Deux cent un mots pour mieux comprendre le monde mystérieux du luxe
Publié par Jean Castarède sur CultureMag.fr le 18/05/2010 • Thème : Art de vivre : cultivez vos sens, Tout un art de vivre... et d’être, Vous avez dit tendances ?
Sans qu’ils se soient donnés le mot (c’est le cas de le dire), deux éditeurs viennent de publier en même temps deux petits dictionnaires sur le luxe :
. le premier sous la plume de Christian Blanckaert, Les 100 mots du luxe,
. le second, Le Luxionnaire, les 101 mots pour découvrir le luxe de Florence Lebaudy et Stéphanie Le Bail.
Nous vous proposons à cette occasion deux cent un mots pour mieux comprendre le monde mystérieux du luxe.
Christian Blanckaert ancien maire de Varangéville, le petit village emblématique de la Normandie avec son cimetière marin où a été enterré le peintre Braque, a dirigé le comité Colbert qui regroupe la plupart des maisons de luxe françaises et a été un des dirigeants actifs du groupe Hermès. C’est dire que c’est un monde qu’il connaît bien après avoir publié plusieurs livres sur ce sujet dont Les chemins du luxe, chez Grasset (1996) et Le Luxe au Cherche Midi (2008).
Florence Lebaudy qui a épousé un descendant de la famille éponyme sucrière, parcourt le monde à la tête de la plus ancienne maison d’Armagnac, qui fait 70% de son chiffre d’affaires à l’étranger, activité qu’elle compare volontiers à l’enseignement qu’en avait retiré dans la première moitié du XXe siècle, Jean Monnet, lui aussi négociant de spiritueux ayant raconté que cette expérience lui avait été très utile au moment de ses négociations pour le plan Marshall ou la construction de l’Europe dont il fut un des pionniers.
Quant à Stéphanie Le Bail, après des études à Sciences-Po, elle a été major de l’Institut Supérieur de Marketing du Luxe (le premier MBA de luxe français) pour lequel elle prépare l’ouvrage commémorant le vingtième anniversaire de cet Institut.
Ces deux auteurs représentent la nouvelle génération des trente et quarante ans passionnées de luxe et de joie de vivre au même titre que la génération précédente représentée par Christian Blanckaert.
« le luxe, ce peut être le moment passé à l’abbaye du Bec-Hellouin à la recherche d’un silence intérieur, le partage de l’émotion devant un paysage, galopant à cheval avec un enfant ».
Ce qui est fascinant dans ces deux livres, c’est la similitude de l’approche qui contraste avec les idées reçues sur le luxe celui du faux luxe, du luxe bling-bling ou clinquant. Les deux livres parlent d’humanisme, de créativité, de joie de vivre, de générosité, de convivialité, d’exigence et même de religion.
Pour eux, le luxe est le refus de la facilité, une quête, une démarche d’effort quelle qu’elle soit, un choix assumé pour découvrir la beauté et l’humanisme. Le luxe est subjectif et chacun a sa propre définition du luxe.
Comme l’écrit Christian Blanckaert « le luxe, ce peut être le moment passé à l’abbaye du Bec-Hellouin à la recherche d’un silence intérieur, le partage de l’émotion devant un paysage, galopant à cheval avec un enfant ».
Et ce n’est pas Stéphanie Le Bail qui le démentira, elle qui est une championne de dressage de chevaux, activité à laquelle elle s’adonne quotidiennement dans sa propriété de Chantilly.
Cette similitude de ton et d’approche, on la retrouve même dans le choix des mots qui encore une fois, ne sont pas un hasard, y compris des mots étonnants à propos du luxe et qui sont communs aux deux ouvrages, comme par exemple : Afrique (qui aurait osé il y a vingt ans à l’époque où l’on disait qu’elle était mal partie), et bien sûr : accueil, beauté, créateur, développement durable, élégance, éthique, famille, générosité, goût, qualité, rêve, service, séduction, temps.
Naturellement, ces deux livres n’ont pas oublié le marketing, marché, superflu, prix, publicité, internet, cadeau, concurrence, contrefaçon, vitrine, mais presque en s’excusant, pour rappeler que ces supports ou ces techniques, on ne peut pas s’en passer, car ils sont inhérents au monde du luxe. Ils nous sont peut être de moins en moins indispensables.
Ces deux livres disant la même chose. Le phénomène est suffisamment important pour être souligné : « le luxe sera de plus en plus une qualité d’âme, un chemin vers le bonheur ».
Pour l’aborder on ne pourra plus se contenter des manuels dépassés d’économie ou de vente. Avec ces 100 et 101 mots, on aura un viatique éternel, pour pénétrer dans l’univers du luxe.
Á neuf euros pour l’un et dix euros pour l’autre, c’est un luxe « qu’on peut se payer » et c’est la preuve que le monde du luxe a bougé.
Christian Blanckaert aux PUF (Que sais-je), Les 100 mots du luxe (9 euros).
Florence Lebaudy et Stéphanie Le Bail, Le Luxionnaire, les 101 mots pour découvrir le luxe, (10 euros) – France Empire.
Jean Castarède est un homme aux multiples facettes : ancien directeur de l’Administration générale au ministère de la Culture et de la Communication de 1974 à 1980, il siège parallèlement aux conseils d’administration de l’INA, de l’Opéra de paris et du Festival de Cannes.
Par la suite il dirige l’ESSEC (1986-88), puis prend la présidence de COMMINOVE, un organisme de « capital risk » (1988-91). C’est à ce moment là qu’il est nommé président de l’Institut supérieur de marketing du luxe, fonction qu’il occupe encore aujourd’hui. De 1992 à 1995 il est nommé président-directeur général de Distribution de Monnaie de Paris Internationale, société d’Etat qui distribue dans le monde et notamment au japon des articles de la Monnaie de Paris. En 2001, il devient président de l’Armagnac Castarède. Jean Castarède est également membre du collège des Conseillers de l’Académie du luxe. Publications : « Que sais-je » consacré au luxe (1992 réédition en 2003), « La Littérature française en question » en 2004, une « Histoire du luxe en France des origines à nos jours » en 2006.
Jean-Castarède a publié plus d’une vingtaine de livres et est spécialiste de l’histoire et de la Renaissance. Il a également écrit une pièce en alexandrins sur la Reine Margot qui a été jouée en province.
Il a composé plusieurs intermèdes musicaux : Madame Hanska, Aliénor d’Aquitaine, si Pauline Bonaparte m’était contée, Gabrielle d’Estrées, les Trois Mousquetaires. Il est l’auteur d’un intermède avec Brigitte Fossey sur Jean de La Fontaine.
Il vient de terminer l’Histoire du Luxe et des civilisations, qui va paraître en octobre aux Editions Eyrolles.






Envoi...
Flux RSS