Nouvelle vie pour La Belle Vie

LA BELLE VIE – SAINT-HILAIRE-D’OZILHAN

Une maison gastronomique en Provence gardoise

Une renaissance entre vignes et mémoire

Il y a des maisons qui, sans faire de bruit, marquent une époque. Des lieux de vie, de fêtes, de souvenirs partagés. À Saint-Hilaire-d’Ozilhan, village baigné de lumière à deux pas du Pont du Gard, La Belle Vie appartient à cette catégorie rare. Aujourd’hui, cette adresse chargée d’histoires connaît une nouvelle jeunesse, sous l’impulsion d’un duo aussi discret que passionné : le chef étoilé Denis Martin et son épouse Joana.

Repris, restauré, repensé, l’établissement n’a rien perdu de son âme. Mieux, il a gagné en justesse et en caractère. Le projet, mûrement réfléchi, n’a rien d’un coup d’éclat. Il s’inscrit dans la durée, avec la volonté d’offrir une expérience sincère, à taille humaine, au croisement du goût, de l’hospitalité et du terroir.

L’hôtel : vivre la douceur du Sud

Le lieu, à lui seul, mérite le détour. Derrière les murs épais d’une bâtisse du XIXe siècle, neuf chambres et suites — vastes, lumineuses, ouvertes sur la nature — accueillent les voyageurs en quête de calme et d’élégance. Les matériaux sont bruts, les couleurs douces, le confort feutré.

Deux piscines, un petit jardin paysager, des coins de lecture ou de sieste sous les platanes : ici, on ralentit, on respire, on savoure. Chaque espace est pensé comme un refuge. On y vient pour un week-end amoureux, une étape sur la route du Sud, ou tout simplement pour s’offrir une parenthèse. Une vraie maison, pas un hôtel formaté.

Nous raffolons du côté intimiste et de bon goût sans ostentation.

Une cuisine d’auteur enracinée dans le vivant

Mais c’est bien à table que La Belle Vie affirme sa signature. En cuisine, Denis Martin donne le ton avec une proposition gastronomique personnelle, lisible et profondément habitée. Pas de surjeu, pas d’effet de manche. Juste des assiettes pensées, ciselées, qui parlent de terroir, de saisons, de mémoire.

Ici, la Provence n’est pas une carte postale. Elle est cuisinée.
On y retrouve le végétal, la cuisson maîtrisée, les jus courts, les viandes bien sourcées, les touches fraîches ou fumées selon l’inspiration. Comme ces succulentes tomates cerises du Jardin d’Alix semi confites, amandes fraiches et citron confit. Eau de tomate infusée à la feuille de figuier. Un bijou de fraîcheur !

Denis & Joana Martin

Parmi les plats servis récemment, citons :

  • Retour de Pêche en habit d’agrumes, ragoût de coquillages au citron noir, haricots terre et mer, framboises

  • Quasi de veau rôti au Guanciale, Compression de vert de blette à la graine de moutarde et herbes fraiches. Jus corsé

  • Œuf parfait, mousseline de butternut, pancetta grillée, chips et graines de courge

  • Tomates cerises du Jardin d’Alix semi confites, amandes fraiches et citron confit.
    Eau de tomate infusée à la feuille de figuier.

  • Abricot confit, crémeux caramel et fève de tonka, financier noisettes

Chaque plat reflète un équilibre entre rigueur technique et sensibilité intuitive. Certaines associations se cherchent encore, parfois audacieuses, parfois surprenantes, mais toujours sincères. Et c’est cette sincérité qui marque. Celle d’un chef qui ne cherche pas à plaire, mais à exprimer.

Une sommelière au service des accords

À ses côtés, une jeune sommelière passionnée assure les accords avec une justesse remarquable. La carte des vins est un vrai travail d’orfèvre, nourrie de découvertes, d’engagements, de curiosités.

Les crus du Gard, de la Vallée du Rhône ou de la Méditerranée y côtoient des cuvées d’auteurs, souvent en biodynamie, toujours choisies pour dialoguer avec l’assiette. Accord de terrain ou de contraste, vin nature ou grand classique, chaque suggestion est posée, commentée, jamais imposée.

Ici encore, l’élégance du service prime sur le spectaculaire. On se laisse guider, on découvre, on partage.

Le parcours d’un chef étoilé en quête de sens et d’indépendance

 

Derrière cette cuisine, il y a un itinéraire. Celui de Denis Martin, formé à l’école hôtelière d’Avignon, remarqué dès ses débuts par le concours Jeunes Talents Escoffier, puis passé par de grandes maisons : l’Hôtel de l’Europe à Avignon, Le Prieuré Baumanière à Villeneuve-lès-Avignon, puis L’Oustau de Baumanière avec Glenn Viel, avant un passage remarqué chez Daniel Boulud au Canada.

En 2018, il retrouve Fabien Fage à The Marcel à Sète — une table étoilée dès 2019 — où il officiera comme chef exécutif pendant trois ans. Mais c’est ici, en Provence gardoise, que le chef choisit aujourd’hui de poser ses valises, aux côtés de Joana, pour défendre une cuisine plus libre, plus intime, à taille humaine. La Belle Vie devient alors non pas un aboutissement, mais un ancrage.

Denis & Joana Martin : à deux voix

Joana Martin, en salle, porte l’autre moitié du projet. Fine gestionnaire, hôtesse attentionnée, elle veille sur les détails de l’accueil avec une douceur et une précision qui donnent au lieu sa tonalité unique. Ce n’est pas une entreprise, c’est une maison.

« On veut faire parler ce lieu, sans l’écraser. Raconter notre histoire, avec justesse. C’est une cuisine de cuisinier, pas de façade. On ne cherche pas l’épate. On cherche le vrai. » — Denis Martin

Un enracinement local fort

Loin du tumulte, La Belle Vie s’intègre avec humilité dans son territoire. Le couple collabore avec des producteurs locaux, valorise les savoir-faire, et participe déjà à la vie du village.

À quelques minutes : Uzès, ses ruelles et ses marchés ; le Pont du Gard, majestueux. Et tout autour, les vignes de Tavel, de Lirac, de Châteauneuf-du-Pape. L’établissement devient une halte précieuse sur cette terre du Sud, entre garrigue et rivière, à la fois accessible et préservée.

 

Une carte des vins assez sudiste et fondée sur l’émotion 

À La Belle Vie, le plaisir de la table ne s’arrête pas à l’assiette : il se prolonge avec soin dans le verre, grâce à la présence d’une sommelière passionnée qui accompagne Denis Martin depuis plusieurs années. Ensemble, ils construisent une sélection de vins précise, vivante, à l’image de leur cuisine : expressive mais sans excès, ancrée dans le terroir local, mais ouverte aux belles découvertes.

La cave fait la part belle aux vignobles gardois et languedociens — Lirac, Tavel, Châteauneuf-du-Pape, Costières de Nîmes — en valorisant des vignerons engagés et souvent en bio ou biodynamie. Les accords sont pensés en finesse, parfois sur des contrastes aromatiques (un blanc minéral pour révéler une mousseline de butternut, par exemple), parfois dans la continuité du plat (un rouge velouté sur un paleron confit). La sommelière aime aussi surprendre, avec des cuvées confidentielles et des formats atypiques, qui reflètent sa personnalité curieuse et sincère.

Que l’on soit fin connaisseur ou amateur curieux, le service se fait toujours avec bienveillance et pédagogie, dans un esprit de partage. Une belle table, c’est aussi une belle bouteille bien servie — et ici, les deux sont à la hauteur.

 

Pratique :

La Belle Vie – Hôtel & Restaurant
6 rue de la Poste, 30210 Saint-Hilaire-d’Ozilhan
www.labellevie-hotel.com
04 66 37 29 15

  • Restaurant ouvert du mardi au samedi soir, et le dimanche midi

  • Menu du déjeuner en semaine : 50 €

  • Menu dégustation : entre 78 et 120 €

  • Jardin d’été chaque dimanche jusqu’à fin août : grillades et carte à l’ardoise

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