Des révélations sur l’Art contemporain

En ce mois du patrimoine, avant l’ouverture du grand salon du Patrimoine au Carrousel du Louvre, l’AC, art contemporain officiel et volontiers financier,  révèle sa vraie nature. Aux visiteurs du musée Guggenheim de New York il est proposé une expérience artistique sensationnelle : se soulager dans des toilettes en or massif.

/Cette œuvre a pour auteur l’italien Maurizio Cattelan, célèbre pour sa statue en cire du pape Jean-Paul II écrasé par une météorite, intitulée La Nona Ora (la neuvième heure) ; l’artiste, qui avait fait mine de se retirer du jeu artistique, effectue son grand retour avec siège, cuvette et chasse d’eau opérationnels, le tout en or 18 carats.

L’utilisation du lieu est  « privée » et « individuelle », a précisé la conservatrice pour l’art contemporain mais un vigile veille quand même devant la porte, pour que personne ne démonte la plomberie. L’installation artistique est politiquement correcte, il s’agit de toilettes unisexes ; le musée, pudique, a refusé de donner le coût de l’opération (le kilo d’or vaut actuellement environ 38.000 euros).
L’affaire conforte les analyses de Jean Clair dans son petit livre « De Immundo » et les légendes médiévales où l’excrément se change en or et vice-versa. Bien entendu l’artiste dira qu’il critique l’art financier. En fait, comme nombre de confrères d’AC, il pratique ce qu’il dénonce. Ces toilettes en or intitulées « America » confirment donc que, depuis le triomphe de l’urinoir duchampien en 1917, New York est en Amérique latrine…

Autre « révélation » : l’Andy Warhol espagnol (sic) Antonio de Felipe auteur (entre autres) d’un portrait de Napoléon affublé d’une « émoticône », est accusé par son assistante de ne pas avoir peint au moins 200 de ses  toiles dont certaines sont détenues par le Roi ou des musées…
La petite main qui bossait à sa place ayant été imprudemment licenciée, la dame s’est rebellée devant la justice, clamant que son patron ne sait même pas peindre… Voilà qui rappelle l’affaire Daniel Druet, auteur véritable de la « Nona ora » de Cattelan, ce dernier donnant au sculpteur « l’idée » de l’œuvre…tel un simple commanditaire. Mais dans le monde conceptuel qui est le nôtre, c’est le donneur d’ordre qui est déclaré artiste…

Enfin, dernière révélation, pire une désacralisation : Duchamp n’aurait pas inventé les ready-made… mais Victor Hugo !

C’est Le Monde qui nous l’apprend dans un article du 9 juillet (page 7) : à Guernesey, Totor « avait l’habitude de se promener sur la plage pour y ramasser des galets, arrondis et lissés par les flots…il les dédicaçait, les datait et les signait afin de leur conférer le statut d’œuvre d’art, et cela sept décennies avant les ready-mades de Marcel Duchamp » re-sic.
En raccourci et pour rire un peu : Hugo participerait d’une sorte de paléolithique de l’urinoir…Mais le parallèle est bancal : un galet est rendu beau par l’action du temps et de la nature ; l’urinoir, objet utilitaire, est calibré par l’industrie …il est bien moins mystérieux que ce rebut marin où Socrate, dans Eupalinos de Valery, s’étonnait d’y reconnaître les traits d’Apollon.
Ne pouvant décider si cette chose était d’art ou de nature, le sage la rejeta à l’océan….

Christine Sourgins

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