qu’on retrouve avec plaisir dans les mots de Sacha Ramos, on reste un peu sur notre faim.</p>
<p>La deuxième partie du livre est très belle mais les séances SM avec le groupe de dépressifs anonymes, pour aussi véridiques qu’elles soient, comme l’affirme l’auteur, frisent parfois la  caricature. Bien entendu, ces gens-là se caricaturent eux-mêmes et l’auteur ne fait que dépeindre leur monde affreux où tout ne doit plus être que transparence, renoncement de soi, confessions publiques, décervelages en bonne et due forme, seulement à quoi peut conduire cette critique ?<br />
Elle fera rire ceux pour qui ce genre de séances d’abrutissement et de négation de soi sont évidemment effrayantes, rire de ce grand rire salvateur qu’affectionnait Philippe Muray ; mais fera-t-elle douter les thuriféraires de la transparence, les acharnés de la haine du mystère, les pourfendeurs de l’obscurité, qui préfèreront toujours la lumière des néons à la poésie du crépuscule ? Le rire est-il encore à la portée de ces gens-là ? Sont-ils même capables de comprendre le message du livre ? Il est à craindre que non. Autant essayer d’expliquer à Julian Assange qu’il y a des choses qu’il vaut mieux taire, que le silence aussi a ses vertus.</p>
<p>En ce sens, il ne fait aucun doute que certains passeront un grand moment de jouissance à la lecture de ce roman, mais qu’il demeurera éternellement hermétique et foncièrement réactionnaire à d’autres.</p>
<p>A moins bien entendu que le rôle de l’écrivain, pour aussi désespéré qu’il soit, n’en demeure pas moins de décrire les absurdités et les aberrations du monde dans lequel il vit et que l’on parie que le rire puisse sauver le monde et faire revenir les fous à la raison.</p>
<p><strong>Sacha Ramos, <em>Pour en finir avec l’obscurité</em>, Editions Léo Scheer, 185 pages.</strong></p>
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		<title>La société du mépris de soi</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2011/01/17/la-societe-du-mepris-de-soi/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 15:26:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans un bref essai sous-titré De L’Urinoir de Duchamp aux suicidés de France Télécom, François Chevallier établit le diagnostique de notre « dé-civilisation » occidentale.
Des premiers ready-made de Duchamp aux suicides que la France éprouve depuis quelques années dans une ancienne entreprise d’Etat, sans que cela semble remuer outre mesure nos consciences endormies, le lien n’est pas [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/CHEVALIER-François2.jpg" alt="/" /><strong>Dans un bref essai sous-titré <em>De </em>L’Urinoir <em>de Duchamp aux suicidés de France Télécom</em>, François Chevallier établit le diagnostique de notre « dé-civilisation » occidentale.</strong></p>
<p>Des premiers <em>ready-made</em> de Duchamp aux suicides que la France éprouve depuis quelques années dans une ancienne entreprise d’Etat, sans que cela semble remuer outre mesure nos consciences endormies, le lien n’est pas évident d’emblée, et pourtant l’auteur nous en convainc : ces gestes ont tous pour origine le mépris de soi.</p>
<p>Car, démontre François Chevallier, l’homme moderne, le post-moderniste occidental, ayant perdu toute estime de soi et donc de l’autre, n’est plus même en mesure de se révolter et trouve plus logique de se suicider que de s’en prendre à ceux qui le poussent au déni de soi.</p>
<p>« <em>Disons-le </em>froidement écrit-il,<em> qu’aucun des « suicidés de France Telecom », ou d’ailleurs, n’ait tenté de casser la gueule de ses supérieurs, de mettre une bombe sous les pieds du conseil d’administration ou d’entraîner avec lui dans la mort l’un ou l’autre des cadres responsables de son désespoir est une disgrâce pour l’humanité.</em> »</p>
<p><strong>En exposant un urinoir, Marcel Duchamp n’a pas créé un monde surgi de son imagination mais illustré ce vers quoi le monde occidental était en train de se diriger.</strong> Par ce geste qui était refus de tout ce qui avait nourri et codifié l’art depuis des siècles, il rejetait d’un coup tout ce sur quoi les hommes avaient trouvé à s’appuyer pour partager un monde commun. Car qu’y a-t-il à voir dans un urinoir semblable à tous les urinoirs ? Rien qui puisse satisfaire l’œil ou la sensibilité d’un spectateur ; rien qui ne soit qu’une réflexion personnelle dont Duchamp ne donne pas la clé.</p>
<p>Par ce geste écrit François Chavallier, Duchamp <em> « mettait fin bel et bien à l’extraordinaire système d’échanges de flux subjectifs à travers l’espace et le temps qu’avait constitué jusqu’ici la création de formes chargées d’un sens à la fois inédit et accessible à tout être doué de conscience. Et surtout, ce qui était sans doute le but réel de l’opération, il interdisait à cet « autre » qu’est le spectateur toute possibilité d’accès aux chambres secrètes de son intériorité (faisant de l’essentiel de son œuvre un ensemble de rébus enfouis dans des « boites en valise » ou planquées derrière des portes sans loquet). »</em></p>
<p>Cette « démarche artistique » purement intellectuelle doit se comprendre comme un refus total et irrémédiable de s’attacher à des formes qui puissent toucher la sensibilité du spectateur comme l’avait été toute forme d’art jusqu’alors.</p>
<p><strong>« <em>Cette incapacité à penser l’art comme l’expression non pas de l’« esprit » d’un individu mais de la totalité de son être est à l’origine de tous les malentendus »</em></strong> écrit encore François Chevallier.  Dès lors, l’art n’était plus pour Duchamp et tous ceux qui se placeraient dans sa filiation que l’illustration d’êtres narcissiques qui, au lieu de donner à voir une œuvre, se mettaient eux-mêmes sur le devant de la scène en exposant des objets sans signification propre dont eux seuls pouvaient avoir l’explication et qui rejetaient de ce fait toute communion avec l’autre. C’est au final le geste de grands enfants immatures produisant n’importe quoi pour attirer l’attention vers eux, sans saisir qu’en rejetant l’autre, ils l’empêchent également de jamais le comprendre et que toute l’admiration ou l’argent qu’ils pourront récolter pour cela ne pallieront jamais le manque affectif qui fut la genèse de leur acte.</p>
<p>La Nouvelle Vague cinématographique ne serait ainsi selon François Chevallier, que l’illustration de ce phénomène. Des films de Godard tels que <em>Pierrot le fou</em> sont totalement déstructurés et incompréhensibles, les <em>quatre cents coups</em> de Truffaut et <em>Hiroschima mon amour </em>de Resnais ou encore <em>le Genou de Claire </em>de Rohmer mettent en scène des personnages sans colonne vertébrale qui, méprisant l’autre et se méprisant eux-mêmes, se laissent porter par la vague, n’ayant aucune volonté propre, aucun désir qui ne leur soit imposé.</p>
<p><strong>Nous sommes dans « <em>une manifestation idéologique de l’idéologie du refus de l’idéologie !</em> »</strong></p>
<p>Or explique-t-il « <em>faute d’un désir de vie créant une métamorphose poétique, toute apparence prétendument « objective » élaborée par un artiste ne peut renvoyer qu’à sa « souffrance » existentielle, tueuse de ce désir dont l’absence le livre sans défense à la domination permanente de sa pulsion de mort. En art rien n’est jamais innocent, il n’y a pas de forme « objective » car il n’y a pas de désir neutre, et se cacher derrière la raison pour construire une œuvre ne garantit pas qu’on ne fournisse pas involontairement à l’autre une échappée sur nos déraisons. Créer une œuvre volontairement « in-signifiante » en dit autant sur l’artiste que s’il en crée une pleine de sens.</em> »</p>
<p>Comment ne pas penser encore à Houellebecq à la lecture de ce passage ? A cet être terne et sans passion qui assume la même platitude que ses personnages et dont la description censément objective du monde, nourrie de positivisme, n’est que l’envers de cette « <em>domination permanente de sa pulsion de mort</em> » décrite par François Chevallier ; n’est que la mauvaise interprétation du monde par un homme reclus sur lui-même et dont le seul objectif est d’attirer, par des insultes et des <em>formules choc, </em>l’attention des autres, de ces autres qu’il méprise profondément – en témoigne la <em>littérature</em> qu’il leur livre – mais dont il ne refuse pas les honneurs. On pourrait notamment examiner, dans son dernier roman, le rôle de Damien Hirst et Jeff Koons, ces deux « artistes » du néant dont la cotation des œuvres sur les marchés de l’art et l’image médiatique sont les premiers soucis.</p>
<p>Dans une société où le contact avec l’autre n’est plus perçu comme un enrichissement, comme une force vitale, on peut encore dans le meilleur des cas tolérer l’autre, dans le pire le mépriser et l’humilier. Schéma classique du narcissisme qui ne peut fonctionner que dans un rapport dominant/dominé. Le roman contemporain est très significatif de cet état de la société.  Comme l’écrit Olivier Bessard-Banquy dans <em>Sexe et littérature aujourd’hui</em>, « <em>le roman contemporain pose au lieu de démontrer, dit au lieu d’évoquer, d’illustrer, de faire sentir ou comprendre</em>. » Comme si, le narcissisme ayant contaminé toutes les relations, il n’était plus possible que d’imposer à l’autre sa façon de voir, sans pouvoir lui faire ressentir ou lui transmettre un sentiment, une admiration, une crainte. Faute d’avoir encore un désir à soi et une subjectivité assumée (politique, religieuse, sexuelle…) il n’est plus possible d’admettre celle de l’autre. Il devient dès lors impossible et même inutile d’essayer de le comprendre.</p>
<p><strong><em>« Dans une société de malades, les plus atteints prennent naturellement le leadership. »</em></strong></p>
<p>Ainsi, dans un monde où chacun méprise l’autre parce qu’il se méprise d’abord, l’art n’étant pas coupable de ce mépris de soi mais en étant la parfaite illustration, il ne faut pas s’étonner que des employés, broyés par leurs supérieurs et par des directives qui font peu de cas de l’individualité des êtres, finissent par se suicider, ne trouvant même plus au fond d’eux la révolte nécessaire et salutaire pour continuer de vivre. Dans ces suicides à la chaîne, François Chevallier se demande quelle est la part de responsabilité qui revient aux dirigeants des grandes entreprises, à tous ces <em>managers </em>formatés par l’ENA, l’X, HEC et consorts, des écoles où l’on fait l’impasse sur les humanités, lesquelles permettent de comprendre la complexité de l’être humain, au profit du <em>management</em> des équipes, considérées non plus comme autant d’individualités mais comme une « masse salariale » prise en compte en terme de rentabilité. Dans cette perspective, quelle place reste-t-il pour l’être humain dont l’identité et l’altérité sont sans cesse bafouées puisqu’il n’est vu que comme un rouage au sein d’une grande machinerie ? On peut aussi mettre en question la part de responsabilité des politiciens et des fonctionnaires d’Etat qu’un narcissisme illimité pousse à chercher constamment le pouvoir et l’argent pour se persuader de leur existence. De ces hommes qui veulent se cacher leur mépris d’eux-mêmes en méprisant ceux qu’ils dirigent. Quelle est la responsabilité de tous ces <em>executive managers </em>et<em> </em>DRH<em> </em>au service de l’entreprise dont le seul but est d’écraser les personnalités en vue d’une meilleure rentabilité ?</p>
<p>« <em>Tous ces brillants comptables archidiplômés forment une armée de porteurs de mort sans conscience, se qualifiant parfois eux-mêmes avec une fierté infantile, en hommage à leur manque total d’humanité, de </em>killers<em>. Des tueurs de pauvres au service de la plus sordide des causes : la cupidité.</em> »</p>
<p>Lorsque l’an passé, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus, Nicolas Sarkozy expliquait que « <em>ce serait un symbole extraordinaire de faire entrer Albert Camus au Panthéon</em> », nous aurions voulu lui proposer de commencer par lire ce que Camus avait écrit et de le méditer : « <em>Le fascisme, c’est le mépris […] Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme</em> ».</p>
<p>Ce n’est pas en récupérant les reliques d’hommes libres et humanistes que l’on s’achète une conscience et, à ce compte-là, nous ne pouvons que soutenir la famille du défunt contre cette tentative de récupération politique.</p>
<p><strong>François Chevallier, <em>La société du mépris de soi</em>, <em>De l’Urinoir de Duchamp aux suicidés de France Télécom</em>, Gallimard, 120 pages, 9,50€.</strong></p>
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		<title>Richard Millet : pour une littérature vraie</title>
		<link>http://www.culturemag.fr/2010/12/17/richard-millet-pour-une-litterature-vraie/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Dec 2010 09:47:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Richard Millet est entré en guerre à vingt ans. Il semble n’avoir jamais déposé les armes depuis. Si ce n’est plus avec un fusil d’assaut qu’il se bat, il n’en est pas moins demeuré le franc-tireur de sa jeunesse libanaise, combattant désormais un monde moins violent physiquement mais non moins hostile, celui du Nouvel Ordre [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/lenfer-du-roman.jpg" alt="/" /><strong>Richard Millet est entré en guerre à vingt ans. Il semble n’avoir jamais déposé les armes depuis.</strong> <strong>Si ce n’est plus avec un fusil d’assaut qu’il se bat, il n’en est pas moins demeuré le franc-tireur de sa jeunesse libanaise, combattant désormais un monde moins violent physiquement mais non moins hostile, celui du Nouvel Ordre moral comme il l’appelle, qui étend sa domination par la culture de masse.</strong></p>
<p>Dans <em>L’enfer du roman</em>, sous-titré <em>Réflexions sur la postlittérature</em>, il dispense 555 réflexions comme autant de coups bien portés au roman actuel qui étend son hégémonie comme la peste par-delà les barrières culturelles qu’on chercherait en vain, la culture américaine ayant englobé le monde dans sa langue décadente qui n’a d’équivalent que les fast-foods aseptisés et sans goût qu’elle propage dans le béton des villes industrielles avec la rapidité d’une bactérie.</p>
<p>Ce qui pose problème pour Millet n’est pas la langue anglaise en soi, ni la littérature américaine dont Faulkner, James, Melville, Hemingway et d’autres encore ont prouvé qu’elle pouvait se hisser au faîte de la littérature occidentale, mais plutôt le délitement de la littérature qui s’opère par cette langue devenue hégémonique depuis un demi-siècle et qui, parce que langue de domination et de globalisation, a imposé une écriture standard, immédiatement traduisible en toutes langues comme seul paradigme possible aux auteurs postmodernes, faisant perdre toute spécificité aux différentes langues et cultures du monde. Ce qu’il déplore est qu’il n’y ait plus une littérature propre à la France, à l’Angleterre, à l’Allemagne ou à l’Italie mais une seule et même voix qui cherche à imiter la langue déstructurée et appauvrie de l’Amérique actuelle.</p>
<p>Plus qu’un essai ou qu’un pamphlet, ce recueil de réflexions apparaît au final comme un manifeste pour une littérature qui se réapproprie ses racines plutôt que de chercher coûte que coûte à se faire pardonner un passé qu’elle ne veut plus assumer, croyant que la modernité ne peut être que du côté de la pensée anglo-saxonne, alors que ce que la littérature américaine a de plus grand, c’est d’abord à l’Europe et à la France qu’elle le doit.</p>
<p>Membre du comité de lecture de la plus grande maison d’édition française, lecteur à la fois passionné et professionnel, Richard Millet sait de quoi il parle lorsqu’il s’attaque à ce qu’il définit comme la postlittérature. Il sait également de quoi il parle quand il compare sa pauvreté et son uniformisation à la grande littérature qu’a produite la langue française et qui fit d’elle pendant quelques siècles la langue des élites, de la diplomatie et de la culture.</p>
<p>Tout combat étant, devant être en même temps acte d’amour, la violence qu’il déploie à l’égard d’une littérature falsificatrice laisse cependant deviner en filigrane la passion qu’il voue à la vraie littérature, c’est-à-dire à celle qui cherche à s’élever au-dessus de la bassesse de l’homme, offrant la possibilité d’une rencontre des esprits dans une dimension verticale et non plus dans cette horizontalité qui agglutine les hommes en une masse informe et sans désir profond.</p>
<p>Si le plupart des réflexions de l’écrivain touchent dans le mille, on peut néanmoins regretter cette posture qu’adopte une fois de plus Millet, comme un désespoir d’apparat qui pourrait nous faire croire que les lecteurs et les écrivains sont une espèce en voie de disparition et qu’il n’y a plus rien à attendre de notre époque. Ce désespoir ne pouvant être aveuglement chez lui, qui sait aussi bien que nous combien rares sont les vrais écrivains dans chaque époque et combien ils se sont toujours sentis seuls, mis au ban de leur société, la plupart du temps reconnus après leur mort pour ce qu’ils étaient vraiment, nous sommes tentés d’en déduire que ce désespoir affecté n’est que l’orgueil d’un écrivain qui, pour aussi talentueux qu’il soit, n’est pas le seul ni le dernier aujourd’hui à savoir manier sa langue et à préférer Chateaubriand, Faulkner ou Melville aux centaines de romans sans lendemain qui paraissent chaque année.</p>
<p>En même temps que <em>L’enfer du roman</em> et comme pour prouver que le dramatique état des lieux de la littérature qu’il dresse ne l’empêche toutefois pas d’écrire, Millet publie <em>Tarnac</em>, un bref récit qui vient se placer dans sa longue reconstruction d’un monde à peu près disparu, entamée il y a presque trente ans.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Richard Millet, <em>L’enfer du roman, réflexions sur la postlittérature</em>, Gallimard, 276 pages.<br />
<em>Tarnac</em>, récit, L’arpenteur, Gallimard, 83 pages.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Tout sur l’art</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Dec 2010 08:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Falcone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Flammarion]]></category>
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		<category><![CDATA[Tout sur l’art]]></category>

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		<description><![CDATA[Flammarion publie dans sa collection skira une sorte d’encyclopédie de l’art qui se veut un panorama des mouvements et des chefs d’œuvre comme l’explique le sous-titre. 
Énorme livre réalisé sous la direction de Stephen Farthing, artiste et préfacé par Richard Cork, historien de l’art et conservateur en Grande-Bretagne, il a pour objectif de condenser toute [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/tout-sur-lart.jpg" alt="/" /><strong>Flammarion publie dans sa collection skira une sorte d’encyclopédie de l’art qui se veut un panorama des mouvements et des chefs d’œuvre comme l’explique le sous-titre. </strong></p>
<p>Énorme livre réalisé sous la direction de Stephen Farthing, artiste et préfacé par Richard Cork, historien de l’art et conservateur en Grande-Bretagne, il a pour objectif de condenser toute l’histoire de l’art de la préhistoire à nos jours.<br />
Chaque double page est consacrée soit à un artiste emblématique, soit à un mouvement artistique important, l’article étant illustré par un ou plusieurs tableaux célèbres dont quelques détails sont mis en avant.<br />
Si le projet peut paraître un peu trop ambitieux, il permet toutefois un réel aperçu de l’art au travers des siècles et peut permettre une bonne entrée en matière pour des amateurs soucieux d’embrasser les arts plastiques et picturaux d’un large coup d’œil.</p>
<p>Malgré ces qualités certaines, on peut néanmoins regretter, outre un grand nombre de coquilles dans les textes, certaines absences notables, malheureusement courantes dans les livres d’histoire de l’art réalisés par les anglo-saxons, lesquels n’ont, semble-t-il, pas tout à fait les mêmes priorités que nous, consacrant une large place à certains artistes qui pour nous seraient secondaires et ne parlant pas du tout d’autres qui nous paraissent essentiels.</p>
<p>Ainsi, aucune référence n’est-elle faite à l’époque Art Déco, à la seconde école de Paris, à Soulages, Olivier Debré, Twombly ou encore Boltanski pour ne parler que de l’époque moderne.</p>
<p>Le livre reste cependant intéressant, à condition de ne pas y chercher une connaissance très approfondie des mouvements et artistes.</p>
<p><strong><em>Tout sur l’art</em>, <em>panorama des mouvements et chefs-d’œuvres</em>, Flammarion, 576 pages, 29,90 €.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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		<title>Alfred de Musset, la grâce obstinée</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 10:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salsa Bertin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture : cultivez votre intellect !]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Cerf]]></category>
		<category><![CDATA[essai]]></category>
		<category><![CDATA[George Sand]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Musset]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour célébrer l&#8217;année Musset, né le 11 décembre 1810, un très joli petit essai nous permet d&#8217;entrer dans &#171;&#160;la grâce obstinée&#187;&#160; du poète romantique. Un élégant mélancolique, épris de légèreté comme d&#8217;une valeur absolue.
Né en décembre 1810, Alfred de Musset est né trop tard. Trop tard pour les gloires des campagnes napoléoniennes, trop tard pour [...]<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="padding:1px; border:1px solid #000000; background:#ffffff; margin-top: 0; margin-right: 5px; margin-bottom: 2px; margin-left: 0; float:left;" title="Le Relais de Bonnezeaux" src="http://www.culturemag.fr/wp-content/themes/mimbo2.2/images/musset164.jpg" alt="/" /><strong>Pour célébrer l&#8217;année Musset, né le 11 décembre 1810, un très joli petit essai nous permet d&#8217;entrer dans &laquo;&nbsp;la grâce obstinée&raquo;&nbsp; du poète romantique. Un élégant mélancolique, épris de légèreté comme d&#8217;une valeur absolue.</strong></p>
<p>Né en décembre 1810, Alfred de Musset est né trop tard. Trop tard pour les gloires des campagnes napoléoniennes, trop tard pour le panache de la monarchie&#8230;<br />
En délicatesse avec le courant romantique et les poètes du Cénacle, il fait profession de poésie. Un point c&#8217;est tout. Il se méfie des grandes théories littéraires, de l&#8217;engagement politique, des idéaux. Cette impression de vivre sur des ruines, dans un monde d&#8217;artifice, lui inspire la légèreté.<br />
Il se méfie de la grandeur. La légèreté comme règle de vie, de poésie. Une légèreté qui fait de lui l&#8217;héritier de l&#8217;esprit français. Lui, le dandy élégant.</p>
<p>Dandy épuisé par un appétit de vivre qui confine au suicide, il pratique un hédonisme singulier; celui  de l&#8217;alcool, des drogues, des femmes, un peu à l&#8217;image du personnage de Rolla, ce jeune homme de 19 ans, une belle âme qui descend aux enfers.<br />
Où il s&#8217;agit de quitter la vie sans y renoncer.</p>
<p>Il rejette les formes grandiloquentes du romantisme, tout en étant lui-même fort élégiaque &#8211; la mélancolie comme profession de foi, celui de l&#8217;homme moderne qui ne possède plus d&#8217;adjuvant au vide. Il n&#8217;a pas quarante ans lorsqu&#8217;il fait graver son épitaphe :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le seul bien qui me reste au monde<br />
Est d&#8217;avoir quelquefois pleuré.&raquo;&nbsp;</em></p>
<p>Amant tourmenté de Georges Sand, cette passion dévorante permet à l&#8217;écrivain de se révéler à lui-même. Pendant et après cette relation tumultueuse, les oeuvres majeures théâtrales de Musset (<em>Lorenzaccio</em>&#8230;) virent le jour.</p>
<p>Mais &laquo;&nbsp;On ne badine pas avec l&#8217;amour&raquo;&nbsp;. C&#8217;est un jeu tragique qui peut mener à la mort de l&#8217;autre. Voilà ce que disent ses textes.</p>
<p>Il est le  grand dramaturge du romantisme mais bien plus que cela : il est l&#8217;inventeur du théâtre moderne.  Il écrit dans une totale liberté car il n&#8217;écrit pas pour la scène mais pour être lu. Pour autant, l&#8217;intensité est telle dans ces textes, qu&#8217;elle est naturellement tournée vers la scène. <em>Lorenzaccio</em> stimule le théâtre comme jamais car la mise en scène devient une gageure.</p>
<p>Héritier de toute l&#8217;histoire du théâtre, il a l&#8217;intelligence de défendre le théâtre classique et parodie Shakespeare d&#8217;une manière magistrale et unique avec <em>Lorenzaccio</em>.<br />
L&#8217;être mussetien est pluriel, les doubles sont omniprésents et représentent les contraires qui habitent les personnages. Mais aussi les phénomènes de dédoublement de la personnalité chez Musset, comme cette crise dans la forêt de Fontainebleau, en compagnie de George Sand, où il voit passer un jeune homme qui n&#8217;est autre que&#8230; lui !<br />
Il faut passer par la médiation du masque pour atteindre la vérité. En cela encore, il s&#8217;inscrit dans la grande tradition théâtrale issue de l&#8217;Antiquité.</p>
<p>Un essai pétri de sensibilité qui effleure l&#8217;âme d&#8217;un poète à l&#8217;âme meurtrie dont la légèreté revendiquée était une forme d&#8217;espérance.<br />
<strong><br />
Emmanuel Godo<br />
<em>Une grâce obstinée, Musset</em><br />
Cerf, Coll. Histoire, 2010, 218 p., 22 euros.</strong></p>
<p>Article issu de CultureMag.fr : <a href="http://www.culturemag.fr">CultureMag, La culture en libert&eacute;</a></p>
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