Immortel Boualem Sansal : quasi unanimité sous la Coupole

L’heureuse nouvelle est tombée…de la Coupole : Boualem Sansal entre dans l’histoire littéraire française. Jeudi 29 janvier, l’écrivain franco-algérien a été élu au premier tour à l’Académie française avec 25 voix sur 26, trois mois seulement après sa libération des prisons algériennes. À 81 ans, après avoir payé de sa liberté son refus du silence, il devient « immortel » dans une séquence où la littérature rejoint frontalement le combat pour la liberté de conscience et d’expression.

Arrêté en novembre 2025 à son arrivée à Alger, poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale » après des déclarations jugées subversives par le pouvoir, Boualem Sansal a été incarcéré en vertu d’un arsenal juridique utilisé pour faire taire les voix dissidentes. Son emprisonnement a suscité une mobilisation immédiate en France et à l’international, révélant une fois encore le durcissement autoritaire du régime algérien depuis l’écrasement du Hirak en 2019.

Depuis plus de vingt ans, l’auteur du Village de l’Allemand et de 2084. La fin du monde mène un combat intellectuel constant contre les idéologies totalitaires. Sa dénonciation de l’islamisme — en tant qu’idéologie politique de domination, de négation des libertés fondamentales et creuset du terrorisme contemporain — s’inscrit dans la continuité de son œuvre. Assimiler cette critique à une quelconque complaisance idéologique relève d’une falsification : Sansal s’attaque à un système de pensée mortifère, non à des individus, et rappelle que l’islamisme, comme le nazisme ou le stalinisme avant lui, prospère sur la peur, la censure et la soumission.

Que ses propos dérangent est précisément ce qui explique l’acharnement du pouvoir algérien à son encontre. Son incarcération n’est pas celle d’un écrivain « polémique », mais celle d’un homme libre dans un régime qui ne tolère ni la contradiction ni la lucidité.

La langue française comme espace de résistance

Son élection sur un fauteuil jadis occupé par Georges Clemenceau ou Roger Caillois consacre une trajectoire littéraire et morale. Naturalisé français en 2024, décoré de la Légion d’honneur et récemment lauréat du prix mondial Cino del Duca, Boualem Sansal rejoint l’Académie avec une conviction intacte : la langue française est un espace de résistance.

L’écrivain franco-algérien devient gardien-devant-l’éternel de la langue de Molière et d’une forme de Liberté aux origines du peuple franc (franc signifiant « libre »).

Comme l’a résumé Kamel Daoud : « La langue française ? On y arrive avec une appartenance, on y remporte celle du monde entier. »

En élisant Boualem Sansal, l’Académie française n’a pas seulement honoré un écrivain : elle a affirmé que la littérature ne se couche pas devant les idéologies de mort.

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