Champagne et Bourgogne inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO

Publié par sur CultureMag.fr le 14/08/2015 • Thème : A la Une, Dossiers

""Ouf ! la guerre des bourguignons et des champenois n’aura pas lieu. Courageusement, la commission de classement des sites souhaitant être  reconnus comme appartenant au « patrimoine mondial de l'humanité » n’a pas choisi : elle a classé les deux candidats. Candidats car le comité ne sélectionne pas tel ou tel lieu mais  est sollicité par des organismes (associations, syndicats, etc) qui élaborent un dossier de présentation justifiant un  classement.

On aurait pu croire, dans un esprit contemporain qu’à l’époque d’Internet « la toile » allait jouer le premier rôle ; paradoxalement il n’en est rien : l’imprimé, le bon vieux livre demeure la référence. Tant les Champenois que les Bourguignons ont produit un gros et beau livre à la gloire de leur région, tout en insistant sur une spécificité exclusive, une singularité qui les distinguent de toutes autres régions. Pour les Champenois, un choix s’imposait :  l’exploitation du sous-sol, c’est à dire la création des caves  permettant la prise de mousse et l’élevage du vin.

Tous les négociants, toutes les coopératives et tous les récoltants-manipulants creusent, agrandissent et organisent des caves, souvent spectaculaires qui contribuent à la finesse de « la bulle ». Cette évidence ne se discute pas, d’autant plus que les plus belles caves se visitent (Pomery et les bas-reliefs sculptés, ou Mercier, dont la cave avait été inaugurée par Sadi Carnot dans un carrosse tiré par quatre chevaux !, etc).

Les Bourguignons n’avaient que l’embarras du choix. Ils auraient pu rendre hommage à la première région du monde où un cépage était imposé  et un autre déconseillé, sinon interdit (se reporter au texte génial et comminatoire de Philippe le Hardi de 1395) ou encore, dans le même texte démontrer qu’historiquement, pour la première fois, le pouvoir fixe des méthodes de vinification (lutter contre les hauts rendements, contre les engrais, contre le « mouillage » etc) ou encore proposer une étude historique tendant à prouver que la Bourgogne est à l’origine de l’invention de la notion de terroir (au centimètre près !) etc. Ils n’en firent rien, méprisant le factuel au bénéfice de la métaphysique…ou presque. On est  bien obligé d’user du mot « climat »  bien que celui-ci  échappe. à toute définition  (il ne s’agit pas des problèmes atmosphériques) et n’appartient pas au vocabulaire juridique. Pourquoi prononcer le mot climat ? Parce que la Bourgogne, la Bourgogne qui fait rêver (Côte de Nuits-Côte de Beaune) avoue dénombrer environ un millier de climats !

Bernard Pivot, auteur de la préface du livre bourguignon explique que, lorsqu’on se promène dans le vignoble, on passe d’un climat à un autre sans s’en apercevoir…..( !!!) Cela ne prouve qu’une chose : le teste visuel est insuffisant.

Je suppose qu’il faudrait se promener  un verre à la main et déguster régulièrement , mètre par mètre afin de déterminer les différences organoleptiques des vins issus des différents climats.

Michel Dovaz

Pour tous détails, se reporter aux deux livres ci-dessous :

Michel Guillard – Pierre-Marie Tricaud Encyclopédie des caves de Champagne Yvelinédition  (29 E) Jean-Pierre Garcia Climats du vignoble de Bourgogne Glénat  (49 E)
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