L’État perd de vue 23 000 œuvres d’art

/Nos élus pourris et l’État incompétent… CultureMag vous en donne une nouvelle preuve !
Le vol des œuvres d’art appartenant au Mobilier National par nos élus.

*Par Christine Sourgins

L’État « dépose », met à disposition des musées, ambassades, mairies et diverses administrations, plus de 430 000 pièces de ses collections.
Or le rapport de la Commission de récolement des œuvres d’art de L’État (CRDOA), montre que  le suivi du patrimoine est catastrophique.

Les objets disparaissent sans que l’État ne s’en aperçoive avant des années.
Si la base de données en ligne de cette commission recherche 23 000 œuvres, 1 346 plaintes seulement ont été déposées pour vol ou disparition !

Pour les autres, l’État,  si inquisiteur  pour taxer le patrimoine des particuliers, ne sait pas où nos trésors sont passés.  Cliquez et vous pourrez connaître l’état des pertes dans votre département, grâce à l’enquête de Libération (après Paris, le département du Bas-Rhin (67) est bon second).

Les disparitions ne portent pas seulement sur des objets de petite taille…

Certaines institutions ont double casquette : dépositaires, elles sont  également déposantes, mettant à disposition de leurs établissements sous tutelle ces mêmes œuvres.
À ce jeu,  les ministères concentrent la majeure partie des pertes (ou vols) : près d’un tiers des plaintes déposées les concerne. Et les disparitions ne portent pas seulement sur des objets de petite taille. En 2006, cinq tapisseries de 2 sur 6 mètres se sont volatilisées à l’ambassade de France en Guinée.

Les ambassades, censées assurer le rayonnement français, sèment à tous vents : 123 plaintes déposées. Mais une annexe du château de Versailles a vu aussi s’envoler un meuble en acajou de Jacob-Desmalter. Une lignée d’ébéniste  très recherchée car à l’Assemblée, c’est une bergère fabriquée par le père du précédent qui s’esbigne, malgré une stricte procédure de contrôle pour les visiteurs ( relevé d’identité,  motif de visite, remise d’un badge…). L’art contemporain n’est pas en reste : le Centre national des arts plastiques (CNAP) qui dépend du ministère de la Culture et  gère  95 000 œuvres du Fonds national d’art contemporain… est cité dans le rapport…

L’administration publique est à la peine ne serait-ce que pour obtenir des réponses. Fin 2014, 40 % des préfectures n’avaient pas répondu au ministère de l’intérieur. L’Outre-Mer n’avait pas localisé plus de 80% des œuvres en dépôt… Tableaux, meubles et sculptures qui ornent les lieux de pouvoir sont rarement retrouvés … seulement 251 objets de retour  depuis l’existence de la base de données.

Jacques Sallois, président de la CRDOA, a beau rappeler les difficultés liées à l’absence de procédure au XIXe siècle, où l’on déposait certes sans inventaire, on s’interroge : quoi, depuis  Napoléon III, notre brillante administration, et nos chers énarques que le monde entier nous envie, n’ont rien réformé ?

Février 2016,  le sous-préfet de Normandie, mis en examen, a été  placé en détention provisoire, soupçonné de  vol, notamment d’un tableau de grande valeur retrouvé chez Sotheby’s.

Les œuvres perdues par l’État ne le sont certainement pas pour tout le monde !

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