Aubusson tisse une nouvelle toile

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Inaugurée le 10 juillet 2016, la cité internationale de la tapisserie d’Aubusson symbolise une nouvelle page de l’histoire d’Aubusson, 350 ans après la manufacture royale, créée par Colbert. Son objectif est de valoriser un savoir-faire ancien et traditionnel français inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco et de transmettre ces techniques uniques et exceptionnelles.

La tapisserie d’Aubusson s’inscrit dans la mémoire collective comme l’un des fleurons de notre patrimoine avec un grand nombre de pièces anciennes conservées dans les différents musées du monde. C’est Jean Lurçat qui popularise cet art et amorce son renouveau au XXe siècle. Dans les années 40, les lissiers, du nom des artisans qui tissent ces toiles à partir des œuvres des artistes, confectionnaient l’une d’elle, intitulée « liberté » et inspirée du poème de Paul Eluard. La reconnaissance internationale par l’Unesco en 2009 a fait naître de nouveaux appels à projets de tapisseries contemporaines.

Certains artistes et amateurs manifestent leur intérêt pour ce procédé, avec des créations contemporaines. Certaines pièces sont de renommée mondiale avec des artistes tels que : Braque, Picasso, Le Corbusier, Cocteau,  Arp, Dufy, Calder…

Un peu d’histoire

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L’implantation des ateliers remonte  au Moyen Âge, et se développe surtout à la fin du XVe siècle. Le XVIIe siècle marque un tournant avec une importante progression des tentures aubussonnaises. La tapisserie occupe alors une place prééminente dans la décoration. La révocation de l’Edit de Nantes met un terme à la production, car les lissiers de confession protestante fuient vers l’Allemagne en emportant leur savoir-faire.
Il faut attendre les années 1730 pour qu’Aubusson retrouve sa place, à l’instar des manufactures des Gobelins et de Beauvais. Les plus profondes mutations s’opèrent au XIXe siècle avec l’émergence de grandes manufactures et d’une production industrielle.

C’est au château de Boussac, datant en partie des XIIe, XIIIe et début XVe,  que fut retrouvée la tapisserie bien connue de « La dame à la licorne » (actuellement au musée de Cluny) par George Sand qui y séjournait souvent. Sa chambre y est toujours, joliment décorée comme les autres pièces du château, par les propriétaires Bernadette Blondeau et son mari qui le restaurent depuis 50 ans avec passion.
Les collections y sont multiples (cannes, tirelires en barbotine, boules de savon du XVIIIe siècle… Et comme le rappelait George Sand : « on part conquis de Boussac »

Aubusson se dévoile désormais entre tradition et modernité

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Il n’existe actuellement que trois manufactures et sept ateliers d’artisans lissiers. La nouvelle Cité internationale de la tapisserie  se compose d’une structure de  2800m2 et s’appuie sur deux piliers : un musée et des fonctions de développement, formation, accompagnement et promotion, communication.
Conçue par les agences Terreneuve associés aux muséographes Paoletti et Rouland, l’édifice s’érige telle une cathédrale aux lignes élancées et multicolores avec des lames de bois. La nef des tentures,  impressionnante,  avec des jeux de lumière, est organisée comme une grande scène de théâtre.

La Cité a aussi pour vocation de lancer des concours internationaux avec des designers, architectes, plasticiens, paysagistes les plus en pointe. De jeunes artistes ont ainsi été primés pour leurs œuvres novatrices et surprenantes comme Nicolas Buffe qui revisite « La dame à la licorne » ou encore Bina Baitel qui signe « Confluentia » associant tapisseries et meubles
Dans une région peu connue, la Cité fait partie d’une ambition culturelle mais aussi économique et artistique afin de redonner comme son édifice, des couleurs à la ville.

La Creuse, écrin de l’art de vivre, niché au cœur de la France

Au-delà de son histoire liée à la tapisserie, la Creuse, située à moins de 350 kms de Paris, de Lyon ou de Bordeaux,  est une région à découvrir, à visiter, à contempler, dans laquelle il fait bon s’y reposer, s’isoler ou partager, dotée d’un écrin de verdure de 5 500kms d’itinéraires de randonnée.

Quelques sites sont intéressants à découvrir : le parc animalier de Chabrières, l’éco – musée de Pouligny, le musée de la mine ou encore la maison de Martin Nadaud connu pour son célèbre « quand le bâtiment va, tout va ».
La région bénéficie de grands espaces comme le lac de Vassivière ou  encore de beaux villages comme Bénévent l’abbaye, Bourganeuf, Chambon sur Voueize ou encore Felletin , autre berceau de la tapisserie avec Aubusson.

Ysabelle Joly

Pratique :

Cité internationale de la tapisserie
Rue des Arts
23 200 Aubusson
Tel : 05 55 66 66 66
www.cite-tapisserie.fr

Château de Boussac
Ouvert tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 17h (18h en saison)
Renseignements : 05 55 65 07 62

Où dormir ou déjeuner

Le France : hôtel –restaurant  
6 des déportés
23 200 Aubusson
Tel : 05 55 66 10 22

L’Orangerie : hôtel –restaurant
3bis rue de la Paix
23 220 Bonnat
Tel : 05 55 62 86 86

Comment s’y rendre

En train : depuis Paris ligne Paris –Limoges : arrêt La Souterraine
En voiture
Paris-Limoges A10/A71/A20
En avion
Aéroport de Limoges –Bellgarde
Paris-Orly/Limoges

Photos :
-Une œuvre de Bina Baitel : tapisserie et meubles Confluentia
-Le château de Boussac
-La cité
-la Peau de licorne de Nicola Buffe
©ADRT23

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4 Comments

  1. Bonjour,
    1 article sur Aubusson et sa superbe cité de la tapisserie. Bravo!
    Par contre la photo du Chjâteau de Boussac pour accompagner l’article ?! Manque de culture ou de goût ???
    C’est triste. Cordialement.
    Christian Le Creusois

  2. Cher Monsieur,
    Il semble que Christian Le Creusois n’apprécie pas le château de BOussac ou peut-être y a t-il été mal reçu?
    Ce château présente pourtant plusieurs intérêts dont un lié à l’histoire de la tapisserie et à George Sand avec la découverte de la « La Dame à la licorne ». Et la vie de ce château correspond à la passion d’un couple qui le restaure depuis 50 ans, ce qui mérite aussi d’être souligné.
    cela nous semblait plus original que d’afficher la tapisserie de la célèbre et sublime « Dame à la Licorne » ou des bâtiments modernes sinistres.
    Mais merci de votre attention.
    Culturellement à vous
    Y. J-G.

  3. Cher Madame,
    En tant que Creusois depuis au moins 14 générations et grandement attaché à mes racines, je combat justement ignorance de mes compatriotes vis à vis des territoires « inconnus ».
    Je connais parfaitement le château de Boussac et me réflexion n’était pas liée au fait d’afficher ce bel et fier édifice, mais de l’associer àun article sur Aubusson, trop méconnu, et où je suis né … inter spinas florest … comme dirait l’autre.
    La photo du superbe nouveau bâtiment inauguré par François Hollande, ou bien une de la tour de l’horloge, ou bien encore le quartier de la Terrade …bref Aubusson aurait méritée une autre illustration, d’autant plus qu’elle est beaucoup plus liée à Felletin … pour exemple (et là je fais référence à votre niveau culturel que vous mettez en avant) et ne citer qu’un lien plutôt que celui que vous mettez en avant George Sand qui n’a rien à voir avec Aubusson et la Dame à La Licorne qui n’aurait pas été tissée à Aubusson.
    Allez, sans rancunes et Creusement vôtre.
    Christian Le Creusois
    + d’infos sur http://www.twitter.com/9septembre et vous pourrez fouiller dans les tweets passés

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