Du 20.02 au 19.07.2026, l’Institut suédois à Paris consacre une grande exposition à l’un des pionniers de l’abstraction européenne : Olle Bærtling. Intitulée « Formes ouvertes », cette manifestation explore près de trente années de création du peintre et sculpteur suédois, en dialogue avec sept artistes internationaux·les qui réinventent aujourd’hui l’abstraction géométrique.
Une exposition majeure d’art contemporain à Paris, à découvrir au cœur du Marais.
Olle Bærtling, figure iconique de l’abstraction géométrique
Né en 1911 à Halmstad et mort en 1981 à Stockholm, Olle Bærtling occupe une place singulière dans l’histoire de l’art moderne suédois. Banquier devenu artiste à 23 ans, il développe dès les années 1950 une théorie radicale : celle de la « forme ouverte ».
Son principe ? Refuser la clôture.
Les angles s’élancent hors cadre, les triangles semblent se prolonger au-delà de la toile, abolissant la frontière entre œuvre et espace. La peinture ne se limite plus à une surface : elle devient projection vers l’infini.
Influencé par ses séjours à Paris et ses échanges avec le Groupe Espace — fondé par André Bloc — ainsi que par des figures comme Victor Vasarely et Auguste Herbin, Bærtling s’inscrit dans une modernité radicale.
Sa peinture, fondée sur :
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des diagonales tendues
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des triangles non clos
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des couleurs vibrantes
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l’absence de fond
affirme une abstraction en perpétuel mouvement.
« Tout est mouvement, tout se meut. Rien de fixe dans l’univers. »
Une abstraction qui dialogue avec le présent
L’exposition « Formes ouvertes » ne se contente pas d’une rétrospective. Elle met en perspective l’héritage de Bærtling avec sept artistes contemporains dont les pratiques réinventent l’abstraction géométrique.
Les artistes invités :
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Cécile Bart
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Rana Begum
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Ulla von Brandenburg
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Jacob Dahlgren
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Bernd Ribbeck
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Bella Rune
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Brooklin A. Soumahoro
Une pluralité de médiums
Peintures-écrans translucides, sculptures minimalistes, installations textiles, œuvres participatives, abstractions architecturées… Chaque artiste explore à sa manière :
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la lumière
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la couleur
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la répétition
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la géométrie
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la relation entre espace et perception
Loin d’un héritage figé, l’abstraction apparaît ici comme un champ de recherche toujours actif.
Une utopie encore vivante ?
En filigrane, l’exposition pose une question essentielle :
l’idéal d’un langage universel porté par l’abstraction est-il encore pertinent aujourd’hui ?
Chez Bærtling, la géométrie devait dépasser les frontières culturelles et parler à tous. Aujourd’hui, les artistes invités complexifient cette utopie :
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en intégrant des références culturelles multiples
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en décentrant le regard occidental
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en hybridant artisanat, architecture et technologie
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en questionnant les structures sociales
L’abstraction devient ainsi un terrain politique, sensoriel et critique.
Une scénographie immersive au cœur du Marais
Présentée dans l’architecture remarquable de l’Institut suédois, installé dans un hôtel particulier du XVIIe siècle, l’exposition bénéficie d’une scénographie singulière qui joue avec :
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la monumentalité
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les lignes de fuite
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la circulation du regard
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le dialogue entre œuvres historiques et contemporaines
Le visiteur expérimente physiquement la « forme ouverte », dans un parcours pensé comme une traversée dynamique.
Pratique :
Formes ouvertes
Institut suédois
11 rue Payenne, 75003 Paris
Dates : 20 février – 19 juillet 2026
Horaires :
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Mardi au dimanche : 12h–19h
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Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Café FIKA :
Ouvert du mardi au dimanche, de 8h30 à 19h (21h le jeudi)
Entrée libre
Avec « Formes ouvertes », l’abstraction n’est plus un chapitre du passé : elle devient une expérience actuelle, mouvante, vibrante.
Une exposition incontournable pour les amateurs d’art contemporain, d’histoire de l’art et de géométrie sensible.



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